Homélies

08.11.2020 / 32e dimanche ordinaire

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Avant de vous partager quoi que ce soit, j’aimerais laisser la voix au psalmiste et reprendre avec vous les paroles fondamentales du Psaume 62 que nous venons de prier et méditer :

[1] « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi » :
La recherche de Dieu, ce besoin fondamental et vital que nous, chrétiens, avons, de chercher celui que notre cœur aime ; non pas pour le trouver au détour d’un chemin, mais parce que nous avons besoin de son amour pour vivre.
[2] « Je t’ai contemplé au sanctuaire », dit encore notre psaume. « Toute ma vie je vais te bénir, […] dans la nuit je me souviens de toi » :
L’attente de Dieu, ce désir de le rencontrer un jour fait qu’on pense à lui, qu’on se prépare pour lui, qu’on voudrait qu’il soit là, présent, en chair et en os. Chez le croyant ce peut même être une obsession – mais positive ! – lui qui, même la nuit, pense au Seigneur !
[3] « Comme par un festin je serai rassasié ; la joie sur les lèvres je dirai ta louange ». Le psaume continue : « Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes » :

La venue de Dieu, cette certitude qui habite la foi du chrétien, l’accompagne tout au long de sa vie, spirituelle certes, mais aussi de tous les jours, parce que nous savons que Jésus reviendra comme il l’a annoncé ; ce que nous faisons à notre tour par deux fois lors de chaque messe, à deux moments-clés de la liturgie : tout d’abord à l’anamnèse, cette acclamation de foi après la consécration qui proclame la mort du Christ et sa résurrection, et qui dit notre attente de « sa venue dans la gloire ». Ensuite nous retrouvons cette notion dans la prière du célébrant entre le Notre Père et la doxologie, et qu’on appelle l’embolisme, qui se termine ainsi : « nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur. » L’avènement, c’est-à-dire le retour glorieux du Christ, la venue de l’époux de l’Église, cet époux que nous cherchons, que nous espérons et que nous voulons contempler.
[1] C’est à ce niveau-là que se situe notre vie chrétienne, frères et sœurs, pas ailleurs. Jésus est venu sur terre au soir de Bethléem, il est mort au crépuscule du vendredi et il est ressuscité à l’aube de Pâques. Tout ça c’est bien, c’est le fondement, l’affirmation de notre foi qu’on appelle, en jargon théologique, le kérygme (du grec kerugma : proclamation à voix haute). C’est extraordinaire je vous le concède, c’est merveilleux… mais si l’histoire s’arrête là, nous, on s’arrête là aussi, et on serait en droit de se demander à quoi tout cela aurait servi !
En fait ce que Jésus avait annoncé au jour de son Ascension, saint Paul nous le rappelle aujourd’hui, et nous recevons ces paroles en réponse à notre question de maintenant : « Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui ». Nous sommes donc dès lors d’accord pour dire que si Jésus va nous emmener, lui qui n’est plus présent ici sur terre dans son corps d’homme, reviendra pour nous chercher et nous emmener.
[2] Et s’il est cet époux que nous attendons, c’est que nous avons une vie intime avec lui. Son sang coule dans nos veines, sa propre vie divine nous a investis tout entiers à notre baptême. Nous avons appris à vivre l’amour avec celui qui est l’amour, et qui nous façonne à son image. On ne le voit pas ? On croit qu’il n’est pas là ou qu’il nous abandonne ? On a l’impression qu’il ne nous entend pas ? Détrompons-nous et disons avec saint Augustin que « Dieu est plus intime à moi-même que l’intime de moi-même ». Intime… ça veut dire si présent, si aimant, si attentionné. N’allons pas chercher dehors, à l’extérieur de nous-mêmes, celui qui a fait sa demeure en nous-mêmes.
Comment le voir ? Comment savoir ? D’abord c’est un acte de foi que nous faisons, sûrs que nous sommes, des paroles de Jésus. Rien ne va tout seul ; sans la foi nous n’irons pas loin dans notre vie chrétienne, pour ne pas dire dans notre vie tout court ! Comment, sans cela, saint Maurice serait arrivé jusqu’ici et aurait donné sa vie dans le martyre pour féconder de son sang cette terre ?
Mais il y a quelque chose de merveilleux qui va nous aider à voir et à savoir ; le Livre de la Sagesse nous l’a révélé à l’instant : la Sagesse « se laisse contempler par ceux qui l’aiment… elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première. […] Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers elle leur apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre » … N’est-ce pas fabuleux d’entendre cette parole où Dieu nous parle de son Fils en utilisant le mot ‘Sagesse’ ? – Parce que Jésus est sagesse de Dieu ; c’est saint Paul qui nous l’apprend dans la 1ère Lettre aux Corinthiens (1, 24) quand il dit : « Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu ». Ainsi donc, frères et sœurs, tout cela n’est-il pas également rassurant, voire réconfortant ? Suivons alors à l’aide du texte biblique, quelques pistes pour “voir” Jésus à l’œuvre auprès de nous. Et comme c’est une histoire d’amour entre lui et nous, il faut l’aimer ; et comment ? En le contemplant dans l’adoration du Saint Sacrement : là nous faisons l’expérience de sa présence. Dans l’écoute ou la lecture des Écritures, là nous pouvons le chercher et nous le trouverons présent, encore une fois ! Et puis il y a cette formidable présence de Jésus chez les autres : assis à notre porte… qui veillent sur nous… qui nous montrent un visage souriant… qui viennent à notre rencontre… Sachons, frères et sœurs, y voir Dieu, le toucher, l’aimer.
[3] Finalement cet époux que nous cherchons et attendons, il va venir. Et il ne s’agira pas de le manquer, il faudra être présent au rendez-vous. Mais comment, me direz-vous, puisque Jésus lui-même nous dit : « veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». Oui, quel est-il ce rendez-vous ? Eh bien, c’est celui de tous les instants ; ceux de l’attente active, ceux de la recherche amoureuse…
Les jeunes filles insouciantes de la parabole n’avaient plus d’huile pour allumer leur lampe à la venue de l’époux. Pourquoi ? – Parce qu’elles attendaient un moment précis pour le rendez-vous ! Les prévoyantes, elles, étaient prêtes pour être, disons, toujours en acte de rencontre.
L’huile de nos lampes, frères et sœurs, c’est l’énergie qui fait avancer notre vie chrétienne dans l’attente du Seigneur, en vivant une relation amoureuse avec lui au plus intime de nous-mêmes ; mais aussi dans la recherche du Seigneur que l’on trouvera au milieu de nos frères et sœurs humains, dans le dialogue et l’écoute, le partage et le don, dans la présence et l’attention.
Nous le savons, notre dernier jour arrivera, pour chacun d’entre nous, comme aussi la fin du monde ; nous n’avons rien à craindre si nous avons de l’huile en suffisance pour pouvoir entrer avec Jésus, l’époux, dans la salle pour le festin des noces. N’oublions pas, frères et sœurs, nous l’avons médité, le Christ est déjà venu quand en nous il habite notre cœur. Ainsi, lorsqu’il viendra, parce qu’il aura vécu « en moi et moi en lui », comme nous l’a dit saint Jean, son second avènement sera comme l’aboutissement de ma vie en lui.

Mgr Jean Scarcella
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