Demain, c'est dimanche

17.09.2006 / La souffrance

Le cardinal de Lubac disait : « Toute souffrance est unique, - et toute souffrance est commune. Il me faut redire la seconde vérité quand je souffre, - et la première quand je vois souffrir les autres. » Ainsi la souffrance est-elle si intime qu'il est bien difficile d'en parler et si universelle que chacun sait ce qu'elle est et en veut une explication. Aussi les Écritures l'abordent-elles et lui donnent une espérance et un sens. Jésus, le Verbe de Dieu, lui aussi, annonce sa passion et sa mort qu'il vit et éclaire par sa résurrection. Pourtant, lorsque je souffre combien je suis sourd à la parole de Dieu. Quand une peine m'afflige, combien je me sens abandonner de Jésus, même en son Vendredi Saint.

Mais, ne faisons pas l'économie d'une réflexion. Bien que toute souffrance soit unique, osons après le prophète Isaïe, après le Christ aborder cette réalité si douloureuse dans sa banalité même. Pourquoi est-ce que je souffre ? Donnons un sens à notre douleur, disons-le et vivons-en – ce qui est de loin le plus difficile.

D'abord, remarquons qu'avant toute souffrance Dieu ouvre l'oreille de son disciple. Après la profession de saint Pierre : « Tu es le Messie », Jésus révèle aux apôtres que c'est les tourments qui l'attendent, puis confie à la foule que c'est en perdant sa vie pour lui et pour l'Évangile qu'on la gagne.

Pourtant, après la parole, le silence. Après le Verbe de Dieu, la croix. Saint Pierre, instruit de tout, veut empêcher le Seigneur de subir le Calvaire. Mais, Jésus, parce qu'il assume toute la peine du monde comme Sauveur, y monte comme un homme, seul. Dieu ne subit pas la passion comme une expérience universelle, mais comme une réalité intime, seul chemin vers la véritable rédemption.

Chanoine Alexandre Ineichen