Demain, c'est dimanche

20.02.2011 / La parole qui brûle

La société occidentale réclame à cor et à cri le retrait de la religion de la sphère publique. La place du village n'est pas sa place. Sa place, c'est l'enceinte de l'église, c'est la sacristie, ou plutôt l'intimité de chacun.

L'histoire de la diffusion de l'évangile témoigne de l'imbrication du profane et du religieux, du politique et de l'ecclésiastique. Il y a ombre et lumière. A la lecture des événements, chacun peut démontrer l'influence faste ou néfaste de la rencontre du profane et du religieux, de la laïcité et de la religion. Le message de l'évangile a toujours connu les avatars d'être utilisé pour servir des intérêts bassement humains ou de perdre sa saveur de « sel de la terre » à cause de l'indifférence et de la tiédeur des chrétiens.

Les paroles du Sermon sur la montagne sont des paroles de feu qui brûlent, qui font mal, tant elles embrasent la tiédeur, secouent l'indifférence. « Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre… Ne te détourne pas ce celui qui veut t'emprunter… Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent. »

Ces paroles sont-elles un danger, une menace pour notre société ? Elles ont été la semence qui a fait surgir les mouvements de pardon et de réconciliation après les drames de l'apartheid en Afrique du Sud, du génocide au Rwanda. A notre tour, nous les mettons au coeur de nos rencontres. Elles sont chemin de vie pour une société en attente de réconciliation et d'unité fraternelle.

Charles Neuhaus