Demain, c'est dimanche

27.09.2009 / L'impatiente patience de Dieu

S'il est un thème dont les prédicateurs sont amateurs, c'est bien celui de la patience de Dieu. Là, ils démontrent et expliquent volontiers pourquoi le juste et l'impie semblent l'un et l'autre avoir la même récompense ou les mêmes malheurs. Non seulement le mal se partage le monde avec le bien, mais encore un rien trouble notre coeur qui est si lent à croire et si fragile lorsqu'il s'agit d'aimer, et d'aimer vraiment. Pourtant, tout au long de l'Evangile, le temps est compté. Il faut à tout prix que la Parole de Dieu soit annoncée. Et si on voit quelqu'un chasser les démons, alors qu'il n'est pas de ceux qui nous suivent, peu importe. Si deux hommes sont restés dans le camp et que malgré tout ils prophétisent, tant mieux.

Ainsi Dieu n'attend pas. Il poursuit son oeuvre malgré le fait que le mal et notre coeur peinent à écouter sa parole et à la suivre. Ne devrions-nous donc pas nous débarrasser de ce qui nous embarrasse ? Osons tout de suite arracher ce qui nous retient.

Mais, à cette impatience manifeste de Dieu et à notre réponse qui devrait être sans concessions, nous préférons notre torpeur et Dieu, à cause de son infini amour, ne peut qu'attendre et patienter. Car il sait ce Dieu jaloux que nous, indifférents, nous répondrons, un jour, à son amour, peut-être avec retard, mais en acte et en vérité, selon sa volonté expresse. Aussi n'éprouvons pas la patience de Dieu, mais courrons vers son amour impatient.

Chanoine Alexandre Ineichen