Actualité

29.03.2020
« Malgré la crise nous gardons confiance »
Le chanoine Olivier Roduit, procureur de l’abbaye de Saint-Maurice réagit sur la pandémie du coronavirus et la crise qui s’ensuit. Entre précautions et craintes, l’Abbaye se réjouit des générosités qui se manifestent pour la soutenir dans ses multiples engagements.
Vidéo: Malgré la crise nous gardons confiance

M. le chanoine, comment la procure de l’Abbaye subit-elle les effets de la crise du coronavirus ?
Je suis le procureur de l’Abbaye, c’est-à-dire l’économe général de la communauté, chargé de toutes les questions économiques et administratives. A ce titre j’ai une grande dévotion pour saint Joseph, le père nourricier de Jésus. J’ai d’ailleurs une statue sur mon bureau.
La crise nous a obligés à fermer le collège et l’internat ainsi que la demi-pension et la salle du Martolet. Les offices et messes publics sont suspendus. Le Trésor est fermé et la brasserie quasi à l’arrêt. Pour des raisons sanitaires, notre équipe technique ne peut travailler, sauf pour pallier les urgences.
Tout cela a nécessité la mise au chômage technique d’une grande partie de notre personnel, sauf de l’équipe de la procure qui est confrontée à beaucoup de travail administratif pour gérer cette nouvelle situation.

On voit encore des personnes de l’extérieur venir à l’abbaye pour travailler. Ne craignez-vous pas une contamination des chanoines par l’extérieur ?
Nous devons continuer à vivre en suivant au mieux les consignes de nos autorités en termes de confinement, de distance sociale et de nettoyage des mains. Cependant il faut continuer à faire fonctionner la maison : la cuisine, les nettoyages, les soins infirmiers, l’administration.
Cela nécessite la présence dans nos murs d’un personnel qui nous est très dévoué et attentif aux consignes de sécurité. Mais le virus se diffuse de manière insidieuse, on ne le voit pas. Il peut arriver chez nous de multiples manières, et il faut être très attentifs pour éviter cela. Cela pourrait venir d’un membre de notre personnel, mais aussi de la rencontre d’ouvriers d’entreprises qui ont dû intervenir chez nous, ou encore par un confrère qui aurait dû sortir pour aller chez le médecin ou à la Poste par exemple.

Avez-vous des craintes pour le Trésor et la brasserie qui sont vos principales activités économiques ?
C’est évidemment un gros souci pour nous.
Le Trésor, comme tous les musées a dû être fermé dès les premiers jours.
La brasserie n’a pratiquement plus aucune vente depuis quelques semaines. Tous les cafés-restaurants étant fermés, il n’a y plus de demande et toutes les séances de dégustation et de promotion ont été annulées.
Nous travaillons à essayer de nous retrouver grâce à une assurance de perte de chiffre d’affaires. Nous savons aussi que nos autorités ont décidé de venir en aide aux entreprises et nous leur en sommes très reconnaissants. Mais la reprise sera difficile tant la crise est grande.
Notre comptable m’a fait remarquer une perte de rentrées d’argent à laquelle nous n’avions pas pensé de prime abord. Il s’agit des quêtes, des ventes de lumignons et des ministères extérieurs des chanoines. Cela fait un chiffre relativement important de revenus que nous n’avons plus.

Vous avez mis en place la retransmission des messes en direct et cela a un coût. Est-ce un souci pour vous ?
Dès que nous avons reçu les consignes de confinement et l’interdiction de célébrer les messes avec la participation de fidèles, grâce à l’enthousiasme de nos jeunes confères, nous avons essayé de mettre en place un système d’offices diffusés en direct sur YouTube. Cela a nécessité un équipement technique fourni par deux jeunes amis informaticiens, Guillaume et Laurent, qui nous l’ont installé en quelques heures.
Notre équipe de tournage a donc dû faire un apprentissage express : ce ne sont pas des professionnels, mais des jeunes religieux ! Nos amis spectateurs seront certainement indulgents face à ces quelques maladresses techniques.
Mais nous croyons important d’avoir des messes annoncées à heures fixes, avec la sonnerie des cloches, et diffusées en direct. Cela engendre des coûts. Aussi, après chaque diffusion il y a un petit carton qui fait un appel aux dons. Des fidèles proches et lointains ont déjà fait des dons, mais il en faudrait encore. Mais la générosité des gens est grande : ce n’est donc pas un très gros souci pour moi ; nous allons rentrer dans nos fonds, au moins pour ces frais de transmission.

Craignez-vous que l’Abbaye soit atteinte par la crise du Covid-19 ?
J’ai bien sûr la crainte qu’un confrère soit atteint par le virus et le transmette aux autres membres de la communauté. Malgré toutes les mesures de sécurité le virus se répand très insidieusement et c’est donc un très grand souci pour les supérieurs avec qui nous faisons le point régulièrement.
C’est une grande crainte et nous mettons notre confiance dans le Seigneur pour qu’il nous protège, nous, nos fidèles et tous les habitants du pays et du monde entier.

Si la solidarité et la générosité chaussent les deux pieds nous traverserons avec sérénité diverses sortes de crises.
Merci Monsieur le chanoine.

Propos recueillis par Maurice Sessou
Vidéo réalisée par Simone Previte

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