Actualité

27.05.2018
« L’amour trinitaire éternel nous reçoit en son sein » : Solennité de la Sainte Trinité à l’Abbaye de Saint-Maurice
En ouvrant la célébration de cette solennité de la Sainte Trinité qu’il préside, le Prieur Roland Jaquenoud accueillait les nombreux fidèles en ces termes : « Mes frères, mes sœurs, soyez tous accueillis en cette Basilique, dans l’Eglise du Seigneur, avec tous nos frères et sœurs du monde entier. Nous fêtons aujourd’hui la Sainte Trinité. Soyez particulièrement accueillis, vous « Les couples pour le Christ » qui faites votre pèlerinage au tombeau de Saint Maurice et de ses compagnons. » Ces Pèlerins venus de loin, des Philippines, sont près de 400 à prendre part à la messe et vivre avec leur frères et sœurs chrétiens de Suisse la vérité fondamentale du mystère de cette fête : l’amour éternel de Dieu, « Un et Trois » qui nous appelle et nous introduit dans sa vie. ''Nous avons retranscrit l’audio de l’homélie du Prieur que vous pouvez également suivre. Références des textes liturgiques: Dt 4,32-34.39-40 ; Ps 32 ; Rm 8,14-17 ; Mt 28,16-20''

Mes frères, mes sœurs,
Il y a bien des années de cela, je me promenais en train dans les steppes du Kazakhstan. Ayant assez rapidement identifié un étranger, la moitié du wagon s’est retrouvée près de mon siège et nous avons commencé à discuter. Il y avait là que des gens de tradition musulmane et la question est sortie : « Peut-être que vous pourriez nous expliquer ce que c’est que la Trinité? » Alors j’ai essayé. Je vous promets que j’ai essayé (Rire). Et finalement, la réponse et le commentaire final : « Mais pourquoi est-ce que vous avez besoin d’une théologie si compliquée? Si Dieu est un, il est un et ça suffit !»
Finalement j’ai bien aimé cette question. Pourquoi le mystère de la Trinité? Qu’est-ce qu’il rajoute à l’affirmation fondamentale qui court dans la Sainte Ecriture, dès le début, dès la première page : Dieu est un.
Le catéchisme nous dit que la Trinité, c’est le mystère central de notre foi. Ça veut dire qu’on ne peut pas passer dessus et qu’on ne peut pas éluder la question. Nous, les chrétiens, la Trinité, nous en vivons. Nous en vivons au quotidien de notre prière. Chaque jour, nous nous signons au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Nous prions Jésus, nous prions Dieu le Père par Jésus-Christ. Nous demandons à l’Esprit Saint de venir, d’être présent dans nos cœurs.
La Trinité, ce mystère si central révélé par la Sainte Ecriture, nous en vivons dans notre vie spirituelle et chrétienne au quotidien. Et c’est ça sans doute, le plus important.
Mais il reste une petite parole de saint Pierre, dans l’une de ses lettres : « Soyez prêts à rendre toujours raison de votre foi » (1P 3, 15). Ça veut dire, mes frères, mes sœurs, ce que vous vivez, ce que Dieu lui-même vous a révélé dans la Sainte Ecriture, recevez-le, recevez-le comme une révélation; mais cela ne vous empêche pas d’y réfléchir un peu.
Vous me direz : « A quoi ça sert d’y réfléchir? Si Dieu a dit c’était comme ça, c’est comme ça ». Mais, mes frères, mes sœurs, tout ce que Dieu nous révèle, de lui et de nous, c’est pour notre bien. C’est pour que nous connaissions un peu mieux celui qui nous a créés et qui nous a sauvés.
Vous me direz : « Si c’est un mystère, à quoi bon chercher connaître? » Mais, mes frères, mes sœurs, la Trinité, Dieu, c’est d’abord un mystère d’amour. Nous célébrons un Dieu qui nous aime jusqu’au bout et qui attend de nous, selon nos humbles possibilités, un peu d’amour en retour. Alors comment pouvons-nous aimer celui que nous ne connaissons pas du tout? C’est impossible!
Regardez notre réalité humaine. Pour aimer quelqu’un concrètement, pour que ce ne soit pas de belles paroles en l’air, il est préférable que je le connaisse. Vous êtes d’accord. Alors, je peux tomber dans l’illusion que celui que j’aime, je le connais parfaitement. Et c’est là que commencent en général les crises. Parce que l’autre échappera toujours un peu à la connaissance que j’ai de lui, à l’image que je me suis fait de lui.
Eh bien! Par image, on pourrait faire un parallèle avec notre connaissance de Dieu. Il faut bien tenter de connaître celui que nous voulons aimer; et celui que nous voulons aimer se laisse saisir, se laisse connaître. Et en même temps, il nous échappera toujours.
Alors mes frères, mes sœurs, après ce préambule un peu long, essayons de pénétrer un petit peu plus au cœur du mystère de notre Dieu qui est à la fois Un et Trois.
Je vous l’ai dit, le mystère de la Trinité, nous en vivons au quotidien. Et nous en vivons dès le premier jour de notre baptême. Tout à l’heure, nous avons entendu le Christ, qui disait à ses disciples : « De toutes les nations, faites des disciples. Baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. » L’Eglise a pensé que ces paroles étaient tellement essentielles qu’elle baptise toujours au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Jamais vous n’entendrez dans un baptême, par exemple : « Je te baptise, au nom du Seigneur Jésus; ou je te baptise au nom de Dieu. » L’Eglise baptise toujours au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Au nom des Trois. Qu’est-ce que cela veut dire, mes frères, mes sœurs? Qu’est-ce donc le baptême?
Au moment du baptême, nous le savons, nous sommes re-nés, nés de nouveau, selon les paroles de Jésus lui-même. C’est-à-dire que nous avons reçu comme une nouvelle vie. La vie que nous avons reçue de nos parents, est une vie périssable qui sera appelée à cesser un jour. Au baptême, nous recevons une autre vie. Une vie qui commence déjà en germe dans notre vie périssable d’ici-bas, une vie qui ne cessera jamais. Parce qu’elle est la vie même de Dieu. Or Dieu ne meurt pas, Dieu ne disparaît pas. Sa vie est éternelle. Nous recevons en cadeau, la vie même de Dieu. Cette vie qu’on va recevoir à nouveau tous les jours, si on le veut, dans le sacrement de l’Eucharistie.
Et le début, le moment où nous avons reçu cette vie, sacramentellement, c’est le jour de notre baptême. Que s’est-il donc passé le jour de notre baptême, ce jour où nous avons reçu la vie de Dieu? Nous avons été baptisés non pas au nom de Dieu, mais au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Vous me direz : « C’est la même chose ». Du point de vue du fond, c’est la même chose. Du point de vue des paroles, c’est un peu différent.
Nous avons été baptisés dans la relation d’amour, qui est la relation entre le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit. Le mystère de la Sainte Trinité, mes frères mes sœurs, c’est d’abord le mystère de l’amour de Dieu qui est sa vie même. « Dieu est amour », nous dit saint Jean. Dieu est amour avant que nous apparaissions sur cette terre pour qu’il nous aime. Dieu est amour toujours. Il l’a toujours été. Il l’est maintenant. Et il le sera toujours. Parce que Dieu est l’amour éternel du Père pour le Fils, du Fils pour le Père, des deux pour l’Esprit.
Et le jour où nous avons été baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, nous avons été reçus dans cet amour qui est la vie cachée de la Sainte Trinité. Nous avons comme reçu notre place au sein de la vie même de Dieu. Nous avons été appelés à entrer dans un amour qui ne finit pas parce qu’il n’a jamais commencé. Un amour éternel. Et c’est dans cet amour-là que nous avons été placés le jour de notre baptême.
Si on lit la liturgie de l’Eglise catholique concernant le baptême des enfants, il y a un petit détail assez important. Au moment du baptême, celui qui baptise dit : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Alors on a Tellement l’habitude de se signer « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Amen » que de temps en temps, on répond aussi Amen au baptême. Mais cet amen-là, il n’est pas prévu par la liturgie. Il n’est pas prévu qu’au moment du baptême de l’enfant on réponde par Amen. Et pourquoi cela? Parce que le Amen, qui veut dire « Je crois », qui veut dire « Oui », qui veut dire « j’accepte le don de Dieu », qui veut dire tout ce que vous voulez, tous ces « oui » que nous sommes amenés à dire à Dieu, ce Amen, nous devons y répondre par toute notre vie.
Mes frères, mes sœurs, nous avons déjà notre place au sein de la Trinité. Nous avons déjà notre place dans l’amour de Dieu. Mais en même temps nous devons accomplir notre chemin ici-bas, afin d’entrer petit à petit dans cette place qui est déjà la nôtre.
« Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », disait Jésus, « Apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé ». Cette deuxième partie de la phrase de Jésus, c’est notre vie ici et maintenant. Par la méditation de la Parole de Jésus, par les efforts faits pour vivre selon les commandements de Dieu, mes frères, mes sœurs, petit à petit, nous répondons notre « amen » à ce Dieu qui nous a reçus, souvent il y a bien longtemps, en son sein même, et qui attend que nous y prenions toute notre place.
Alors oui, mes frères, mes sœurs, le mystère de la Sainte Trinité peut être un peu compliqué, mais il est nécessaire. Il est nécessaire pour dire le mieux possible l’amour de Dieu; d’un Dieu qui n’est pas isolé au fin fond de son ciel, et qui nous regarderait vivre comme nous pouvons, mais d’un Dieu qui est relation d’amour éternel entre trois personnes et qui nous reçoit en son sein.
Amen!

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