Agenda

19.08.2022 / 20h30
Concert d'Orgue par Nicolas Viatte
Basilique de l'Abbaye de Saint-Maurice

Nicolas Viatte, organiste à Vevey et à Fribourg, et grand ami de l'Abbaye nous offre un magnifique programme sur les deux orgues de la Basilique. Avec des œuvres de J. J. Froberger, G. Böhm, J. G. Walther, F. Couperin, J. G. Rheinberger, D. Bédard.
Il terminera le concert avec un Orage!

PROGRAMME

Orgue de chœur

Toccata in D FbWV102, Johann Jakob Froberger (1616 – 1667)
Choral « Ach wie nichtig, ach wie flüchtig », Choral et 7 variations Georg Böhm (1661 – 1733)
Toccata con Fuga in C, Johann Gottfried Walther (1684 – 1748)

Grand orgue

Offertoire sur les Grands Jeux, François Couperin (Extrait de la Messe pour les paroisses) (1668 – 1733)
Passacaglia Op.167/10, Josef Rheinberger (1839 – 1901)
Variations sur « Nous chanterons pour toi », Denis Bédard Maestoso – Con moto – Vivo – Scherzando – (1950*)
Misterioso – Moderato – Allegro molto Scène champêtre (Fantaisie-orage) Jacques Vogt / Paul Haas (fin 19e – début 20e)

Présentation du concert

Johann Jakob Froberger est l’un des compositeurs allemands les plus importants du 17e siècle. Il se situe à l’exact centre de plusieurs traditions musicales : Allemagne, Angleterre, Pays-Bas, Italie. Son œuvre d’orgue et de clavecin est le fruit de ces différentes traditions. Sa Toccata est un triptyque mêlant la richesse de l’harmonie et de l’ornementation à celle du contrepoint à l’italienne.
L’œuvre pour orgue de Georg Böhm – grand ami de Bach – est malheureusement restreinte mais n’en reste pas moins intéressante. Les sept variations sur le choral Ach wie nichtig, ach wie flüchtig sont le prétexte à quelques inventions. On sort du cadre strict d’un thème toujours présent pour ne parfois que le suggérer. La carrure change également pour l’antépénultième et la dernière variation avec une rythmique ternaire (alors que le choral est en rythme binaire).
Johann Gottfried Walther souffre peut-être de l’ombre de son illustre contemporain Bach. Pourtant, son œuvre n’en reste pas moins importante, avec des préludes et fugues, de nombreux chorals et, surtout, plus d’une dizaine de transcriptions pour orgue de Concerti italiens de ses contemporains (Vivaldi, Albinoni, etc.). Sa Toccata tient sur… deux notes ! En effet, une première partie est construite sur la tonique – do – puis la seconde sur la dominante – sol. Retour au ton initial pour conclure. Tout ceci avec quelques petits épisodes de transition. Quant à la Fugue, elle n’est pas sans rappeler quelques Canzoni italiennes de Frescobaldi. De plus, sa fugue est en réalité une double fugue. Un second sujet – issu du premier – entre en scène de manière inattendue. Puis les deux sujets se mélangeront adroitement avant une conclusion très rapide laissant presque un goût d’inachevé.
Changement de décor avec François Couperin. Son Offertoire est extrait de la Messe pour les Paroisses. Le compositeur – comme beaucoup d’autres de son époque – avait pris la peine d’écrire toute une série de versets pouvant s’insérer dans l’Ordinaire de la Messe, en alternance avec le chant grégorien, selon les règles très précises du Cérémonial de Paris. Pour l’Offertoire, il fallait accompagner tous les éléments qui marquaient ce moment important de la célébration. A l’époque, la séparation entre la musique profane et la musique sacrée ne tenait souvent qu’à… un titre. Car c’était bien souvent la même musique. L’Offertoire sur les grands jeux n’échappe pas à la règle puisque ce n’est rien d’autre qu’une suite de danses ! On commence par le Prélude – faisant alterner l’orchestre et un trio. On y trouve ensuite une Pavane, d’abord en trio, et ensuite reprise par l’orchestre. Et c’est une Gigue qui conclut ce triptyque.
Josef Rheinberger, compositeur originaire du Lichtenstein, est souvent plus connu pour sa musique vocale. Pourtant, il a laissé une œuvre d’orgue assez considérable mais qui souffre peut-être de l’ombre de Felix Mendelssohn. Le thème de la Passacaille (une danse à trois temps) est exposé en solo. Suivent 10 variations qui font toujours entendre le thème au soprano, avec une harmonie de plus en plus riche.
Le compositeur canadien Denis Bédard utilise un thème de choral célébrissime dans nos liturgies. Au travers de sept variations, le compositeur habille le thème de multiples couleurs harmoniques légères et pétillantes, parfois proche du jazz.
Jusqu’au premier quart du siècle passé, si on allait à Fribourg, il fallait aller y écouter l’Orage. Sinon, on n’était pas allé à Fribourg ! Cette Scène champêtre était une tradition, qui s’est poursuivie jusqu’à nos jours. L’œuvre fut d’abord improvisée dès le milieu du 19e siècle puis, petit à petit, couchée sur papier par fragments, comme une sorte d’aide-mémoire, par les organistes de la Cathédrale. Ce n’est qu’après l’agrandissement en 1914 que Paul Haas, alors organiste de la Cathédrale, écrivit l’œuvre complète, qui compte d’ailleurs plusieurs versions. A l’heure actuelle, l’Orage est toujours joué mais sur l’instrument de 1834 alors qu’il était pensé et écrit pour un instrument contenant presque un tiers de registres en plus. Cela justifie donc l’exportation de cette musique en d’autres lieux lorsque l’instrument le permet. Musique descriptive : fermez les yeux, imaginez un paysage montagneux, quelques Cors des Alpes dialoguent, chants d’oiseaux, cloches de vaches, des fragments de chants populaires retentissent au loin. Mais l’orage s’annonce : vent, éclairs, coups de tonnerre, pluie, grêle... Pour finalement s’apaiser. On rend alors grâce pour les bienfaits : Grosser Gott, wir loben Dich !

Biographie

Nicolas Viatte a d’abord étudié l’orgue au Conservatoire de Neuchâtel dans la classe d’orgue de Robert Märki (Diplôme d'enseignement d'orgue en 1997; Attestation de perfectionnement en 1999; Diplôme d'enseignement des branches théoriques en 2000). Il a ensuite travaillé avec Kei Koito au Conservatoire de Lausanne (Diplôme de concert en 2003). Il est nommé sur concours en 2000, titulaire des orgues de l'église Notre-ame à Vevey. Et depuis 2006, il est également à la Cathédrale St-Nicolas à Fribourg où il a été nommé, également sur concours, co-titulaire des grandes orgues. Il assume par ailleurs la présidence de la Commission de musique de la Cathédrale, comité chargé de l’organisation de toute la musique des services religieux de l’édifice. Sa fonction d'organiste liturgique - qu'il mène avec des compétences largement reconnues - est un moment privilégié de sa vie professionnelle. Enfin, il est co-président de l’Association des Organistes Romands (AOR). Nicolas Viatte se produit régulièrement en soliste et collabore, comme accompagnateur apprécié, avec divers solistes et ensembles instrumentaux ou vocaux. Il est par ailleurs Chargé de projets à la FONDATION SUISA et titulaire d’un Brevet fédéral de spécialiste en finance et comptabilité obtenu en 2020.