Homélies

08.12.2019 / 2e dimanche de l'Avent

Jean-Baptiste dans l’attente de l’établissement du Règne

En ce deuxième dimanche de l’Avent, c’est le chanoine Alexandre Ineichen qui préside la célébration dominicale. A défaut de ne pas célébrer en ce 8 décembre la solennité de l’Immaculée, le chanoine Alexandre prêche sur la place que Marie et Jean ont occupée dans l’Avènement du Messie et l’établissement de son Règne.
Référence des textes liturgiques : Is 11,1-10 / Ps 71 / Rm 15,4-9 / Mt 3,1-12

Chers frères et sœurs,
« Ainsi ne suis-je pas peu étonné que, de nos jours, il ait paru à propos à certains d’entre vous d’altérer cet éclat magnifique en introduisant une nouvelle fête que la liturgie de l’Eglise ignore, que la raison n’approuve et qui ne se recommande d’aucune tradition. Sommes-nous plus doctes ou plus dévots que les Pères ?» Extrait d’une lettre de saint Bernard de Clairvaux aux chanoines de Lyon écrite en 1140 au sujet de l’introduction de l’Immaculée Conception comme nouvelle fête.
N’ayez crainte. Je ne vais pas profiter de la règle liturgique qui veut que les fêtes du Seigneur, Noël, Pâques, Ascension, Pentecôte et leur temps de préparation, l’Avent et le Carême, aient la priorité sur toutes les fêtes des saints, profiter de cette anomalie du calendrier pour vous présenter le dogme de l’Immaculée Conception que nous fêterons donc demain. Pourtant, cette fête déplacée et le mystère qu’elle célèbre n’ont trouvé place dans la conscience du mystère chrétien que bien tardivement et l’extrait proposé en montre la lente et profonde méditation. Sa principale objection est que, tous les hommes et toutes les femmes, de tous les temps, en particulier Marie, mais aussi les saints et les personnages bibliques, et comme nous tous aussi, ne peuvent être sauvés que par un unique médiateur : notre Seigneur Jésus-Christ, celui qui est venu en notre chair il y a deux mille ans, celui qui reviendra à la fin des temps pour établir son royaume éternel. Cependant, si l’Avent est bien le temps de préparation aux festivités de la nativité de Jésus, l’Eglise célèbre aussi deux autres naissances : celle de Marie, dans exactement neuf mois, le 8 septembre et celle de Jean le Baptiste, le 24 juin lorsque dans nos régions le soleil commence à décliner. Aussi il me semble à propos de comparer la fête déplacée de l’Immaculée Conception et ce que dit le Christ de Jean le Baptiste, son Précurseur : « Parmi les hommes, aucun n’est plus grand que Jean ; et cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. » Ainsi si nous mettons en parallèle la place de la Vierge Marie et celle de Jean le Baptiste, nous comprenons mieux quel est l’objet de notre attente et quelle est l’espérance qui doit nous habiter en ce temps de l’Avent. D’une part, avec Marie, nous devons nous réjouir que dans notre temps est né celui qui contient tous les temps. Noël, c’est la naissance il y a deux mille ans de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. Combien nous devons nous réjouir de ce grand mystère ! Dieu dans son infinie miséricorde a rejoint notre histoire, celle de l’humanité, celle de Marie, pour nous annoncer son royaume. D’autre part, avec Jean le Baptiste - et l’Evangile que nous venons d’entendre nous le rappelle trop bien avec ses accents que nous pourrions qualifier d’apocalyptiques - le règne de Dieu est tout proche, qu’il faut nous convertir pour l’accueillir, qu’il faut que nous abandonnions notre pharisaïsme pour accueillir ces temps qui sont les derniers. Mais nous ne sommes pas seulement tendus entre ces deux extrêmes, Jésus nous rejoint aussi ici et maintenant. L’Avent n’est pas seulement la joie de la naissance de Jésus ou l’attente de l’établissement complet et définitif de son règne, mais aussi la lente maturation en notre cœur de cet amour que Dieu nous partage et auquel il veut nous voir participer. Chacune de nos fêtes, chacune de nos liturgies, chacune de nos célébrations ne sont pas seulement un souvenir d’un événement heureux, ni l’espoir d’un avènement miraculeux qui résoudrait toutes nos misères, elles sont aussi et surtout la naissance en notre cœur du règne de Dieu. D’ailleurs, il est curieux que l’Avent commence par l’attente d’un royaume à venir et se conclut par la préparation d’une naissance déjà accomplie. Cette anomalie, comme celle de la fête de l’Immaculée Conception célébrée cette année le 9 décembre, est là pour nous faire découvrir que la naissance essentielle, source des deux autres, est la manifestation dans notre cœur, à chacun d’entre nous, de la révélation divine. Dieu s’est fait chair pour que nous pussions participer à sa vie même. Alors, hier, ou tout à l’heure, Jean le Baptiste nous exhortait à la conversion. Avec tous les prophètes, il nous poussait vers une terre nouvelle et un ciel nouveau. Laissons-nous donc conquérir. Que notre espoir grandisse afin que les temps se terminent et nous introduisent dans l’éternité. Alors demain, nous fêterons Marie, nous fêterons l’Immaculée Conception. Réjouissons-nous avec elle de la naissance de Jésus en notre temps, en notre monde. Que notre mémoire se nourrisse de cet extraordinaire événement afin que nous recevions cette Bonne Nouvelle tant attendue et que nous en vivions. Enfin, maintenant, célébrons en acte et en vérité le don sacré que Dieu nous octroie. Dans le silence de notre cœur, que se lève notre rédemption, notre délivrance. Nous allons partager le pain et le vin, le corps et le sang du Christ. Ainsi nourris par la Nativité du Christ, tendus vers l’avenir, nous pouvons à chaque instant à chaque moment vivre avec Dieu, pour Dieu.

Alexandre Ineichen
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