Homélies

02.11.2019 / Commémoraison de tous les fidèles défunts

Vivre dans la dynamique du « Maranatha » notre attente du jour du Seigneur

« Jésus nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même ceux qui se sont endormis en Jésus, Dieu les prendra avec lui. C’est en Adam que meurent tous les hommes, c’est dans le Christ que tous revivront ». C’est dans cette foi que propose l’antienne de ce 2 novembre que Mgr Jean Scarcella a invité les fidèles à s’unir avec l’Église du ciel pour prier pour tous les défunts et renforcer notre espérance en la résurrection. Cette espérance nourrit la prière du « Maranatha » dans l’attente du jour du Seigneur qui se lève sur l’univers.
Référence des textes liturgiques : Ph 3,20-21 / Ps 62 / Lc 12, 35-40

Mes sœurs, mes frères,
Vous connaissez tous le mot « Maranatha » qui est le dernier mot de la Bible et se traduit par « Viens, Seigneur Jésus ! » – ou « Le Seigneur vient ». Ce mot faisait partie de la prière des premiers chrétiens. Fait-il toujours partie de la nôtre aujourd’hui ?
Saint Paul nous rappelle que « nous avons notre citoyenneté dans les cieux », que nous sommes citoyens des cieux ; c’est-à-dire que là est le lieu où nous vivrons éternellement, notre appartenance à la terre n’étant que passagère. Oui, un jour nous passerons de cette rive à l’autre, tout comme ceux qui y sont déjà, nos défunts pour qui nous prions aujourd’hui.
C’est en priant « Maranatha » que nous avançons avec confiance dans notre vie, jusqu’au retour annoncé du Seigneur Jésus dans sa gloire. Ce jour inaugurera la nouvelle vie des hommes en pleine vie de Dieu. Car Dieu même, nous dit Jésus, nous « fera prendre place à table et passera pour [les] nous servir », ainsi que l’a rapporté saint Luc.
Mais pour l’ores, Jésus nous demande d’attendre, de veiller, pour être prêts lorsqu’il viendra. Mais cette promesse, cette annonce, ne hante peut-être pas assez nos jours et nos nuits. Nous savons que le Seigneur vient déjà et que nous allons vers sa plénitude, mais il vient dans nos ébauches, nos vies que nous essayons de mener à bon port tant bien que mal. Nous devons vivre en mode de veille, nous tenir prêts dans notre attente ; et pas l’attente de notre mort corporelle, mais l’attente du jour de la gloire de Dieu. Donc l’attente chrétienne ne doit pas être statique et démobilisatrice, au contraire elle doit être active, parce qu’un immense enfantement se prépare ; et face à ce fait, à cette vérité annoncée nous devons affiner notre conscience qui n’est certainement pas encore assez vive.
Certes cela se passe en vivant pleinement l’aujourd’hui de nos vies, mais il doit être « l’aujourd’hui de Dieu », plein de Dieu et plein de son attente. Alors soyons attentifs à bien doser entre l’action immédiate et l’attente : l’attente doit se vivre dans une patience active ! La pire chose qui puisse arriver pour tuer le « maranatha » de notre prière serait le "je-m’en-foutisme" et l’agenda fébrile. Cela ne laissera aucune chance à l’esprit de veille. Nous disons « viens » au Seigneur parce que nous avons envie qu’il vienne, ne soyons pas hypocrites ! Nous lui disons « viens » parce qu’il vient, et pour qu’il vienne davantage, dès maintenant, imprégnant nos aujourd’hui de valeurs pour demain.
C’est ainsi que par le lien d’amour de Jésus, nous prions pour nos défunts, et si nous le faisons c’est pour demander aussi au Seigneur de faire grandir notre foi en Jésus ressuscité des morts.
Ainsi soit-il !

Mgr Jean Scarcella