Homélies

04.08.2019 / 18e dimanche ordinaire

En cet été se déroule à Vevey la fameuse Fête des Vignerons avec ses spectacles pour 20'000 spectateurs, avec 5'500 musiciens, chanteurs et figurants. C’est une magnifique et spectaculaire évocation du travail du vigneron…
Et Jésus nous dit : « Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron » (Jean 15)…. Sera-t-il de la fête ?
Le spectacle de la Fête des vignerons nous conduit à travers une succession de tableaux musicaux et chantants avec des figurants aux costumes multicolores. De magnifiques tableaux dont la signification peut échapper à celui qui n’a jamais travaillé la vigne ni étudié la riche symbolique de ce labeur. Pourtant tout le monde est touché car le beau est universel et parle à tous. Et chacun emporte un souvenir différent, et chacun applaudit quel que soit son âge.
Comment se fait-il donc que le message de l’Evangile et la parole de l’Eglise ont autant de peine à se faire entendre aujourd’hui ?
Au fait, ce message est-il — peut-il être — compris par la masse de nos contemporains ? Nous célébrons à l’eucharistie le festin des noces de l’Agneau… pourquoi ce repas de fête est-il boudé par tant de monde ?
Communiquer notre espérance et notre joie de croire : c’est un beau défi auquel nous sommes confrontés. Cela nous demande une très grande attention à ce que vivent les gens.
Le pape François nous le rappelle sans cesse, lui qui demandait aux prêtres « d’être des pasteurs qui portent l’odeur des brebis, des pasteurs au milieu de leur troupeau, et pêcheurs d’hommes. » (Messe chrismale du 28 mars 2013), ce pape qui nous envoie aux périphéries, — en dehors de notre zone de confort, selon l’expression contemporaine — à la rencontre de la vraie vie.
En ce domaine, Jésus est bien pour nous un vrai maître. Il sait saisir les interrogations de ses contemporains pour les faire avancer dans leur questionnement, pour les confronter aux questions réelles de l’existence.
Dans l’Evangile d’aujourd’hui Jésus est appelé à régler une question d’héritage. Question fort délicate, hier comme aujourd’hui, et très souvent source de conflit. Et voici que Jésus raconte une parabole qui envoie tout le monde — et nous aussi — à cette question existentielle : « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu ».
Riche en vue de Dieu. Qu’est-ce que cela signifie pour notre vie ?
Saint Paul nous demande de rechercher les réalités d’en haut, celles qui élèvent l’âme vers Dieu.
Le sage Qohèleth interroge l’homme riche qui doit laisser son bien à quelqu’un qui ne s’est donné aucune peine : Vanité des vanités, tout est vanité.
La sagesse populaire de chez nous affirme que notre dernière chemise n’a pas de poche. Et cette maxime est bien comprise par tous, mais suffit-elle à nous faire nous rapprocher de Dieu ?
Avec le père Dominique Auduc, auteur de ce slam, je vous propose de choisir de faire des choix et d’accepter de dépendre de Dieu :

L’Évangile me dit :
« La vie de quelqu’un ne dépend pas de ce qu’il possède. »
Dépendre de la vie
De l’air et du vent
Du soleil et de l’eau.

Dépendre de mon existence
De mes parents
De mes amis, de mes voisins.

Ou…

Dépendre de mes envies, de mes pulsions
Dépendre de mes doutes, de mes questions, de mes peurs
Et finalement… de mes non-choix
Et si je choisissais de choisir ?

Que ma vie…
Dépende de ma liberté ?
De mon bonheur ?
De ce qui me rend heureux ?
Ce qui me fait grandir ?

Et si je choisissais
Que mon existence
Dépende des visages croisés
Des regards, des sourires échangés ?

Et si je dépendais de mes rencontres
De mon bonheur…
Et si mes rencontres étaient visage de Dieu ?
Et si Dieu devenait l’élu comme bonheur ?

(Dominique Auduc, L’Evangile prié et médité en slam. Editions Salvator, 2019

Olivier Roduit