Homélies

12.05.2019 / 4e dimanche de Pâques

Dimanche du Bon Pasteur : « Le courage et le risque » dans la mission

En ce quatrième dimanche de Pâques, l’Eglise fête le Bon Pasteur, le Christ Ressuscité qui conduit les chrétiens vers les sources vives du Royaume de Dieu : « Mes brebis écoutent ma voix; (…) Je leur donne la vie éternelle ». A l’occasion, les chrétiens prient aussi pour les vocations religieuses et sacerdotales dans l’Eglise. Le chanoine Olivier Roduit a présidée la célébration dominicale et exhorté les fidèles à écouter l’appel amoureux du Seigneur à être des disciples-missionnaires en ayant « le courage dans le risque » de l’évangélisation. Référence des textes liturgiques : Act 13,14.44-53 / Ps 99 / Ap 7,9.14b-17 / Jn 10,27-30

Notre basilique recèle de nombreuses petites merveilles dues au génie des artistes qui ont mis leur art au service de leur foi et nous permettre d’approcher un peu plus du Seigneur, pour autant que nous prenions le temps de nous y arrêter.
Voulue par le regretté Mgr Henri Salina, la décoration de notre baptistère est l’œuvre de Madeline Diener. Lorsque vous y entrez, vous voyez la belle cuve baptismale trilobée et les belles mosaïques décrivant ces scènes bibliques évoquant le baptême.
Mais peu de personnes s’arrêtent à contempler la scène du linteau droit de la porte de sortie. Madeline Diener y a représenté les élus qui montent au ciel, on les voit marcher et plus haut munis d’ailes blanches qui signifiant le paradis. Commentant cette belle image, Mgr Joseph Roduit aimait bien faire allusion au negro-spiritual popularisé par Louis Armstrong et Ella Fitzgerald :
Oh when the saints go marching in,
Oh when the saints go marching in,
Oh lord I want to be in that number,
Oh when the saints go marching in.
« Quand les saints vont au ciel, j'aimerais être de leur nombre »,

Oui, qui n’aimerait pas être du nombre de ces saints qui vont au ciel, ces saints de la vision de saint Jean dans son Apocalypse. Ces saints qui viennent de la grande épreuve et qui ont lavé leurs robes dans le sang de l’agneau, cet agneau qui se tient au milieu du Trône et qui sera leur pasteur.
Tiens, Madeline Diener l’a aussi représenté sur le côté droit du baptistère. L’agneau égorgé est au centre de la Jérusalem céleste, image du Paradis. Le fleuve du Paradis se partage alors en quatre pour abreuver la terre entière. C’est l’Agneau qui sera notre pasteur pour nous conduire aux sources des eaux de la vie, comme le dit l’Apocalypse.

Pour aller à ces sources d’eau vive, il faut avoir la folie de croire en Christ ressuscité qui bouleverse tout ce que le monde valorise. Les apôtres s’étaient tournés d’abord vers leurs coreligionnaires, les juifs, mais beaucoup d’entre eux ne voulurent pas faire ce pas dans la foi. Et cela poussa les premiers disciples à se tourner vers les nations païennes, c’est-à-dire à aller là où on ne pensait pas que l’on puisse annoncer l’Évangile. C’est un message qu’a repris avec force notre pape François nous invitant à aller dans les périphéries, nous demandant de quitter nos confortables habitudes pour oser aller là où nous sentons qu’il faudrait aller mais où l’on n’ose pas aller.

Ce chemin est difficile, mais nous savons que le Christ nous y précède, lui le bon pasteur qui prépare nos chemins et dont la voix nous guide en sécurité vers le Père.

En ce dimanche des vocations, le pape François nous rappelle dans son message que le Seigneur nous rend porteurs d’une promesse et nous demande le courage de risquer avec Lui et pour lui : le courage et le risque ! Nous avons tous au gré d’une rencontre indicible entrevu la promesse d’une joie capable de combler notre vie. L’appel du Seigneur, nous dit le pape, est une initiative amoureuse avec laquelle il vient à notre rencontre et nous invite à entrer dans un grand projet.
« Le désir de Dieu est que notre vie ne devienne pas prisonnière de l’évidence, ne soit pas entraînée par inertie dans les habitudes quotidiennes… il veut nous faire découvrir que chacun de nous est appelé à quelque chose de grand, et que la vie ne doit pas rester empêtrée dans les filets du non-sens et de ce qui anesthésie le cœur. Il nous est demandé cette audace qui nous pousse avec force à la découverte du projet que Dieu a sur notre vie.

En ce dimanche des vocations notre prière se tourne plus particulièrement vers les jeunes qui vivent la période des grands choix de vie. Qu’ils aient le courage de risquer, de tout quitter pour suivre le Seigneur. Il n’y a pas de joie plus grande que de risquer sa vie pour le Seigneur, et cela dans quelque choix de vie dans lequel nous nous engageons. J’ai été frappé par ce beau témoignage d’un jeune garde suisse paru dans la presse de cette semaine. Ce jeune affirmait courageusement sa détermination à donner sa vie s’il le fallait au service de sa mission.

Quand les saints vont au ciel, j'aimerais être de leur nombre, proclamait le negro-spiritual que j’évoquais tout à l’heure. Mettons donc tout en œuvre pour prendre la bonne direction dans notre vie, dans chacun des petits instants de nos existences. Pour cela il suffit d’écouter la voix du bon pasteur et de le suivre… toujours.

Olivier Roduit