Homélies

02.05.2019 / Saint-Sigismond

La Royale Abbaye d’Agaune fête son fondateur, saint Sigismond et fait mémoire de Marie Jeanne Coloni

Ce vendredi 3 Mai, l’Abbaye de Saint-Maurice fête son fondateur, le « glorieux saint Sigismond », roi de la Burgondie. Il installe sur la terre d’Agaune, consacrée par le sang versé des martyrs thébains, Maurice et ses compagnons, « la famille de Dieu, c’est-à-dire des moines pour qu’à l’instar du monde céleste, ils s’appliquent jour et nuit au chant divin » : le monastère d’Agaune. C’est le chanoine Antoine Salina qui a présidé la célébration eucharistie. Il associe à cette solennité, la mémoire de Marie Jeanne Coloni, une amie de l’Abbaye, morte en mars. En introduisant la célébration, le chanoine Antoine explique :
« Aujourd’hui, solennité de Saint Sigismond et de ses compagnons martyrs, converti de l’arianisme qui niait la divinité du Christ au catholicisme grâce à l’influence de saint Avit évêque de Vienne près de Lyon. Il fonda en 515 le Monastère d’Agaune là où étaient vénérés les saints martyrs de la légion thébaine depuis le IVe siècle. C’est le 1er mai 524 que, avec ses fils Gondebald et Giscald, rejoint par ses ennemis, il fut mis à mort. La mémoire le rattache aussi à l’instauration de la louange perpétuelle en ce lieu.
A l’occasion de cette Eucharistie, nous voulons faire mémoire de Marie Jeanne Coloni, sœur de Monseigneur Michel Coloni qui fut son jumeau et archevêque de Dijon. Grande amie de l’Abbaye, en communion étroite avec l’artiste Madeleine Diener à qui ce lieu (la basilique) doit beaucoup et avec Monseigneur Salina, elle résida longtemps et régulièrement dans le petit appartement de l’aumônerie. Docteur en théologie, professeur à la faculté catholique de Paris, fondatrice du groupe des Dames de Notre Dame de Paris chargées par le diocèse des visites de ce monument, elle était également présidente de la fondation Parfum Béthanie qui s’occupe aujourd’hui encore de diffuser le savoir-faire de Madeleine Diener en matière d’art sacré.
Mais Marie Jeanne Coloni a aussi œuvré pendant plus de 50 ans pour la fondation les Alouettes à Paris auprès de l’enfance souvent oubliée issue de l’immigration. Elle avait une grande ouverture dans le domaine interculturel et parce que son aura dépassait les clivages. Elle fut faite chevalier de l’Ordre National du Mérite par un gouvernement de droite et Chevalier de la Légion d’Honneur par un gouvernement de gauche en reconnaissance de son engagement sans faille pour cette jeunesse parfois tellement abimée. Elle s’en est allée en mars à peu près un mois avant ce terrible incendie de Notre Dame de Paris qu’elle aura pu contempler d’en haut et sans aucun doute y voit-elle mieux que nous toutes les perspectives de renaissance.
C’est avec reconnaissance que nous faisons mémoire d’une aussi grande Dame.

Antoine Salina