Homélies

28.04.2019 / 2e dimanche de Pâques

Dimanche de la Divine Miséricorde : Les merveilles de la Miséricorde en notre temps

En ce dimanche de la Miséricorde Divine, l’Eglise nous fait vivre et célébrer la miséricorde de Dieu pour notre temps. A l’école de Sainte Faustine, des fidèles se sont rassemblés à 15 heures pour prier la Miséricorde Divine à la basilique de Saint-Maurice. Une Heure Sainte partagée dans la prière, la méditation du chapelet et l’adoration du Saint-Sacrement. Les participants ont également eu la possibilité de se confesser. Déjà dans la matinée, la célébration dominicale, présidée par le Chne Antoine Salina, a rappelé ce mystère de la Miséricorde que le Christ Ressuscité révèle à l’humanité en nous appelant à sortir de nos incrédulités. « Mon Seigneur et mon Dieu! », s’exclame l’apôtre Thomas en contemplant le Christ vivant. Les événements de notre époque nous invitent à nous replonger dans la vérité de cette confession de foi. Encore nous faut-il nous déterminer à l’annoncer et en témoigner afin que la création tout entière baigne dans cette Miséricorde que Dieu nous donne gratuitement et en surabondance. Référence des textes liturgiques : Act 5,12-16 / Ps 117 /Ap 1,9-11a. 12.17-19 / Jn 20,19-31

Frères et sœurs,
En ce dimanche de la Divine Miséricorde la révélation de l’Apocalypse résonne pour le disciple Jean comme une consolation et lui donne des forces neuves. Elle est le prélude à un envoi, un appel témoigner. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, nous voilà 8 jours après la Résurrection. Dire que les apôtres sont désemparés, n’est pas trop fort. Même s’ils ont eu les premiers témoignages de la Résurrection, regroupés en un lieu, verrouillés dans la peur des juifs on ne peut dire qu’ils reflètent la joie ni l’assurance.
Ce 2ème dimanche représente aussi pour nous la consécration de ce jour du Seigneur. A l’origine, c’est le premier jour de travail après le Sabbat, comme un lundi finalement; et le voilà jour où Dieu restaure sa création en lui redonnant sa vie par son Fils mort et ressuscité pour nous.
« La Paix soit avec vous » : Cette paix que seul Dieu peut donner mais elle sera ensuite transmise par les apôtres et leurs successeurs. Elle nous donne l’assurance, sereine, prélude à tout envoi pour dire à nos frères la joie du Christ Vivant!
« Recevez l’Esprit Saint » : Nous sommes avant la Pentecôte. Le Christ donne son Esprit à ses apôtres et nous ramène ainsi au souvenir de la Création première où Dieu insuffla son Esprit en Adam lui donnant sa vie, faisant l’homme à son image et à sa ressemblance.
« Thomas n’était pas avec eux » à ce moment et ce n’est pas un hasard car au travers de l’apôtre, le Christ vient au secours de nos propres incroyances. Jésus fait la grâce à l’apôtre d’approcher ses mains dans ses plaies.
N’aurait-il pas, lui le Ressuscité, effacé toute trace de sa Passion pour exprimer le triomphe de la vie? Mais ces blessures, elles aussi viennent témoigner qu’Il est bien Celui qu’ont côtoyé les apôtres, qu’Il a bien traversé la Passion et la mort, et que Dieu en Christ est marqué de la faiblesse humaine.
Ainsi le disciple Thomas qui a vécu ces années avec son Seigneur a pu dépasser ses difficultés à croire : « Mon Seigneur et mon Dieu » s’exclame-t-il. C’est plus qu’une adhésion intellectuelle. La résurrection résume en l’Apôtre comme la vie qui lui est donnée. Cette vie même qui permit à Paul de dire : « Pour moi vivre c’est le Christ ».
Le doute, frères et sœurs, n’est jamais facile à surmonter. Nous avons pendant le Carême traversé l’Exode avec les Hébreux, eux-mêmes témoins de tant de signes et qui ont eu tellement de difficultés à croire. Ainsi la foi ne peut dépendre que des miracles. Elle procède d’un mouvement de l’Ame qui transfigure, restaure la vie tout entière. L’écrivain Bernanos a écrit : « La foi c’est 24 heures de doutes moins une minute d’espérance. »
La solidité de cette foi repose non seulement sur une expérience fondatrice (Mon Seigneur et mon Dieu!) mais aussi sur une fidélité authentiquement vécue nous ne saurions être en permanence à la recherche de signes forts. Et nous ne pouvons exiger ces signes de Dieu qui nous a donné son Fils.
La force qu’ont reçue les apôtres leur a permis de renouveler des gestes de Jésus. A Jean Baptiste qui voulait savoir s’il était bien le Messie, le Seigneur envoie dire : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
Nous aussi, frères et sœurs, nous sommes baptisés et envoyés. Et s’il ne nous est pas donné de reproduire les mêmes miracles que les apôtres avant nous, que notre vie fraternelle et notre ferveur soient signes pour les hommes et les femmes de ce temps.
Notre Carême de cette année et la Période de Pâques ont été un temps d’épreuves pour l’Eglise. Je pense en particulier aux chrétiens et à toutes ces victimes d’attentats ciblés au Sri Lanka; à l’Eglise atteinte dans son clergé et ses membres par de nombreux scandales; à cet événement que fut pour nous tous, et pas seulement les chrétiens, l’incendie de Notre Dame. Tout cela, frères et sœurs, renvoie à la question fondamentale de la foi et du témoignage.
N’est-ce pas là aussi un message extrêmement fort que nos frères chrétiens, malgré le risque immense parfois, acceptent de fêter le Christ Ressuscité. Une belle invitation à ouvrir nos portes trop souvent verrouillées et à nous exclamer à la suite de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu! » Et donc, à cesser d’être incrédules.
Amen!

Antoine Salina