Homélies

24.04.2019 / Mercredi de Pâques

Mémoire du Chne Louis Cergneux, fondateur des Sœurs de Saint Augustin

Le salvanain Louis Cergneux, né le 16 avril 1867 et mort le 24 avril 1931, est chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice. Avec Marie-Thérèse Sidler, il fonde la Congrégation des Sœurs de Saint Augustin pour contribuer à la diffusion de la bonne nouvelle de l’Évangile, pour « donner une voix à Dieu » par la presse et les médias. Aujourd’hui, les sœurs sont présentes non seulement en Suisse mais également au Togo, au Burkina Faso et en France (Belfort depuis mars 2017). L’Œuvre Saint-Augustin prospère notamment dans la librairie, les éditions, les bulletins paroissiaux (L’Essentiel) et la tenue de bibliothèques, entre autres apostolats. A l’occasion de l’anniversaire de décès de leur fondateur, Mgr Jean Scarcella, Abbé de Saint-Maurice a voulu lui rendre hommage en compagnie de sa famille religieuse à travers la messe de ce jour. Pour lui, le Chanoine Cergneux a laissé un héritage que les générations actuelles et futures ont mission de sauvegarder et de poursuivre « en enseignant les vérités de foi, en proposant la méditation, en offrant à tous, les textes qui fondent la joie de la Bonne Parole, celle de Jésus, celle qui sauve ceux qui la mettent en pratique ». Voici les références des textes liturgiques que Mgr Jean médite dans son homélie : Ac 3,1-10 / Ps 104 / Lc 24,13-35

Mes sœurs, mes frères,
La résurrection du Christ n’est pas d’abord quelque chose à voir : il n’y a rien à voir, tout se passe dans un certain secret, comme hors du temps. Par contre, sur la résurrection du Christ, sur cet événement incroyable, et bien précisément on peut porter un regard de foi.
Ainsi Pierre dit à l’infirme de naissance qui se tenait à la « Belle-Porte » du temple pour faire l’aumône : « Regarde-nous ». Pierre demande son regard à cet homme, comme pour le rendre participant de l’œuvre qu’il va accomplir dans une foi pure : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne ». On pourrait ici se demander : mais qu’a-t-il donc à donner qu’il ne définit pas ? Ce qu’il a et qu’il veut non seulement offrir, mais surtout transmettre, c’est sa foi en Jésus mort et ressuscité, Jésus le Christ, le Fils de Dieu. En regardant Pierre et Jean, cet infirme apprend à regarder au-delà du visible, et il se trouve alors prêt à entendre cette injonction de Pierre : « Au nom de Jésus-Christ le Nazaréen, lève-toi et marche ». Pierre fait ici un saut incroyable dans la foi pure, et l’infirme, dans son regard, l’accompagne, si bien qu’il sera apte à recevoir la guérison. Alors Pierre le prit par la main droite, la main de la force, et le releva, le mit debout et lui permit de pouvoir marcher à nouveau. Combien de fois, durant sa vie publique, Jésus n’a-t-il pas dit : « Va, ta foi t’a sauvé » ? Ta foi, ton regard de foi, le regard de Marie-Madeleine au tombeau vide qui prit force dans celui de Jésus qu’elle avait pris pour le jardinier, tous ces regards sont d’abandon et donc de confiance, des regards qui sauvent.
Les disciples se rendant à Emmaüs doivent eux aussi faire ce chemin de foi. Absorbés et envahis par les événements de la mort du Christ qui les accablaient « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » ; alors, Jésus dut leur dire : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! » Autrement dit : vous êtes aveuglés par ce que vous avez vu, vous vous arrêtez à l’événement et vous ne portez pas votre regard plus loin. Jésus aurait pu leur dire à eux aussi, comme il l’avait déjà fait avant sa mort et sa résurrection : « Hommes de peu de foi ! »
Le regard de la foi ne se pose pas sur des actes concrets ni sur le temps qui les supporte ; le regard de la foi va au-delà de soi-même et défie le temps. Ainsi fallut-il que Jésus brise le pain et le leur donne pour que « leurs yeux s’ouvrirent ». Certes ont-ils vu ce geste, mais leur regard est allé plus loin que l’instant présent : il a rejoint la foi qui dormait dans leur cœur. Alors Jésus put disparaître à leur regard, et eux annoncer la résurrection.
Ainsi soit-il !

Mgr Jean Scarcella