Homélies

11.04.2019 / Vernissage Exposition Emmaüs

Du cloître à Emmaüs : quand l’art d’ici et d’ailleurs nous fait cheminer avec le Ressuscité

Depuis hier, le cloître de l’Abbaye de Saint-Maurice reçoit l’exposition de précieux tableaux d’art sur le thème : « Emmaüs, les ombres lumineuses ». L’organisation de cette exposition vient d’une initiative du Chanoine Guy Luisier avec le soutien de la direction du Trésor de l’Abbaye. Elle regroupe plusieurs œuvres travaillées en au Kasaï (RDC) et en Suisse, essentiellement des calligraphies et quelques tableaux de jeunes kasaïens. Une belle cérémonie d’ouverture de l’exposition, présidée par le Père-Abbé, Mgr Jean Scarcella, a rassemblé dans le cloître de l’Abbaye plus d’une centaine de visiteurs. Jusqu’au 12 mai 2019, cette exposition est incluse dans le circuit des visites du site archéologique et du Trésor. Nous proposons à votre lecture les discours de Mgr Jean Scarcella et du chanoine Guy Luisier prononcés lors de vernissage.

Mesdames et Messieurs, chers amis, chers artistes,
Vous recevoir aujourd’hui est pour moi certes un grand honneur, mais aussi une grande joie. Honneur de pouvoir vous accueillir ici au cœur de ce monastère vénérable, et joie de pouvoir vous proposer un espace nouvellement destiné à la culture.
Vous le savez, tout cloître, au milieu d’un monastère, est un lieu fermé sur soi, mais ouvert vers le ciel ; il est en quelque sorte une image de la prière qui se vit dans ces murs et qui prend son envol jusque dans les hauteurs des cieux.
L’art, lui aussi est prière, dans le sens où il dit quelque chose à sa manière, une transcription de réalités, d’images, de sentiments, et même, aujourd’hui, de paroles. Et tout ce qu’il dit, dans son langage approprié, a un aspect indicible qui va toucher ceux qu’il met en relation les uns avec les autres, dans un langage partagé, et pourquoi pas même avec le transcendant ?
L’art ouvre à une possibilité de communiquer, ainsi que le permet la parole ou, et c’est le cas aujourd’hui, peut communiquer par l’écriture ; cet écrit qui fixe dans le temps l’éphémère des mots qui lui échappent, qui les fait demeurer pour qu’ils parlent encore, qui en deviennent comme un héritage pour l’humanité.
Comment mieux comprendre cela sinon avec l’exemple des textes sacrés, de quelque religion qu’ils soient, mais particulièrement en ce qui nous concerne ce soir, la Bible, la Parole de Dieu. Une parole qui n’est pas figée dans le temps, mais qui se dit, se partage et se diffuse ; une Parole qui, écrite en lettres de beauté, si artistiquement présentée et transcrite, parle avec un accent divin, car elle est reflet de la Beauté première, puisque parole de Dieu.
Que ces lettres qui ornent ce cloître pour votre ravissement, soient des signes d’un chemin de beauté qui ne mène pas seulement au village d’Emmaüs, mais au fond de soi.
Merci encore d’avoir répondu à notre invitation et bonne plongée dans l’univers des mots et d’une Parole !
+ Jean Scarcella, Abbé

EMMAÜS, LES OMBRES LUMINEUSES

Monseigneur, chers confrères, Mesdames, Messieurs, chers amis,
Il y a beaucoup de monde sur le chemin d’Emmaüs.
Depuis deux mille ans, en mettant ses yeux, ses pas derrière ceux de Cléophas et de son compagnon, chacun y rencontre à sa manière la mystérieuse lumière de la Présence.
Le chemin d’Emmaüs, on le parcourt avec son cœur, avec ses doutes et ses souffrances, avec ses ombres, mais aussi avec ses enthousiasmes, pour se laisser toucher par un compagnon de route dont les mots élèvent et approfondissent la vie.
Le village d’Emmaüs - depuis les lettres tracées par Luc au chapitre 24 de son évangile, en passant par les lettrines des moines médiévaux et les clairs-obscurs de Caravage, de Rembrandt et d’Arcabas - a réchauffé bien des cœurs et bien des âmes en pérégrination de vie. Traces de géants et aussi traces d’humbles amateurs de beaux traits.
Depuis quelques mois une petite caravane d’improbables disciples venant de Salvan, Martigny, Bex, de Poliet-Pittet, des deux monastères frères d’Einsiedeln et de Saint Maurice… une improbable caravane s’est mise en marche. Elle a d’abord rencontré une autre caravane d’artistes en herbe de savane, les jeunes de la colline des Pères de Saint-Maurice au Congo qui dans le style africain vous proposent aussi leur Emmaüs à eux… Et finalement cette caravane de bric et de broc a fait ici étape pour vous présenter… vous présenter quoi ?
Des éclats de cœurs, des traces de sueurs, des dépassements de peurs, des courages en fleurs… La vie quoi !
Merci à Fabienne Morand, sr Daniela Ardizonni, Catherine Favre, Isabelle Décaillet, Lionel Bouquin, Frère Jean-Sébastien Charrière et Paul Fiorellino ici en Suisse, Merci à Augustin Kapuku, Simon-Pierre Tukole, Edo Zewula et Emmanuel Tunga sur une Colline au Kasaï.
Merci à Jean-Emile et Cyrille, Jennifer et son équipe du site patrimonial de l’Abbaye…
L’aventure est belle. Elle n’est pas finie, figurez-vous qu’on peut même acheter nos œuvres… et porter l’esprit d’Emmaüs et donc de Pâques un peu plus loin.
Merci à vous tous de marcher un peu avec nous sur ce chemin de résurrection dont notre monde a tellement besoin,
Au nom de mes compagnons de route, merci d’être là ce soir.
Guy Luisier

Mgr Jean Scarcella