Homélies

14.03.2019 / 1e Conférence de Carême : Eucharistie et Bible

La célébration de l’Eucharistie a son fondement dans la Bible. Qu’est-ce que le Livre nous dit de l’Eucharistie ?
Conférence 1 : La version écrite de cette conférence du Prieur Roland Jaquenoud, de l’Abbaye de Saint-Maurice, provient d’un enregistrement du chanoine Max Hasler. C’est donc un discours oral qui a été transcrit. Les passages bibliques sont ceux de la traduction liturgique publiée par l’AELF que le conférencier a donnés aux auditeurs.

Eucharistie et Bible

1. L’Eucharistie dans le Nouveau Testament : Les Actes des Apôtres
Les diverses appellations de l’Eucharistie
Vous avez pris à l’entrée une feuille sur laquelle il y a quelques textes bibliques. Et ce soir, on va simplement passer en revue ces quelques versets tirés du Nouveau Testament que je vous ai mis sur ces feuilles. Et d’abord, nous prenons les Actes des Apôtres 2, 41 et 42.
C’est au tout début de l’Eglise, les premières conversions après la Pentecôte : « 41 Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux. » Et toute suite après, on nous parle de l’Eucharistie : « 42 Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. »
Dans les Actes des Apôtres, on n’utilise pas le mot « Eucharistie ». On utilise l’expression : « La fraction du pain ». Et vous voyez que cette expression est mise à égalité avec trois autres termes : « L’enseignement des Apôtres », « la communion fraternelle » et « les prières ». Dans ce petit verset, vous avez déjà tout ce qui fait une célébration de l’Eucharistie.
L’enseignement des Apôtres :
C’est ce qui se passe chez nous quand on lit la Bible à la Messe. L’Evangile, les Epîtres, c’est les enseignements des Apôtres. On peut déjà y voir quelque chose de précurseur par rapport à ce qu’on appelle « la liturgie de la Parole ». Encore qu’à ce moment-là, c’était oral; c’était les Apôtres eux-mêmes qui faisaient cet enseignement. On va le voir tout à l’heure avec Saint Paul.
La communion fraternelle :
La célébration de la fraction du pain ne se fait jamais seule. Elle se fait en communion fraternelle. Et dans les Actes, comme chez Saint Paul, le frère, la sœur, c’est d’abord l’autre chrétien, celui qui partage le même Pain. Les Pères de l’Eglise ont beaucoup insisté sur le fait que l’Eucharistie, la fraction du pain, « fait l’Eglise ». On est constitué église, parce qu’on participe à la fraction du même pain; parce que, bien-sûr, on y communie. Vous avez déjà quelque chose en germe dans ce verset-là.
La fraction du pain :
C’est le geste de Jésus, le soir du Jeudi Saint. Comme je vous l’ai dit, c’est le mot qu’on utilise dans les Actes, pour parler de ce que nous, nous appelons l’Eucharistie.
Les prières :
C’est dire que cette réunion n’est pas juste une réunion où on écoute les Apôtres et où l’on prend ensemble un repas. C’est aussi une réunion où l’on prie. Bien-sûr qu’on ne peut pas imaginer l’Eucharistie sans les prières. On verra qu’avec saint Paul, il va y avoir un problème dans ce lien entre l’Eucharistie et le repas. Mais on y reviendra tout à l’heure.
Pour le moment dans les Actes, quand on célèbre ce que nous appelons l’Eucharistie, quand on rompt le pain, on le fait comme Jésus, au cours d’un repas. Si vous prenez les textes de l’institution de l’Eucharistie, Jésus prend d’abord le pain. Et le vin, il le prend à la fin du repas. Donc on comprend bien qu’ils ont mangé entre deux. Pour le moment, on en est là. On verra très vite que dès saint Paul, on va avoir besoin de corriger un peu la chose.
Première liturgie apostolique et Eucharistie quotidienne
On saute au verset 46 : « Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidument le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur. »
Dans cette « Première liturgie apostolique », si on veut l’appeler comme ça, vous avez deux lieux : il y a le temple, on est à Jérusalem. A ce moment-là, les chrétiens sont encore tous juifs; donc ils peuvent tous aller au temple. Vous savez qu’on n’entre pas dans le temple si on n’est pas juif. On commencera à changer quand il y aura des non-juifs. Et donc, ça veut dire que les chrétiens assistent aux prières avec leurs frères de religions au temple. Au temple, c’est essentiellement les psaumes. Et puis, il y a une liturgie domestique qui se fait à la maison qui est la Fraction du pain et qui est liée à un repas que l’on prend « avec allégresse et simplicité de cœur ». Il y a donc en quelque sorte deux lieux de célébration.
Ces deux lieux vont disparaître dans notre tradition. Ils ne vont devenir plus qu’un. Mais dès le commencement de la vie de l’Eglise, nous trouvons ce qui va faire toute sa prière : la célébration de l’Eucharistie, c’est-à-dire, la fraction du pain. Et le chant des psaumes, issu de la liturgie du temple de Jérusalem.
On a déjà dans les Actes, l’origine de toute la prière de l’Eglise : le chant des psaumes, c’est ce qui se passe à ce qu’on appelle la liturgie des Heures, tout au long de la journée : prière des Laudes, Milieu du jour, Vêpres. Et puis l’Eucharistie, qui est une partie proprement chrétienne : c’est la fraction du pain, liée à la communion fraternelle.
Il y a aussi un détail intéressant : on voit que la première église apostolique faisait ça « Chaque jour ». La liturgie du temple, elle a lieu chaque jour. Et donc, la liturgie de la fraction du pain, elle avait aussi lieu chaque jour. Du moins, tant qu’ils étaient à Jérusalem.
Dans la pratique de l’Eglise (je prends ici l’Eglise au sens large. Pas seulement notre tradition à nous, catholiques romains du 21ème siècle, mais d’autres traditions, une trentaine, que reconnaît l’Eglise), vous avez certains rites qui ne célèbrent pas l’Eucharistie tous les jours.
Par exemple dans le rite byzantin, pendant le carême, il est plus ou moins interdit de célébrer l’Eucharistie du lundi au vendredi. Il y a des liturgies de communion le mercredi et le vendredi. Mais l’eucharistie au sens propre du terme, qu’on appelle la Divine Liturgie, ne se célèbre, pendant le carême, que le samedi et le dimanche.
Un rite qui est plus proche de nous est le « rite ambrosien » dans le diocèse de Milan. Ce diocèse n’a pas notre missel. Il a son propre missel. C’est un très vieux rite. Dans le diocèse de Milan, on ne célèbre pas l’Eucharistie les vendredis de carême.
La célébration quotidienne de l’Eucharistie, avec une liturgie pour chaque jour, c’est quelque chose plutôt propre à l’Eglise latine de rite romain. C’est une tendance qu’on remarque dès les Pères de l’Eglise latins : un Augustin, par exemple, célébrait, semble-t-il, tous les jours. Or, cette pratique-là trouve son fondement biblique dans la célébration quotidienne de la première église apostolique. On va toujours chercher un texte pour fonder une tradition. Et on le trouve là.
Les Apôtres et les premiers chrétiens, quelques trois mille convertis, célébraient l’Eucharistie tous les jours, comme ils célébraient la liturgie du temple tous les jours.
Le premier jour de la semaine
Je vous ai donné un autre passage des Actes, beaucoup plus loin, au chapitre 20. Là, on n’est plus à Jérusalem. On est à Troas, dans un milieu non-juif, païen. Il y a des juifs parmi des chrétiens, mais on est en Asie Mineur. On n’est plus en Terre sainte. Et là, on nous dit : Act 20,7 : « Le premier jour de la semaine, nous étions rassemblés pour rompre le pain, et Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec ceux qui étaient là. »
Ici, on voit la mise en avant du « Premier jour de la semaine ». Le premier jour de la semaine est le dimanche. Aussi, la tradition de mettre en avant le dimanche, avec une célébration de l’Eucharistie forte et marquée, elle est aussi de tradition apostolique.
C’est un texte assez amusant! Ils sont le soir. C’est le premier jour de la semaine. « Le soir » est vraisemblablement le samedi soir, puisque le jour juif commence au coucher du soleil. Paul qui devait partir le lendemain, « s’entretenait » avec eux. En fait, le mot « s’entretenir », c’est le mot : « faire un sermon ». Le mot « sermon » en latin veut dire la conversation. C’est une traduction du dialegomai qu’on a ici en grec.
Donc, en fait, si saint Paul les entretient, c’est qu’il fait une homélie, il fait un sermon, il leur explique l’enseignement des Apôtres, son enseignement. Et puis, comme c’est très long, (ça arrive qu’une homélie soit un peu longue!), il y a un jeune homme qui s’endort. Il y a beaucoup de monde. C’était dans une maison. Il s’était assis à une fenêtre, il s’endort et il tombe. Je ne sais pas de combien d’étages. Catastrophe! Tout le monde descend, Paul aussi. Il ne se fait pas trop de souci. Il remonte et nous dit le texte, « Il rompit le pain ». Et après on sait que le jeune homme est reparti tout tranquille. Il est guéri.
Mais là aussi, dans un épisode qui aurait pu être tragique, mais qui finit bien, vous avez une explication de ce qui se passe dans une célébration où on rompt le pain. Vous avez d’abord l’enseignement de l’Apôtre qui peut être long; et puis ensuite, le même Apôtre rompt le pain.
On imagine bien qu’on rompt le pain pour le distribuer. Mais il est intéressant dans ces textes des Actes, on n’insiste jamais sur la distribution. Ça, c’est dans les textes de l’institution : « Prenez et mangez-en tous ». Dans les Actes, le geste premier, c’est la fraction du pain et l’enseignement des Apôtres.
Voilà ce qu’on a trouvé dans les Actes des Apôtres. Maintenant on va partir chez saint Paul.
2. L’Eucharistie dans la Première Epitre aux Corinthiens
L’Eucharistie : un repas?
L’origine de l’Eucharistie, la fraction du pain, c’est bien sûr, le geste que fit Jésus le soir du Jeudi Saint : « Il prit le pain, le rompit et le donna à ses disciples. Il fit de même avec la coupe. » Le geste, les paroles, tous ces moments que nous célébrons le Jeudi Saint. Et vous avez dans la Bible quatre récit de ce moment-là : trois récit dans trois évangiles (Matthieu, Marc et Luc); on n’en parle pas chez saint Jean; on reviendra là-dessus. Et puis un récit écrit par saint Paul, ici, dans la Première Epître aux Corinthiens.
Il est important de situer à quel moment saint Paul parle de ça. Il parle de ça à un moment où il est entrain, excusez-moi le terme, d’engueuler les Corinthiens. Corinthe, c’est une église nouvelle, fondée par saint Paul. C’est des nouveaux convertis, il a vécu un temps avec eux puis il est parti. Et après son départ, ils ont commencé à faire des tas de choses bizarres. L’Eglise corinthienne est sans doute, peut-être les exégètes nous corrigerons, parmi les communautés chrétiennes auxquelles Paul s’adresse dans ses lettres, la moins juive de toutes les églises. On y est plutôt d’origine grecque, c’est-à-dire païenne.
Et donc dans cette église, il se passe des choses épouvantables. Une des choses qui ne va pas du tout à saint Paul, c’est que quand les chrétiens se réunissent pour cette fameuse fraction du pain, au cours d’un repas, comme on l’a vu dans les Actes, chacun amène sa nourriture, chacun la garde pour soi, mange ce qu’il a amené. Et donc, les pauvres n’ont à peu près rien à manger, et les riches s’empiffrent. Tout ça, autour d’une même table. Et puis au milieu de cette affaire-là, on célèbre le « Repas du Seigneur ».
Saint Paul est furax. Il dit : ça ne va pas. Voyez ce qu’il dit. C’est intéressant pour nous : « 22 N’avez-vous donc pas de maisons pour manger et pour boire ? Méprisez-vous l’Église de Dieu au point d’humilier ceux qui n’ont rien ? Que puis-je vous dire ? vous féliciter ? Non, pour cela je ne vous félicite pas ! ».
Et là, vous avez le premier texte scripturaire qui va distinguer l’Eucharistie elle-même d’un repas habituel. Saint Paul est très clair : « N’avez-vous pas des maisons pour manger et boire? ». C’est chez vous que vous devez manger et boire. Quand vous vous réunissez en Eglise pour célébrer le « repas du Seigneur », c’est tout à fait autre chose.
Interprétation du récit eucharistique de saint Paul
Et dans ce cadre-là, il va dire le récit de l’institution. C’est le verset suivant : « 23 J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain. » Dans les premières paroles de ce verset 23, il y a une solennité rare : « J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis ». Saint Paul insiste sur le fait que ce qu’il va dire-là, ce n’est pas quelque chose qui lui a été raconté. Or saint Paul, je vous le rappelle, n’était pas là le jour de la Sainte Cène. Il était d’abord trop jeune, et ensuite il était un très grand persécuteur de l’Eglise. C’est quand même lui qui a assisté au martyr d’Etienne, gardant les habits de ceux qui lapidaient Etienne. C’était « Saul » en ce moment-là. Il ne s’appelait pas encore Paul. Mais c’était le même.
Donc, saint Paul ne nous parle pas ici de quelque chose auquel il a assisté lui-même. Et pourtant, il insiste sur le fait qu’entre lui et l’enseignement qu’il va donner, il n’y a pas d’intermédiaire. Il l’a reçu directement du Seigneur. C’est assez rare dans les épîtres, qu’il y ait eu une affirmation aussi forte de l’inspiration directe de la part de Dieu, de ce qu’il va dire. Or, cette entrée en matière, si forte et si solennelle, concerne l’institution de l’Eucharistie. C’est intéressant!
« 23 J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain,
24 puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
25 Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »
On a quatre gestes de Jésus, avec des paroles. Si on regarde ce qui se passe avec le pain : il prend le pain, il rend grâce, il rompt et il dit. Quatre moments, quatre actions distinctes. On va essayer de voir de quoi il s’agit.
« Le Seigneur prit du pain », on y reviendra plus tard. On y reviendra surtout la semaine prochaine, lorsqu’on parlera d’Eucharistie et rite. Ce moment où le Seigneur prit du pain, c’est la source de tous nos offertoires. L’offertoire, c’est le moment où l’on amène le pain et le vin puis, le prêtre lève un tout petit peu, pas aussi haut qu’au moment de la consécration et il dit : « Tu es béni Dieu de l’univers… » Souvent c’est dit à voix basse pendant qu’on chante où on joue un morceau d’orgue. Ça reprend très clairement : « Il prit le pain » dans la tradition chrétienne. Mais on reviendra là-dessus la semaine prochaine.
« Puis, ayant rendu grâce ». Vous savez tout comment on dit « ayant rendu grâce » en grec : « eucharistesas », ayant fait l’Eucharistie. En grecque moderne, on dit merci : « eucharisto ». On pourrait interpréter ce moment où il rend grâce comme « les grâces », la prière de remerciement que l’on fait au début d’un repas. Mais il est intéressant que les traditions liturgiques dont je parlais tout à l’heure, différentes traditions, occidentales et orientales, ont toutes mis un accent sur ce moment-là. A tel point que ce que les Actes nommaient fraction du pain, on va l’appeler Eucharistie. On va s’arrêter un peu sur ce mot « eucharistie ».
Nous les catholiques romains, on parle de la messe. Si vous allez dans le rite byzantin, on parlera de la divine liturgique. Si vous allez dans les églises de traditions Siriaque, on parlera du qorban, c’est-à-dire de l’offrande. Donc chaque tradition liturgique a appelé la « fraction du pain » à sa manière. Mais quand on utilise le mot « eucharistie », on le comprend tous. Les théologiens des églises anciennes, les traditions liturgiques anciennes, la plupart, qui vont appeler la messe de différents noms, se retrouvent autour du nom « Eucharistie ». Ça veut dire qu’on a mis en avant ce mot-là qu’on va retrouver chez Saint Luc dans l’institution de la Sainte Cène. Chez saint Matthieu et chez Marc, on a : « Il bénit » pour le pain, mais pour le vin, on va avoir : « Il rendit grâce ». Donc, ce mot-là, on le retrouve chaque fois.
Et pourquoi avoir mis un tel poids à ce mot, si c’était juste une action de grâce autour d’un repas : ça n’aurait pas beaucoup de sens. Donc qu’est-ce qui se passe? Ce soir-là, on est le jeudi saint, qu’est-ce qui se passe pour qu’une telle action ait une telle importance?
L’Eucharistie : sacrifice non-sanglant du Christ
Jésus désigne le pain comme étant son corps et le vin comme étant son sang. Ou encore ici : « La nouvelle alliance en son sang ». Or dans la Bible, le corps, ce n’est jamais un bout de chair. Quand on parle du corps, c’est la personne tout entière. Le sang, ce n’est jamais un bout de liquide. Le sang, c’est le lieu de la vie. Il y a une loi dans l’Ancien Testament qui interdit de boire le sang des animaux, toujours respectée chez les juifs parce que c’est le lieu de la vie.
Et donc quand Jésus dit « ceci est mon corps, ceci est la nouvelle alliance en mon sang », il ne nous parle pas de cannibalisme. On parle ici du don que Jésus fait de lui, de soi-même tout entier. Or, ce corps et ce sang, qui sont, le soir du Jeudi saint, sous l’aspect du pain et du vin, c’est ce même corps, c’est ce même sang qu’il va livrer sur la croix, le lendemain, le Vendredi saint.
Il fait sous un autre aspect, exactement ce qu’il va faire le lendemain. Il s’offre en sacrifice. Si vous lisez dans notre liturgie catholique, romaine, on y trouve à un certain moment de la Prière Eucharistique, notamment de la Prière Eucharistique I, une partie qu’on appelle le « communicantes » : « dans la communion de toute l’Eglise… » Le soir du Jeudi saint, on dit ces paroles-là : « Dans la communion de toute l’Eglise, nous célébrons le jour très saint, où notre Seigneur Jésus-Christ fut livré pour nous. » C’est le soir du Jeudi saint.
On attendrait autre chose : « le soir où il institua l’eucharistie… », ou « Le soir où il donna son corps à manger à ses fidèles ». Mais, non, la liturgie romaine, ancienne, dit que c’est le jour très saint où notre Seigneur Jésus-Christ fut livré pour nous. C’est l’Eucharistie du Vendredi Saint si vous voulez. Pourquoi? Le soir du Jeudi Saint, selon le calendrier des juifs, c’est déjà le vendredi. C’est le même jour. Et l’action d’être livré, de se livrer pour nous en sacrifice sur la croix, qui aura lieu le matin, est la même que l’action de nous livrer son corps et son sang sous l’aspect du pain et du vin. Dans l’Eucharistie, Jésus nous a donné, à travers les Apôtres, ce qu’il va livrer le lendemain, le Vendredi Saint. Donc il n’y a pas de différence du point de vue de la réalité des choses, du point de vue du signe, de l’extériorité. Il n’y a pas une grande différence entre ce que Jésus fait en donnant son corps et son sang en nourriture, et ce qu’il fait en s’offrant lui-même sur le sacrifice de la croix.
Le concile de Trente, qui a eu lieu au XVIème siècle, qui a dû reposer assez clairement la question des sacrements par rapport aux questionnements que posait la Réforme, définit l’Eucharistie comme « le sacrifice non-sanglant ».
Pour moi, qui étais protestant à l’époque, ce qui m’a fait partir chez les catholiques, c’est que j’ai appris que dans mon Église protestante, le pain et le vin, ce n’était que du pain et du vin. Ce n’était pas le Corps et le Sang du Christ. Je me dis que ça ne va pas. Alors j’entre dans l’Eglise catholique, je fais tout le chemin, je deviens religieux, je fais la Théologie à Fribourg et là je lis : « Sacrifice non-sanglant ». Ça veut dire quoi?
Ça ne veut pas dire que ce n’est pas le sang du Christ. Ça veut dire que c’est le sacrifice de la Croix, mais sans l’aspect de souffrance. C’est le même sacrifice, je vous ai dit, sous un aspect différent. Le sacrifice de l’Eucharistie, c’est le même que celui de la croix. Mais, sur la croix on va insister sur la souffrance qui est la preuve de l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous alors que dans l’Eucharistie, on insiste sur l’action de grâce. L’action de grâce de Jésus qui remercie son Père de pouvoir se donner, de pouvoir s’offrir. Voyez!
Et donc l’Eucharistie que nous célébrons, si on reprend Saint Paul, est essentiellement ce qui est vécu lors de la mort et de la résurrection du Christ. Dans cette Eucharistie, on fait mémoire de sa mort et de sa résurrection et on attend sa venue dans la gloire. Et c’est un vrai sacrifice. Le Christ s’offre dans l’Eucharistie totalement, il renouvelle pour nous l’offrande de la croix, mais ce n’est pas un moment où il meurt une deuxième fois. Ce n’est pas un moment où il souffre de nouveau.
L’aspect salvifique du sacrifice Eucharistique
Qu’est-ce qui nous sauve dans le sacrifice du Christ? Nous sommes sauvés par le sang du Christ. Ça veut dire quoi? Ce qui nous sauve dans le sacrifice du Christ sur la croix, c’est son obéissance parfaite au Père. Une obéissance qui, au moment de la croix, est difficile. Elle est rude. Le Christ en sue du sang. Et cette obéissance, c’est l’expression de tout l’amour qu’il a pour son Père. Obéir à Dieu et l’aimer, c’est la même chose. Et Dieu ne peut pas exiger de nous quelque chose qui est contre son amour. Ce n’est pas possible! Par contre obéir à un homme et l’aimer, ça peut être deux choses différentes.
L’obéissance de Celui que saint Paul appelle le nouvel Adam, il le fait entièrement et totalement pour chacun d’entre nous. Il ne le fait pas pour lui-même. Lui n’a pas besoin d’être sauvé par son obéissance. Il n’est pas seulement Homme, il est Dieu. Et donc, cet acte d’obéissance, c’est un acte d’amour parfaitement gratuit pour chacun d’entre nous, chaque homme et chaque femme de ce monde. Et c’est ça qui nous sauve. Dans le sacrifice de la croix, il y a tout l’aspect de souffrance, cette souffrance nous montre très fortement jusqu’où son amour est prêt à aller. Mais le sacrifice de la croix, il a son sommet dans la résurrection. Ça nous donne la vie, cet amour-là.
Dans le sacrifice eucharistique, c’est ce même amour qui nous est offert et qui nous sauve. Mais là, il n’y a plus la souffrance. Il y a l’action de grâce, il y a Eucharistie. Quand l’Eglise célèbre l’Eucharistie, quand elle fait l’Eucharistie, elle participe à l’action de grâce de Jésus, où Jésus rend grâce de pouvoir se donner encore et toujours. Et elle rend grâce de pouvoir recevoir un tel don.
Et c’est comme ça que le mot eucharistie devient petit à petit le mot général pour désigner ce que nous faisons, lorsque, à l’image des Apôtres, nous nous réunissons pour rompre le pain.
Eucharistie comme sacrifice
Le problème, c’est le mot sacrifice. Le mot sacrifice dans nos langues à nous, c’est un mot qui est toujours lié avec la mise à mort, la souffrance. Dans la notion de sacrifice eucharistique, il n’y a plus ça. Il y a le même don que celui qui fut fait sur la Croix, mais ce don se fait ici dans la joie et l’action de grâce. Jésus, le soir du Jeudi Saint, offre à son Eglise ce qu’il va livrer le lendemain lors de son sacrifice sur la croix, c’est-à-dire soi-même, sa mort et sa résurrection.
Le langage qu’utilise saint Paul, si on connaît un peu l’Ancien Testament, est un langage lié au sacrifice surtout lorsqu’il parle de « La nouvelle alliance en mon sang ». Dans l’Ancien Testament, toute alliance entre Dieu et les hommes est scellée d’un sacrifice. Donc, il dit clairement que ce qui a lieu ici, sous l’aspect du pain et du vin, c’est exactement ce qui va avoir lieu le lendemain : le sacrifice de l’Agneau pascal, c’est-à-dire de lui-même.
L’Eucharistie comme mémorial
« Faites cela en mémoire de moi ». Le mémorial dans la Bible n’est pas simplement un souvenir. Le mémorial repose sur le souvenir, mais souvenir de quoi? Le souvenir des merveilles que le Seigneur a faites pour nous. Et ce souvenir fait que ces merveilles deviennent présente ici et maintenant. C’est l’actualisation. Donc de désigner le sacrifice eucharistique comme un mémorial, ça nous dit tout de ce qui se passe lorsqu’on célèbre la messe. On fait le mémorial : « Nous rappelons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection et nous attendons ta venue dans la gloire ». On ne dit pas : « Nous faisons le mémorial de ta mort, Seigneur Jésus », parce que personne n’y comprendrait rien. Et pourtant c’est la même chose!
Cet évènement-là, qui est évènement de notre salut, qui a eu lieu, il y a deux mille ans (un peu moins mais bientôt deux mille ans!), nous en faisons mémoire, pour qu’il soit présent, ici et maintenant.
Je pense qu’on peut tirer de saint Paul, déjà, cette idée qui est commune dans la théologie catholique que l’Eucharistie, c’est le sacrifice du Christ, qui n’est pas différent de celui de la Croix. Certes Jésus ne meurt pas une nouvelle fois. Mais c’est son unique offrande sur la Croix qui est renouvelée pour chacun d’entre nous, ici et maintenant, pour qu’elle ne soit pas simplement qu’un souvenir mais qu’elle soit quelque chose de présent. Et nous sommes appelés, par la réception du corps et du sang du Christ, à y participer, à le recevoir. Nous recevons le mystère de notre salut. Nous recevons l’amour du Christ pour son Père et pour nous en le recevant lui-même dans l’Eucharistie.
L’Eucharistie : mystère eschatologique et exigences de vie
« 26 Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » Là, on comprend pourquoi saint Paul s’est tellement insurgé contre l’idée qu’on puisse célébrer « le repas du Seigneur » au cours d’un repas où on se dispute. Parce que c’est bien plus qu’un repas.
« Chaque fois que vous faites cela, vous proclamez la mort du Seigneur » : c’est-à-dire que vous proclamez son amour pour nous. Et ce sacrifice a lieu et aura lieu « jusqu’à ce qu’il vienne ». Il y a une promesse ici. Que l’Eucharistie ne cessera jamais, jusqu’à son retour.
C’est donc en lien avec cela que nous allons trouver dans la suite du texte les exigences liées à la réception des espèces eucharistiques. On ne peut pas y aller comme ça. On ne peut pas manger comme ça de ce pain et de ce vin. « 27 Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur ».
« Qu’est-ce qu’il entend par « indigne »? Saint Paul ne le dit pas vraiment. Il le dit un peu tout de même. Mais il ne le dit pas dans le détail. Par contre il continue : « 28 On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe. » S’examiner. Faire un examen de conscience. Suis-je en état de recevoir un tel don? S’il me semble que non, que dois-je changer en moi pour recevoir le don de Lui-même que le Seigneur veut me faire. Le verset suivant nous donne une indication précieuse sur les dispositions minimales qui doivent être en moi pour le recevoir.
« 29 Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur. » Le minimum, c’est de « discerner le corps du Seigneur », c’est-à-dire de savoir que ce n’est pas simplement du pain et du vin.
Alors dans nos églises, c’est devenu, par notre culture, extrêmement choquant, que l’on refuse la communion à quelqu’un. Est-ce que tout le monde à droit à tout ? Ce n’est pas une question de droit. Mais si l’Eglise a toujours senti qu’elle devait un peu aider les gens à faire ce discernement, c’est parce qu’il faut quand être à peu près sûr que quand je vais, je crois, je discerne. Le danger est de réduire l’Eucharistie à un moment convivial. Et c’est effectivement extrêmement choquant de sembler exclure quelqu’un de ce moment. Pourtant, selon saint Paul, le vrai danger, c’est que quelqu’un puisse communier sans savoir ce qui s’y passe. Le mot « danger » peut sembler exagéré, mais là, les paroles de saint Paul sont très fortes : « il mange et boit son propre jugement ».
Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas communier souvent. L’Eglise dit qu’il faut communier souvent et même, si c’est possible, tous les jours. Mais cette communion-là implique une volonté de discerner, de se convertir, de faire un bout de chemin plus loin avec le Christ. On ne peut pas y aller comme ça. On ne peut pas y aller avec un schwing gum à la bouche en pensant à autre chose!
3. L’Eucharistie dans l’enseignement johannique
Le quatrième texte que je vous ai donné, c’est le texte bien connu en Jean 6 : le discours sur le pain de vie. Ce chapitre 6 de l’Evangile selon saint Jean est un chapitre extrêmement complexe qui va un peu dans tous les sens. Il commence par la multiplication des pains, puis Jésus marche sur les eaux. À la suite de la multiplication des pains, Jésus a un tel succès que les foules lui courent après. Et ensuite, pendant tout le discours, du pain de vie, Jésus va dire des choses qui, pour les gens de l’époque, sont parfaitement incompréhensibles. Il va dire : « Vous allez manger ma chair ». Vous vous imaginez, si je vous disais, moi, Roland Jaquenoud: « Si vous ne mangez pas ma chair, vous n’aurez pas la vie en vous ». Si vous n’avez aucune référence biblique, vous partez toute suite. Et c’est ce qui se passe. Ce Jésus qui d’une popularité extrême à la suite de la multiplication des pains, se retrouve pratiquement tout seul à la fin du discours sur le pain de vie. Tout le monde est parti, sauf le groupe de base des disciples. Ils n’ont sans doute pas mieux compris que les autres. Comment pourraient-ils comprendre? A ce moment de la vie de Jésus, il n’a pas encore institué l’Eucharistie, la sainte Cène n’a pas encore eu lieu. Mais ils sentent que dans ces paroles mystérieuses, il y a quelque chose : « Tu as les paroles de la vie » (Jn 6,68). Ils ne comprennent pas mais l’important est qu’ils sentent quelque chose.
Regardons ce qui est dit dans ces extraits que j’ai choisis.
De la manne à l’Eucharistie : le présent eucharistique
Le peuple juif des israélites qui écoutent Jésus lui disent : « 31 Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » La manne, dans la tradition de l’Ancien Testament, c’est cette nourriture que le peuple d’Israël reçoit durant sa traversée du désert et qui vient du ciel. Elle devient le symbole du don de Dieu qui donne le pain venu du ciel.
« 32 Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. » Là, il y a une opposition très forte dans le temps des verbes.
« Moïse », celui par qui la manne est arrivée lors de l’exode,
« Vous a donné » : passé. En grec, c’est même un parfait. C’est fini.
« Mon Père vous donne » : présent. Or le présent en grec, ce n’est pas qu’une affaire de temps, c’est une affaire de durée, de processus.
Donc que se passe-t-il avec le pain venu du ciel qui est le corps, la chair du Christ? C’est un don, mais un don qui est entrain de se faire. Et là, on revient dans l’idée de l’Eucharistie comme le don que Jésus fait de son corps et de son sang ici et maintenant. Il ne l’a pas seulement fait une seule fois et depuis lors, on vit de ce souvenir. Il le refait chaque jour, sous l’espèce du pain et du vin. Et là, c’est très fort chez saint Jean. Ce don du pain de vie, il a lieu maintenant. Et il est en processus, il n’est pas fini. Le présent est toujours un temps ouvert.
« 33 Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel » : Présent
« Et qui donne la vie au monde. »
Jésus quand il parle, il est déjà descendu du ciel. On est d’accord! Et d’ailleurs plus loin, il va utiliser le passé pour dire ça. Mais ici, dans cette logique où il nous enseigne que le don qui est fait, dans son corps et son sang, c’est un don qui dure, et qui est toujours en train de se faire, maintenant, il utilise volontairement ce temps qu’on appelle, nous, le présent, et qui est en grec un temps qui implique le processus qui dure et qui n’est pas achevé.
Je m’excuse de faire un peu de grammaire. Je pense que c’est nécessaire! Pas tellement pour la grammaire, mais pour essayer de mieux saisir ce qui se passe dans le don qui est fait du corps et du sang du Christ, dans l’Eucharistie. C’est un don qui n’est pas fini, qui n’est pas achevé, qui dure, qui est constant. C’est un don qui ne s’arrêtera que le jour où il reviendra; c’est-à-dire qu’on n’aura plus besoin de ce don-là parce qu’il sera clairement devant nous : « Nous le verrons tel qu’il est » (1Jn 3,2).
« 34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » 35 Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » Jésus est très clair avec eux ici!
Puis vous avez un long passage qui va parler de la foi. Je l’ai sauté. Vous voyez! On a de nouveau un lien entre foi et Eucharistie.
L’Eucharistie : sacrement de la vie éternelle
Et Jésus revient après ces passages sur la foi.
Jésus leur répondit : « 48 Moi, je suis le pain de la vie. 49 Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; 50 mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. »
« 51 Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : » Cette fois, il parle historiquement.
« Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Oh! Jusque-là, on pouvait prendre un peu spirituellement : « Je suis votre nourriture ». Mais là : « C’est MA Chair » : alors les gens réagissent : « 52 Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? ». Vous voyez? « Ils se querellaient entre eux » : ils sont choqués!
On peut s’imaginer la situation? Ce gars-là, il vous dit : « C’est ma chair qu’il faut manger ». On se dit qu’il y a quelque chose qui ne joue pas. Et au lieu d’essayer d’expliquer, Jésus n’explique rien du tout, il va encore plus loin : « 53 Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. »
Donc, il lie le fait de manger et de boire, c’est-à-dire, de le recevoir, Lui, dans le sacrement, au fait d’avoir les fruits de la résurrection. La vie, on la reçoit de sa résurrection. Voici ce que le sacrement nous donne : c’est par le sacrement de son corps et de son sang que Jésus fait venir jusqu’à nous cette victoire sur la mort, ce don de la vie qu’il nous a mérité, qu’il nous a gagné en ressuscitant.
« 54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » Nous vivons déjà en état de vie éternelle lorsque nous recevons la communion parce que, dans ce pain et ce vin, c’est l’éternité que nous recevons. C’est le Christ ressuscité.
« 55 En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. 56 Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » On a parlé de communion fraternelle. Là, c’est la communion entre Dieu, entre Jésus et celui qui le reçoit. C’est lié. Nous sommes en communion les uns avec les autres parce que nous recevons son Corps, nous sommes unis par Jésus.
« 57 De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
58 Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
Chanoine Roland Jaquenoud

Roland Jaquenoud