Homélies

01.01.2023 / Sainte Marie, Mère de Dieu

Mes sœurs, mes frères,

À l’heure de la Nativité, nous avons fêté Jésus, le Verbe fait chair, Dieu venu prendre notre nature humaine, Dieu fait homme. Dieu, né comme un homme, c’est-à-dire du sein d’une femme qui l’a porté en elle, qui lui a offert le cadeau de la vie, un Dieu qui a eu une mère ; et cette mère était une jeune fille de Nazareth au doux nom de Marie, ce qui veut dire l’aimée. Oui, frères et sœurs, celle qui fut tout aimée de Dieu est devenue sa propre mère ; elle qui était née dans l’ordre de la création voulue par Dieu, a enfanté celui qui l’avait créée. Quel mystère ! Pour que Dieu puisse rassembler toute l’humanité en lui dans l’éternité de son Royaume, il a rejoint la condition des hommes pour pouvoir les emmener avec lui. Dieu qui fut, de toute éternité, et Dieu qui est, dans sa nature humaine, est le Dieu de toujours, celui qui vient auprès de chacun de nous, pour nous apprendre à aimer et à nous laisser aimer ; en cela Marie, l’aimée Mère de Dieu, que Jésus nous a donnée pour mère du haut de la croix, est celle qui nous apprend à suivre Jésus et qui, par son intercession auprès de son Fils, nous enfantera en Lui, tout au long du temps de notre pèlerinage sur cette terre.

C’est cette Mère que l’Église fête en ce premier jour de l’an, commencement d’une année nouvelle. Le choix de cette date n’est pas anodin, car Marie-Mère est au début de tous les commencements de Jésus sur cette terre. Elle l’enfante au monde au soir de Noël, et accompagne sa croissance durant sa vie cachée ; elle l’enfante à nouveau, mais à l’humanité cette fois-ci, au début de sa vie publique lors des noces de Cana, et accompagne son ministère de prédication dans le silence et la méditation en son cœur ; elle l’enfantera finalement à l’éternité, en offrant sa douleur de mère dans l’acceptation du geste de Rédemption de Jésus au Calvaire. Elle devient notre mère et, par là même, Jésus devient notre frère ; elle est ainsi la mère de tous ceux qui ne font qu’un seul corps avec le Christ, elle est Mère de l’Église, dont Jésus est la tête.

Marie, mère des hommes, parce que Mère de Dieu. Voilà toute la mission de Marie qui ne cesse de jouer son rôle maternel, en prenant soin de ceux que Jésus lui a donnés, c’est-à-dire nous tous, l’humanité de tous les temps, depuis ce fameux vendredi saint. Nous ne pouvons l’oublier ou en faire fi, frères et sœurs ! La présence et l’action de Marie dans le plan de Dieu sont centrales ; parce qu’elle est mère, précisément, et que d’elle vient toute la part maternelle dont Dieu veut nous combler. Elle est celle qui nous écoute et qui nous conseille, celle qui nous réjouit et nous console, elle est celle qui donne courage par son courage vécu et sa confiance sereine, elle est celle qui “prie pour nous, pauvres pécheurs”, afin de nous aider à nous convertir grâce à la miséricorde de son Fils, elle est aussi celle qui nous soutient dans l’épreuve et nous protège des attaques du Mauvais. En un mot, elle est le sourire de Dieu ! Oui, frères et sœurs, le sourire de Dieu, un sourire que l’on peut ressentir dans notre relation à Marie, une relation essentielle à notre vie chrétienne, puisque par elle nous pouvons nous approcher de Jésus, par elle nous recevons les grâces qu’il veut bien nous donner. Il est là, le sourire de Dieu, non pas béat devant nos légitimes bonnes actions, mais épanoui devant notre désir de l’aimer et de vivre de son amour, à l’image de Marie. Marie reste l’aimée et donc celle qui peut apprendre à aimer, elle est comme une interface entre nous et Dieu, elle est la médiatrice dans toutes les dimensions de son être de femme et de mère.

En cela elle est Reine de la Paix. Jésus, Prince-de-la-Paix, a couronné reine sa mère dans les cieux. Elle qui a reçu tous les attributs divins et les a comme transmis à l’Enfant-Dieu qui se formait en elle, est ainsi devenue la mère du bel amour, la cause de notre joie, le rempart de notre foi, et surtout mère de miséricorde, mère de l’unité et secours des chrétiens ; et donc, ainsi munie des qualités du Christ, elle est fontaine du salut et porte du ciel. En tout cela, à l’ombre de la paix, qualité maîtresse pour pouvoir mettre en œuvre l’Œuvre de Dieu, Marie nous guide sur notre chemin de vie qui conduit à la porte du paradis. De Reine de la Paix nous couvrant de son manteau, elle nous appelle à être des artisans de paix, en nous consacrant à elle pour, avec elle, apprendre à faire la volonté de Dieu, celle de vivre en état de paix pour pouvoir aimer, car l’amour appelle la paix. C’est donc dans cet esprit que l‘Église fait aussi de ce jour, la journée mondiale de prière pour la paix, afin que, par l’intercession de la Vierge Marie, l’homme apprenne à aimer son frère et puisse vivre dans la paix, sous un ciel serein, à l’abri des bombes, du pouvoir de l’orgueil et de la haine vengeresse.

Aller à la crèche, frères et sœurs, n’est pas l’œuvre d’un jour, mais de chaque jour. Aller puiser au regard divin de Jésus nous enseignant la vérité par sa clarté, savoir recevoir le sourire de Marie traduisant la méditation de son cœur, ou encore apprendre des bergers à glorifier et louer Dieu, c’est vivre Noël tous les jours, et donc se laisser nourrir de cet élan maternel que Marie nous offre en nous montrant son Fils. Alors oui, Marie sera pleinement mère, parce que Mère de tous les hommes et de toutes les femmes, Marie sera la paix en plénitude, parce que l’humanité aura souhaité, appris et décidé de se mettre avec elle à l’école de la Parole d’amour de son Fils venu apporter sur cette terre les prémices du Royaume : bonté, humilité, douceur, joie, vérité, justice et charité. En cela nous serons, au service du Seigneur et, accompagnés par la présence active de Marie, de réels instruments de sa paix, pour nous-mêmes, nos frères les hommes et le monde entier. Oui, “Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime !”

Ainsi soit-il !

Mgr Jean Scarcella