Homélies

25.03.2022 / Solennité de l'Annonciation

Mes sœurs, mes frères, chers amis,

"Depuis plus de 4'000 ans, nous le promettaient les prophètes", chante un cantique bien connu de Noël. Eh bien, avec le jour où l’ange vient annoncer à Marie qu’elle a été choisie par Dieu pour devenir sa mère, le jour, ce grand jour, ce jour fondamental dans l’Histoire du christianisme et jour fondateur de notre salut est arrivé. Les prophètes ont été remplacés par l’ange Gabriel, prénom signifiant ‘Force-de-Dieu’. Oui, aujourd’hui, Dieu manifeste la force de son amour, non plus par des promesses, des soutiens dans l’adversité comme au temps de la marche du peuple Hébreu à travers son Histoire, mais par la substance même de son être, c’est-à-dire l’Amour. La solennité de l’Annonciation du Seigneur est la fête par excellence de l’amour de Dieu pour les hommes de tous les temps. Son programme, celui que nous révèle les Évangiles et qui rend vérace la prophétie d’Isaïe, peut commencer : “Voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel, car Dieu est avec nous”.

C’est alors que l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu à une jeune fille du nom de Marie, prénom signifiant – selon ses origines – ‘bien-aimée’ ou ‘celle qui élève, qui éclaire’. L’Amour créateur venait donc à la rencontre “d’une amour créatrice”, la bien-aimée dont le cœur immaculé, comblé de grâce, va donner à l’humanité le Fils de Dieu, dont l’amour élève et éclaire, justement. L’amour élevé sur la croix, et l’amour inondant de sa lumière de vie le jour de Pâques.

Frères et sœurs, chers amis, cet instant placé au cœur du notre Histoire n’est pas l’œuvre d’un moment, mais porte déjà en lui la force de l’éternité. Voilà pourquoi l’ange salue Marie avec ces mots : “Réjouis-toi” ; formule non pas comprise comme une simple forme de salut, la joie veut être ici celle même de Dieu, et donc porte en elle le germe de l’infini, à l’image de Dieu, de son Amour infini. C’est la même joie qui sera annoncée par les anges au soir de Noël, c’est la même joie qui remplira le cœur des apôtres quand Jésus ressuscité se présentera à eux en leur souhaitant la paix. Le pape Benoît XVI va encore plus loin, j’allais dire va jusqu’au bout de cette réflexion, quand il dit : Dans les discours d’adieu chez Jean apparaît une théologie de la joie qui éclaire, pour ainsi dire, les profondeurs de cette parole : « Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 22).

Donc, dans ces mots initiaux de Dieu pour annoncer la naissance future de son propre Fils, est manifestée en premier la joie, propre manifestation de son amour. Avec le don du Fils, nous recevons, par Marie, le don de la joie, la joie de nous savoir aimés et sauvés. C’est donc une parole de rédemption qui annonce la venue du Rédempteur du monde. Et donc nous pouvons déjà constater la force divine de la présence maternelle de Marie en ce moment de l’Annonciation ; parce qu’en fait, bien que l’ange la visite, ce n’est pas seulement elle qu’il vient voir, mais en elle toute l’humanité appelée à être sauvée par l’enfant qu’elle nous donnera, le Rédempteur du monde. Ainsi au centre de l’événement, nous ne pouvons que contempler Jésus dans sa future incarnation, le Fils qui naîtra chair humaine et prendra la condition des hommes, afin de réaliser le dessein d’amour de Dieu pour nous, celui de nous sauver. L’Annonciation porte en elle, comme en gestation, la Rédemption.

Cependant, à échelle et vision humaine, nous ne pouvons pas nous départir de la présence de Marie, certes ; mais lors de l’Annonciation de la venue du Seigneur, il y a la mère et le fils, il y a la femme dans son humanité et Dieu dans son incarnation. Par volonté du Père le Christ entre dans le monde, et c’est par la foi de Marie qu’il peut y être accueilli, elle qui le “porta avec amour dans son corps immaculé” – comme le dira la préface de cette messe – pour notre joie et le salut du monde !

On peut encore aller un peu plus loin dans notre méditation, en remarquant que si Jésus vient dans ce monde, c’est pour accomplir les promesses que Dieu a faites à son peuple “depuis plus de 4'000 ans”, et porter en son incarnation sa divinité pour, par les sacrements, nous diviniser à notre tour. Nous voyons donc se profiler également à l’horizon l’image de l’Église, épouse du Christ, qui est née de l’incarnation du Fils de Dieu, et à laquelle nous appartenons.

Force d’amour divin et joie de naissance humaine, nous enseignent ainsi les desseins de Dieu pour sa création tout entière, et se traduisent donc par ces mots clés de notre foi : incarnation et rédemption ; deux mots que l’on ne peut pas séparer. Le Lettre aux Hébreux nous le rappelle avec insistance : “Tu m’as formé un corps” – c’est toute l’image du Fils, l’Amour incarné – […] et continue : “Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté”– c’est toute la joie de Dieu, comme exprimée par la voix du Père lors du baptême de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » (Mt 3, 17). Donc déjà au jour de l’Annonciation du Seigneur est présent le désir de Dieu de sanctifier l’humanité, en la rendant pareille à lui-même « par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes”, termine la Lettre aux Hébreux.

Fêter l’Annonciation du Seigneur, frères et sœurs, chers amis, est donc, pour tout homme, pour nous tous chrétiens, d’entendre l’appel du Père à vivre des sacrements de l’Église, pour atteindre à la stature du Christ et recevoir, dans sa résurrection, la propre vie de notre baptême au jour de notre propre résurrection, et parvenir ainsi à la joie éternelle.

Ainsi soit-il !

Mgr Jean Scarcella
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