Homélies

06.02.2022 / 5e Dimanche ordinaire

Frères et sœurs, chers amis,
Alors que nous sommes à l’heure des Jeux Olympiques d’hiver et que les températures sont plutôt bien fraiches, l’Évangile du jour évoque plutôt les vacances d’été. Avec Jésus, nous sommes au bord du lac de Génésareth. Et, depuis une embarcation sur l’eau, Jésus parle aux gens restés sur la berge… Les installations du Festival de Jazz de Montreux de l’année passée n’ont rien d’inédit ! Il faut dire que la foule se pressait autour de lui pour l’entendre. Mais qu’ont-ils vraiment entendu ? N’y avait-il pas le bruit des clapotis de l’eau et le murmure inévitable de la foule… Mais ces gens étaient près de Jésus, ils ont compris le sens de son enseignement… que l’évangéliste ne rapporte pas ici.
Je pense souvent à cette situation. J’aurais tant aimé pouvoir être de ceux qui écoutaient en direct Jésus au bord du lac.
Heureusement, les évangélistes nous ont rapporté ses paroles. Saint Paul nous le dit avec force dans la deuxième lecture. La bonne Nouvelle, les apôtres nous l’ont enseignée ; et l’Évangile, nous l’avons reçu. Mais qu’en faisons-nous donc ? Pouvons-nous en faire quelque chose ?
Saint Pierre lui-même doutait de ses capacités, lui qui ne voulait pas jeter les filets… Et nous connaissons le résultat de son action missionnaire extraordinaire.
Certes, c’était un pécheur — il a pu renier Jésus jusqu’au moment de sa passion. Mais le Seigneur l’avait choisi et envoyé.
Nous tous, frères et sœurs, chacun à sa mesure et à sa manière, nous sommes appelés et choisis par le Seigneur pour être ses témoins. Pas seulement les prêtres et les religieux – religieuses, mais tous les baptisés.
Les trois lectures de ce jour nous montrent des hommes pécheurs, qui se croyaient incapables, et qui ont été appelés à de grandes missions.
Isaïe et Pierre, dans la première lecture et l’Évangile, se sentent indignes de la tâche qui leur est confiée. Isaïe s’écrie : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures ». Une fois purifié par l’ange, il accepte sa mission. Pierre crie à Jésus : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car suis un homme pécheur ». Et pourtant, l’Évangile de ce jour se termine par ces mots : « Laissant tout, ils le suivirent ».
Saint Paul, dans la deuxième lecture, se considère comme le plus petit des apôtres, se qualifiant d’avorton ! Il affirme que sa mission, il la doit à la grâce de Dieu, et non à ses mérites.
Oui, chers amis, je nous invite aujourd’hui à prendre un peu de temps pour nous mettre à l’écart, comme les disciples au bord du lac, pour réfléchir à notre manière d’être apôtres au cœur de notre monde.
Vous direz qu’Isaïe a eu la chance d’avoir une vision grandiose : le Seigneur siégeant sur un trône céleste et entouré d’anges le louant au milieu de la fumée de l’encens. Notre vie à nous pourra paraître peut-être bien plus prosaïque, simple et banale. Cependant, c’est le Seigneur de l’univers qui s’adresse à nous dans le secret de notre cœur. Quel appel, quelle vocation grandiose !
Les lectures de ce jour nous invitent à ouvrir les yeux sur le monde et à ne pas nous résigner sur les situations que nous vivons et que nous pouvons trouver bien banales.
Chacun est appelé à être actif, apôtre, missionnaire, à changer le peu de chose qu’il peut changer. Et la première chose qu’il peut changer, c’est sa vie, sa manière d’être.
Nous avons tous en tête l’exemple de grands personnages dont l’action est, ou a été, retentissante. Mais n’oublions pas que nous pouvons nous aussi changer le monde en refusant de nous résigner à la pauvreté de ce que nous vivons, et en nous laissant interpeller par la Parole de Dieu. Puissions-nous, comme Isaïe, tout simplement dire : « Me voici, envoie-moi ! »
Avec Jésus, nous ne devons rien craindre et nous sommes assurés de la réussite de notre mission si nous mettons notre confiance en lui. Ce ne sera peut-être pas une pêche miraculeuse avec des barques débordant de poissons, ce ne sera peut-être pas spectaculaire, mais nous aurons fait ce que le Seigneur attend de nous.
Cependant lorsque l’on regarde le monde qui nous entoure, il semble que bien peu de gens paraissent avoir entendu l’appel de Dieu. — Que nous aimerions que nos églises soient pleines de gens enthousiastes et que nos séminaires et noviciats soient remplis de jeunes… — Pourtant Dieu est à l’œuvre en cet âge, ne doutons pas du jour qui vient. Il suffit de nous mettre tout simplement en route.
L’Église de Suisse nous invite à juste titre en ce dimanche à ouvrir les yeux et à répondre à l’appel de Dieu : « Me voici, envoie-moi ! » Envoie-moi… mais où ? peut-être dans un ou l’autre des nombreux mouvements d’Église qui œuvrent chacun à sa manière au service du Peuple de Dieu. Ce dimanche de l’apostolat des laïcs rappelle que tous, nous avons reçu une mission, et que nous n’avons rien à craindre à la remplir, chacun à sa manière.
N'attendons pas pour nous mettre en route, ces temps sont les derniers, et le Seigneur marche près de nous dans le quotidien de notre existence.

chanoine Olivier Roduit
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