Homélies

25.12.2021 / Noël - Messe du Jour

Mes sœurs, mes frères,
« Tous les lointains de la terre ont vu le salut de Dieu », nous dit ce matin le prophète Isaïe. Cette phrase apparemment lapidaire, et en même temps péremptoire dans son affirmation, sur quoi repose-t-elle ? Sur quelque chose qui pourrait sembler être un simple concept, celui de salut. Est-ce suffisant pour apparaître comme ce qui devrait être un fondement de la pensée ? Pour parvenir à circonscrire en profondeur cette allégation, il faut joindre ce mot de ‘salut’ à ce qui le précède et le suit : les lointains de la terre et Dieu, les humains et Dieu ; cela induit donc que ce salut n’est plus un simple concept, mais quelqu’un, une entité qui est à la fois en rapport avec les hommes, et est de Dieu, vient de lui.
Pour essayer d’insister sur l’identité de ce salut, voyons à quel moment de l’histoire se place cette assertion. Les lointains de la terre ont vu le salut de Dieu, ce qui veut dire qu’à partir de ce moment ce salut reste présent à leur vie, à leur esprit. À une certaine époque, ils l’ont vu. C’était à l’heure où le messager aux pas légers était venu l’annoncer comme étant celui qui apporte également la paix et la bonne nouvelle. Celui qui « vient dire à Sion : “Il règne ton Dieu !” ». Ce salut de Dieu, ne serait-il pas alors Dieu lui-même ?
Des décennies plus tard, pourra-t-on dire de nous, que nous aussi avons vu le salut de Dieu ? Certainement, mais sans pour autant que nous l’ayons réellement vu ! Et ce sera la même chose ensuite pour nos fils et nos filles. C’est donc là que nous entrons dans le mystère que nous vivons maintenant, nous qui sommes de ces lointains de la terre d’aujourd’hui appelés à voir le salut de Dieu.
Le messager a tout d’abord signalé « celui qui annonce la paix ». Voilà bien quelque chose qui nous frappe tant cela nous parle aujourd’hui où notre monde a tant besoin de paix. Être celui qui annonce la paix, c’est peut-être être celui qui lui-même est la paix. Certainement, d’ailleurs le même prophète Isaïe dans l’Évangile de cette nuit parlait du « Prince-de-la-Paix ». La paix n’est pas quelque chose qui s’applique sur un mal comme un onguent, la paix est quelqu’un qui habite l’être intime de l’homme. Celui qui annonce la paix est celui qui vient pour habiter le cœur de l’homme.
Ensuite le messager annonce celui « qui porte la bonne nouvelle ». Voilà encore une déclaration qui rassure, car on aime les bonnes nouvelles, elles nous aident à vivre ! Mais ici celui qui vient n’apporte pas la bonne nouvelle dans un sac, il la ‘porte’ : à bout de bras comme pour nous l’offrir ? Non, je pense plutôt qu’il la porte en lui-même. Celui qui apporte la bonne nouvelle est celui qui la détient et en cela se découvre Verbe de Dieu.
Enfin le messager « annonce le salut ». Nous avons essayé de comprendre qu’il s’agissait de Dieu, qu’il est ce Fils qui « nous a été donné », selon la prophétie d’Isaïe entendue cette nuit, comme la traduction qu’en a fait saint Luc dans la bouche des anges annonçant aux bergers : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ». Celui qui annonce le salut est le Sauveur, celui qui prend corps dans notre foi.
Ainsi, frères et sœurs, pour nous qui faisons partie de ces ‘lointains de la terre’, dispersés que nous sommes en ses quatre coins, la fête d’aujourd’hui, celle de la naissance du Fils de Dieu, est l’objet premier de notre foi. Entendre parler de la nativité, en voir une image, en contempler un tableau de maître, peut nous permettre de déchiffrer un événement de l’histoire, mais un parmi tant d’autres. Seulement demandons-nous fermement : est-ce que moi, je me suis rendu dans l’étable de Bethléem ? Est-ce que j’ai vu de mes yeux l’Enfant Jésus ? Est-ce que je l’ai rencontré réellement de toute mon âme ? … Oui, frères et sœurs, demandons-nous cela avec beaucoup de sérieux, car c’est à ce niveau que se mesure notre foi. La foi n’est pas simplement un fait d’approuver quelque chose que nous voyons ou dont nous entendons parler, mais d’adhérer pleinement de tout son cœur et de tout son esprit au mystère du Christ, le Fils de Dieu, Verbe éternel, venu pour nous apporter le salut, lui, notre Sauveur.
Voilà pourquoi, frères et sœurs, nous affirmons que c’est en croyant à l’incarnation du Verbe de Dieu que nous pourrons voir le salut. Le salut est l’objet premier de notre foi, je le disais et le répète, notre foi s’appuie sur cet événement fondateur du christianisme, elle le révèle à nos vies par notre rencontre avec le Christ. Qui a rencontré le Christ a vu Jésus, et qui a cru en lui a vu le salut.
« Et le Verbe s’est fait chair », réalité non pas comprise comme si elle était une distraction de la part de Dieu voulant partager la vie des hommes, mais comme un besoin intrinsèque à son être et à son œuvre de création, c’est-à-dire venir sauver les hommes, les envelopper de la chair même de Jésus qui, pour cela, s’est fait connaître Pain vivant venu du ciel pour que nous ayons la Vie : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde » (Jn 6, 51). La vie du monde, voilà ce qu’est le salut, la vie qui ne finira pas, la vie même de Dieu dont nous seront comblés au jour de notre propre salut. Le processus à analyser peut alors nous apparaître simple : « Au commencement était le Verbe », la Parole créatrice de la Genèse ; « et le Verbe était auprès de Dieu », la Noël de Bethléem, Dieu parmi nous ; « et le Verbe était Dieu », lui qui nous conduit tout droit à la vie éternelle.
Voilà pourquoi, frères et sœurs, notre foi doit porter non seulement sur l’écoute de la Parole, mais consiste en sa réception et en son intégration totale à nos vies. L’auteur de la Lettre aux Hébreux nous le confirme quand il dit que « Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, – les nôtres aussi d’aujourd’hui – il nous a parlé par son Fils, […] le Fils qui porte l’univers par sa parole puissante » : sa parole puissante, cette parole à qui notre foi doit donner corps au travers de nos vies chrétiennes, cette parole qui porte la paix de Jésus jusqu’au tréfonds des cœurs, cette parole qui nous montre le chemin du salut. C’est bien cela que le psaume de notre liturgie veut magnifier par ces mots : « La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu – tous les lointains de la terre ont vu le salut de Dieu… – […] Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez jouez ! […] Acclamez votre roi, le Seigneur !

Ainsi soit-il !

Mgr Jean Scarcella
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