Homélies

17.10.2021 / 29e dimanche ordinaire

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Mes sœurs, mes frères,

Dans la vie de tous les jours, sur la rue, dans les lieux de travail, au cœur du marché hebdomadaire ou même dans les escaliers, on croise beaucoup de personnes, on se croise beaucoup, mais on ne se rencontre pas toujours, voire peu… On se salue, on peut échanger quelques mots, et, c’est vrai, aussi se tailler une bavette, mais se rencontre-t-on vraiment ? Pourquoi la rencontre vraie est-elle difficile, et les relations souvent courtes, du style : « bonjour, ça va ? » faciles, mais décevantes quand même ? C’est que la relation longue, on va dire, est plus risquée : il faut s’exposer à l’autre, le laisser entrer dans notre vie. Cela peut modifier nos habitudes, voire même nous déranger, parfois pour longtemps … Risquer la rencontre, c’est accepter de se laisser déposséder, de souffrir, peut-être de mourir… Mais ce bouleversement peut être comme une nouvelle naissance, une ouverture nouvelle au monde, aux autres, à Dieu, et donc peut-être une chance !
Nous vivons, aujourd’hui, dans le monde entier, au niveau de l’universalité de l’Église catholique, l’ouverture officielle du Synode des évêques qui va durer jusqu’en 2023. Le Pape François désire que le monde catholique, et pas seulement lui, entre en contact avec lui-même, que les chrétiens se rencontrent et entre eux, rencontrent aussi tous les hommes de bonne volonté, et ne fassent pas que se croiser. Il souhaite que chaque chrétien ainsi rencontre vraiment le Christ. C’est pourquoi il lance, avec une audace incroyable, ce synode qui va donner la parole à tous ceux qui veulent la prendre, et l’opportunité en sera faite. Ainsi dans chaque paroisse, dans chaque Église locale, dans chaque lieu de vie, chacun pourra donner son avis grâce à un questionnaire qui sera distribué les jours qui viennent, et qui, une fois rempli, sera ensuite utilisé pour une grande synthèse mondiale finale ; je vous passe les détails techniques de l’entre deux !
Le slogan du Synode est fait de trois mots : “Communion – Participation – Mission” ; déjà à eux trois ils disent tout le programme qui habite le cœur du Saint Père et de tous ceux qui veulent marcher avec lui dans cette grande mise en route de l’Église non seulement vers elle-même, au plus profond d’elle-même, mais vers elle dans et à travers le monde, jusqu’au cœur des périphéries. Pour que l’Église soit pleinement Elle-même, totalement Corps du Christ, complètement Lieu de l’accomplissement de notre salut, il faut que ceux qui la composent soient en relation les uns avec les autres, et avec Dieu, dans une rencontre personnelle avec Jésus.
L’Évangile de ce jour pourra nous aider à aller plus au fond de notre réalité Église, une Église synodale, c’est-à-dire appelée à se construire dans un esprit de collégialité où chacun peut apporter sa pierre. En effet, l’avis et la collaboration de tous participent au bien de l’Église. Comme le souligne le Pape François, la synodalité est « le chemin que Dieu attend de l’Église au troisième millénaire ».
Oui, nous voulons vivre ensemble, être ensemble peuple rassemblé par le Seigneur, mais pour entrer en relation il faut le demander à Dieu. Mais demander quoi, et comment ? Faut-il rencontrer le Seigneur en cédant à la tentation du pouvoir, celle qui a touché les fils de Zébédée ? Non, bien sûr. Ce qui est arrivé à Jacques et à Jean nous prouve précisément que la tentation du pouvoir ne disparaît pas dès l’instant où l’on devient disciple. Jésus leur donne une double réponse : d’une part boire la coupe, ce qui, dans la langue biblique, signifie pour un homme de connaître les épreuves suprêmes de la souffrance et de la mort, parfois mêlées d’un abandon apparent de Dieu ; d’autre part être plongé dans le baptême, ce qui est connaître la suprême angoisse des eaux de la mort. Les deux disciples sont prêts à payer le prix fort et de fait le subiront. Pour nous extraire de toute tentation de pouvoir il faut rechercher la communion. C’est le premier mot du slogan de notre synode. Parce que l’Église est d’abord Communion, c’est-à-dire rassemblement, union et fraternité de ses membres.
Quant aux places d’honneur, Jésus lui-même s’en remet à son Père qui « a tout préparé ». Vivre en communion de disciples sera donc, comme Jésus, de renoncer à toute récompense et marcher à sa suite. Le royaume que Jésus proclame est à l’opposé des empires où les chefs commandent et imposent leur pouvoir. Parmi les disciples et les responsables de la communauté, il ne doit pas en être ainsi. Ce qui convient c’est de suivre l’exemple de Jésus qui s’est fait serviteur. Dans le royaume les derniers sont les premiers, c’est-à-dire les pauvres, les opprimés, les méprisés à qui Jésus a toujours accordé la préférence ; et notre Pape ne cesse de nous le rappeler. Jésus est donc pour nous l’exemple type de la rencontre ; il est venu parmi nous, il a pris ce risque de venir parmi nous, « mais – souvenez-vous du prologue de Jean – les siens ne l’ont pas reçu ». Le Seigneur a été « broyé par la souffrance ». Cependant, c’est le chemin de Jésus, le Serviteur qui « accomplira la volonté du Seigneur et justifiera les multitudes ». Ce chemin, vous l’avez compris frères et sœurs, n’est pas celui du pouvoir mais du service : « Jésus n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ». Nous sommes donc appelés à vivre de ce modèle par notre participation à l’exemple de Jésus, le serviteur ; c’est-à-dire devenir nous-mêmes serviteurs de nos frères et sœurs en humanité. Et si participation est le deuxième mot du slogan de notre synode, ce n’est pas un hasard : participer c’est être avec, être au milieu, vivre le même idéal, et cet idéal est celui du service. Servir nos frères et sœurs, c’est servir Dieu ; servir Dieu c’est servir l’Église ; servir l’Église c’est servir le monde.
Oui, Jésus s’est fait tout à tous, en Lui et par Lui c’est Dieu que l’on rencontre. Et demandons-nous alors comment le rencontrer d’abord, sinon par la prière. La prière est certainement le premier vecteur de toutes nos rencontres, car ainsi elles passeront par Jésus qui est venu pour faire de nous son Corps, pour nous mettre ensemble. Et c’est vers cette réflexion que s’engage notre synode. La prière qui est ce lieu de conversion, où nous apprenons à passer de nos désirs spontanément centrés sur nous, au désir de Dieu sur nous ! Allons-y, Dieu voit grand pour l’homme et il écoute toujours nos demandes, car à travers la matérialité étroite, les maladresses de nos demandes, il entend et exauce l’infini de notre désir de bonheur, l’ouvre sur un avenir plus large, sur un projet d’amour plus vaste.
Notre prière se fait en Église et avec l’Église, et le chemin de l’Église devient alors un chemin de rencontre, rencontre de l’homme avec son Dieu, rencontre de l’homme avec son frère, ici, ailleurs et partout. Le premier service que l’Église peut rendre à tout homme et à l’humanité entière, son universalité, est justement « l’évangélisation missionnaire », « car elle le dispose à s’épanouir comme fils et filles de Dieu, le libère des injustices et encourage son développement intégral ». Ces mots viennent du document de Puebla, qui continue en disant : « ce service est source de “l’attention préférentielle” pour les pauvres, qui sont les premiers destinataires de la mission, leur évangélisation étant par excellence un signe et une preuve de la mission de Jésus ». Le troisième mot du slogan de notre synode, mission, a donc ici toute sa place. Oui, l’Église se veut missionnaire en allant à la rencontre de tous ses membres, de tous ceux qui la font, de toutes les pierres, absolument toutes, qui la construisent ; d’où ce désir de notre Pape d’aller “sonder” les cœurs de tous les confins de la terre !
Ainsi on comprendra que la rencontre doit se faire dialogue avec l’autre qui est différent par la couleur, la culture, la religion. Ce dialogue qui n’est pas une stratégie de conquête mais un profond respect envers tout ce que l’Esprit a opéré en tout homme. La rencontre permet de découvrir les signes de la présence du Christ et de l’action de l’Esprit. Voilà ce que sera le cœur de nos réflexions synodales.
Le synode qui s’ouvre aujourd’hui, frères et sœurs, se veut une immense rencontre entre les peuples et dans l’entier de l‘Église universelle. Dieu ne veut pas faire sans nous ce qu’il a décidé de faire avec nous. Ainsi dans nos réflexions, nos échanges et nos réponses aux questions que le Synode nous pose, cherchons donc à vivre la communion, c’est-à-dire la rencontre dans la fraternité ; expérimentons la participation, qui est rencontre dans le service, et lançons-nous cœurs et bras ouverts dans la mission, la rencontre par la prière, l’échange et le partage. Ainsi nous ne pourrons pas demander à Dieu plus que ce qu’il nous a déjà donné dans Jésus Christ, car c’est lui et lui seul qui sera de toutes les rencontres de notre synode. Et faisons-le dans une totale confiance, nous souvenant de cette phrase de Bernanos : « Nous demandons à Dieu ce qui nous plaît. Et Dieu nous donne ce qui nous convient. Et ça fait parfois une grande différence. » Toute la différence, frères et sœurs, parce que ce Synode que nous allons mener, c’est celui de Dieu.

Ainsi soit-il !

Mgr Jean Scarcella
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