Homélies

13.05.2021 / Ascension

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Il y a, me semble-t-il, deux manières d’appréhender le mystère de l’Ascension du Christ Jésus. Une première, facilement abordable, attachée à une réalité terrestre et simplement empirique, que nous présentent saint Luc dans les Actes des Apôtres et saint Marc dans son Évangile, à savoir que « Le Seigneur Jésus, […] fut enlevé au ciel », et que même, « une nuée vint le soustraire aux yeux des apôtres ». Ces témoignages attestent d’une réalité plus qu’évidente : Jésus, dans son corps d’humain, quitte ce monde et s’élève jusqu’à disparaître dans les cieux. En aucun cas notre foi nous permettra de mettre cet événement en doute, d’autant plus qu’il va nous aider à entrer dans le mystère de cette montée dans le ciel.
Là aussi, au-delà de la notion de voûte céleste ou de bleu azur, le ciel veut signifier non seulement la demeure de Dieu – sachant, encore une fois, qu’on ne peut en transcrire l’image –, mais mieux que ça, c’est-à-dire Dieu lui-même. Là où se trouve Dieu, là est son Royaume ; ainsi saint Marc prend-il soin de noter que le Seigneur Jésus, une fois “enlevé au ciel”, « s’assit à la droite de Dieu ». En un mot : Jésus avait rejoint son Père.
Et c’est là, frères et sœurs, que le mystère de l’Ascension prend toute sa force, car si Jésus rejoint son Père, c’est bien qu’un jour il l’avait quitté. Et ce jour, vous l’avez deviné, est celui de sa propre Nativité. Jésus, issu de la volonté tout aimante du Père, est venu sur terre en naissant à sa vie d’homme du sein de la Vierge Marie.
Nous nous trouvons donc là, à nouveau, dans un mouvement de descente et de montée, si présent dans toute la vie de l’Écriture sainte, le propre de notre prière et de nos actions de grâce. Dès lors pourquoi ne pas contempler dans le mystère de l’Ascension de Jésus une raison de son incarnation ? Nous le savons, Jésus est la Parole de Dieu apportée au cœur de l’humanité entière. Le début du livre des Actes des Apôtres, que nous écoutions à l’instant, est clair à ce propos quand saint Luc, s’adressant à son disciple Timothée (entre parenthèses, nom qui signifie “qui aime Dieu” !) lui dit par ces mots : « J’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux apôtres qu’il avait choisis ». Faisant allusion ici à son Évangile, saint Luc, celui-là même qui nous relate la naissance et l’enfance de Jésus, nous ramène à ce mouvement de descente sur terre de Dieu, en son Fils Jésus.
Donc, frères et sœurs, impossible de contempler le mystère de l’Ascension sans lui adjoindre celui de la Nativité. Ce n’est ni quelque chose qui met fin à un début - l’Ascension, ni n’est un début qui se termine - la Nativité, car, en effet, est manifestée entre les deux la Résurrection du Christ qui extrait du temps ces réalités pour les inscrire dans l’éternité ; c’est donc un double mouvement qui doit donner à l’homme croyant de vivre dans la demeure du ciel de Dieu, établie ici dans celle de son Fils sur terre, et qui deviendra dès lors son Église.
Aux mouvements descendant et ascendant nous pourrions ajouter les notions d’initiation et d’achèvement, ceci dans le cadre de notre méditation de ce jour. Donc, ni commencement ni accomplissement, mais plutôt révélation de l’éternité. Oui, ce que Jésus a fait et enseigné, ce qu’il nous a laissé dans le baptême et par l’Esprit, n’est pas un don simplement pour aujourd’hui, et qui serait alors placé dans l’ordre du fini, mais bien un don pour toujours, qui non seulement nous prépare à l’infini, mais déjà le réalise.
Jésus nous avait annoncé la Promesse du Père : le baptême dans l’Esprit Saint. Cet Esprit également descend sur nous, afin de nous investir de la vie même de Dieu et faire de la terre le lieu de la présence du Royaume de Dieu, son Église. L’Esprit nous pousse, nous exhorte par la Parole de Jésus et nous aide à œuvrer à la réalisation du Royaume de Dieu ici-bas, avec l’Emmanuel – Dieu-avec-nous – pour, avec lui, le Christ retourné au Père, en vivre l’exaltation totale.
Par son Ascension vers le Père, frères et sœurs, Jésus confirme l’aboutissement de son œuvre sur terre remise entre les mains de son Église et à laquelle il nous a appris à travailler pour l’édification du Royaume de Dieu ; alors sera restaurée, au Jour de Dieu, toute cette œuvre de vie, parce que la mort, vaincue par la Résurrection du Christ, comme notre péché brûlé par son amour, nous permettront de retrouver l’homme Jésus, présent au ciel dans son corps d’homme, nous conduisant, nous les hommes et les femmes ressuscités avec nos corps humains, auprès du Père. Et pour y parvenir, frères et sœurs, il aura fallu faire de notre vie une œuvre de témoignage par la force de l’Esprit. Quand saint Luc, tout à l’heure, faisait allusion à la Pentecôte qui allait arriver, il rappelait à Théophile : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins ». Mon Église… nous, frères et sœurs !
Ainsi Jésus, descendu du ciel, est venu nous apprendre à vivre de la Parole créatrice de son Père, et, par son Ascension nous atteste que nous avons tout reçu pour poursuivre son œuvre « à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre », ainsi que renchérissait à l’instant saint Luc. Oui, à cette œuvre d’amour et d’unité, nous, Église du Christ et peuple de Dieu, devons y participer activement là où nous vivons et l’annoncer pour qu’elle atteigne le monde entier. Jésus n’est pas monté au ciel en nous abandonnant seuls, car il reste néanmoins avec nous, son Église, en nous laissant ce signe que saint Paul exprime ainsi dans sa Lettre aux Éphésiens : « Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers ». Pour remplir l’univers… notre devoir de chrétiens, l’œuvre du Christ continuée en son Église !
Ça y est, frères et sœurs, nous sommes là au cœur de cet extraordinaire mystère de l’Ascension qui nous touche de si près : Jésus, ayant fait son œuvre, et nous l’ayant confiée, s’est retiré auprès de son Père d’où il était venu, pour que nous remplissions la terre de son amour, comme il nous l’a appris, demandé et commandé ; c’est notre vocation de chrétiens de le faire, mais attention, comme Jésus, avec pacifisme et sans armée, dans “l’humilité, la douceur et la patience, nous supportant les uns les autres avec amour”, et en « ayant soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix », selon les mots de saint Paul.
Voilà ce que nous lègue Jésus dans son Ascension, « jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude » ; et si saint Paul a mis une majuscule à ”Homme”, c’est pour dire que les fils des hommes se retrouvent en Lui, le Fils de l’Homme. L’Ascension prépare donc l’Église de la terre à devenir l’Église du ciel !

Mgr Jean Scarcella
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