Homélies

02.05.2021 / 5e dimanche de Pâques

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Chers frères et sœurs, en ce temps pascal nous avons tous en tête l’envoi en mission du Christ ressuscité, disant à ses disciples :

19 Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
20 apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 19-20).

De tout temps, l’Eglise tente d’être fidèle à cet appel. Pour ce faire, on organise des actions, on tente d’élaborer des plans pastoraux, on imagine mille choses pour toucher le plus grand monde possible. Quand cela « marche » on se sent béni du Seigneur, accompagné de sa grâce, plein de joie. Et quand cela ne marche pas, alors … on va chercher les raisons : nous ne savons plus parler un langage qui touche, nos liturgies ne sont pas assez ceci ou trop cela, ne faisons trop ceci et pas assez cela, etc. etc.

Et derrière tout cela, il y a les fameux « fruits ». Ces gens-là sont bien, ils sauvent l’Eglise. On le voit à leurs fruits. Ceux-là, par contre : des dépassés, des has been … Et puis il peut arriver que ceux qui ont porté tant de fruit reconnus, tout à coup, sont dévoilés comme de simples être humains, avec leurs qualités certes, mais aussi leurs défauts, leurs blessures, leurs incohérences, et on ne sait plus que faire de cela.

Aujourd’hui, c’est bien de fruits que parle Jésus dans l’Evangile selon s. Jean (15, 1-8), mais il me semble que bien écouter ce qu’il dit pourrait nous aider à recentrer les choses. Il commence par une affirmation forte :

01 Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
02 Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.

Deux choses sont dites ici :

1- La nécessité absolue de porter du fruit : Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève

2- La nécessité pour le sarment qui porte du fruit d’être encore taillé et purifié par le Père : tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.

On a peut-être trop vite porté aux nues des sarments certes fructueux, mais qui comme tout sarment avaient besoin d’être émondés, taillés, purifiés, pour continuer à porter du fruit.

Mais revenons à la nécessité absolue de porter du fruit, que Jésus affirme dans notre évangile. Comment s’y prendre ?

Jésus ne parle ni de plan pastoral, ni d’événements à organiser. Il parle de demeurer en Lui.

4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

05 Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.

Ainsi, pour porter du fruit, il faut demeurer en lui. Là où nous parlions « action », Jésus parle d’abord de communion avec lui, d’union à lui. Une petite étude du mot « fruit » dans les évangiles nous montrerait que Jésus, lorsqu’il parle de fruit, parle toujours de la manifestation d’une conversion intérieure, d’une purification intérieure, d’où est issue notre présence au monde, notre agir. Et le texte final, absolu, se trouve en Galate 5, 22-23 :

Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi

Le fruit que Jésus nous demande de porter, c’est l’amour, la charité, et toutes ses déclinaisons possibles. Aujourd’hui, il nous enseigne que ce fruit s’obtient dans l’union à Lui, Amour parfait, absolu, total.

Serait-ce donc qu’il suffirait de prier pour porter du fruit. Non bien sûr. La foi sans les œuvres est morte, nous dit saint Jacques. Une fois morte, une foi sans œuvre, c’est une foi sans amour concret, sans exercice concret de la charité. Le passage de la première Épitre de saint Jean (1 Jn 3, 18-24) lu tout à l’heure est clair :

18 Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité.
19 Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité.

Les fruits sont bien une manière de vérifier notre union à Dieu, la cohérence de notre vie spirituelle. Mais ces fruits ne sont pas d’abord des plans et des projets : c’est un amour « en acte et en vérité », un amour véritable du prochain qui se traduit par des actes concrets. De cet amour, et de lui seul, naîtront les plans d’action. Tout plan d’action qui naîtrait d’une autre source ne serait que propagande, idéologie.

On n’a pas à faire de la propagande pour Dieu et son Eglise ; ce que l’on doit « faire », c’est aimer mieux, de manière toujours plus concrète, toujours plus actuelle.

Cela passe par un émondage constant de notre vie, de notre action, de notre amour, une taille effectuée par notre vigneron de Père. Cet émondage est parfois douloureux, mais laissons nous faire par lui, cela en vaut la peine : le récit des actes des apôtres, que nous avons lu tout à l’heure, nous parle de l’incroyable conversion de Saul – Saint Paul, le persécuteur devenu apôtre. C’est tellement invraisemblable, à l’époque dont parle notre texte des Actes, que personne n’y croit. Et pourtant la suite de la vie de Saul – Paul montrera que c’est vrai. Laissons le Père nous tailler, laissons le nous désarçonner, comme il l’a fait pour l’Apôtre des nations : cela en vaut la peine.

Roland Jaquenoud
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