Homélies

25.04.2021 / 4e dimanche de Pâques

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La représentation du Bon Pasteur dépasse de loin l’image d’Épinal que souvent nous nous en faisons. Certainement Jésus portera une brebis sur son cou, certainement, accroupi, il en caressera une autre, certainement, avec douce autorité, il fera entendre sa voix… et les brebis le reconnaîtront. Certes, tout cela est juste. Mais ces attitudes de Jésus induisent non seulement des sentiments profonds, mais aussi des vérités sur lui et sur le plan de Dieu pour l’humanité.
Quand ”Pierre, rempli de l’Esprit Saint”, harangua les chefs du peuple et les anciens, c’est avec une réelle véhémence qu’il leur annonçait une guérison, venant non de lui, mais de Jésus dont il avait évoqué le nom : « C’est par le nom de Jésus le Nazaréen, […] que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant ». Ce Jésus que ces mêmes gens avaient crucifié et que ”Dieu a ressuscité d’entre les morts”, c’est en lui que se trouve pour tous les hommes le salut, « car, sous le ciel – dit encore saint Pierre – aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver ». D’ailleurs l’ange avait dévoilé à la Vierge Marie le nom qu’elle devait donner à son enfant à naître : Jésus – Ieshoua en hébreu, c’est-à-dire ”Dieu sauve”. Dieu sauve… par Jésus, envoyé sur cette terre pour rassembler le troupeau, afin que par lui Dieu sauve tous les hommes.
Frères et sœurs, nous tous avons reçu un nom, dont la signification n’a peut-être pas la force de celle du nom ‘Jésus ‘, mais, pour nous, les brebis, c’est peut-être de moindre importance. Ce qui importe pour nous c’est le fait d’avoir reçu un nom à notre baptême, un nom que Dieu nous a donné, un nom unique pour lui, un nom qu’il a gravé sur les paumes de ses mains (Is, 49,16) ; enfin, un nom par lequel Dieu peut nous appeler, par Jésus et en lui : « Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis – sous-entendu : ”par leur nom” – et mes brebis me connaissent – par mon nom, ajouterons-nous sans réserve, [… et] elles écouteront ma voix ». Ne serait-ce pas vouloir dire, de la part de Jésus : elles entendront par ma voix le Père qui les appelle ?
Frères et sœurs, le Seigneur nous appelle et nous devons entendre ses appels. Ils ne sont pas de l’ordre de l’appel tangible en claire audience, mais un appel silencieux qui ne s’impose pas, ne souhaitant pas contraindre notre liberté ; cet appel est celui de l’amour ! Tous ceux qui, ce matin parmi nous s’aiment ou aiment, ne me contrediront pas, n’est-ce pas ? Dieu, en susurrant notre nom du bout de son cœur, nous sort des torpeurs et des bruits de ce monde pour nous préparer à une écoute profonde de sa Parole qui, selon comment elle touche les cœurs, peut être une manière d’appel. Et qui l’aura entendu, reconnaîtra la voix du Seigneur et le rejoindra. Certes de différentes manières, mais toujours dans l’enclos de nos libertés.
Ainsi fait le Seigneur pour appeler des femmes et des hommes à sa suite pour le service spécifique de son Église, dans la vie religieuse ou sacerdotale. Il prononce le nom de celui ou celle qu’il a choisi – comme il l’a fait pour la Vierge Marie – de la pointe de son cœur, là où se développe un amour irrésistible.
N’oublions pas que nous sommes enfants de ce Dieu. Ce n’est pas rien… nous sommes enfants de Dieu ! Et nous pouvons apprécier la force de son amour quand nous nous laissons aimer par nos parents. Nous voyons bien que cet amour est une composante inconditionnelle pour nos vies, nécessaire et vitale ; pourquoi ? – parce que, quel que soit le canal par lequel il passe, pour nous chrétiens, cet amour n’est autre que celui de Dieu. Saint Jean, que nous venons d’entendre, est très clair là-dessus : « Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes ». Oui, frères et sœurs, nous le sommes et c’est en vertu de cela que nous sommes tous frères et sœurs, issus du même amour et appelés au même amour.
Appelés à l’amour, ça veut dire quoi ? Bien s’aimer les uns les autres ? être sympas et attentionnés ? prêts à faire plaisir ? Peut-être que oui, certainement ! Mais si je me place dans le plan de Dieu, aimer c’est imiter Dieu, c’est, à la suite de Jésus et en ayant pris son relais, donner corps à l’amour de Dieu. Et nous savons que l’amour c’est Dieu lui-même, et que c’est dans notre manière de l’exercer que nos vies le réalisent : c’est Dieu lui-même que nous apportons au monde. Et cela, chacun selon sa vocation, comme on dit ! Mais sa vocation, son appel, à quoi ? Sa vocation à l’amour : « Dans le cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’amour », a dit sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à sa Supérieure du fond de sa maladie. Elle avait tout compris !

Ainsi, frères et sœurs, la manière excellente de réaliser cette vocation est de donner sa vie pour l’amour de Dieu, ou par amour pour Dieu. Cet amour peut être parfois si fort, qu’il est lui-même appel du Père à son enfant, lui demandant de se donner à lui en offrant sa vie pour l’amour de ses frères et sœurs dans la vie religieuse et sacerdotale. L’amour rend libre, heureux, disponible ; il soutient toute raison de vivre dans une attitude solidaire et altruiste ; il appelle le service pour le bien de tous. C’est pourquoi notre pape François ne cesse de répéter aux religieux, et aux prêtres aussi, ”soyez heureux, allez vers les autres et faites-leur du bien” ! Comme Jésus l’a fait toute sa vie et continue de le faire par vous, pourrions-nous ajouter : oui, soyez de bons bergers qui répercutent la voix du Seigneur, qui donnent aux chrétiens le goût de se rassembler en Église, qui soignent ceux qui sont blessés, qui nourrissent ceux qui ont faim de sa Parole, qui conduisent ceux qui se perdent, qui accompagnent ceux qui souffrent.

Voilà quelques traits de la vocation pour tout homme qui, si elle est réellement un appel de Dieu à lui offrir sa vie, est aussi un programme complet pour répondre aux exigences de l’amour, de son amour. Un amour, nous l’avons vu, qui n’est pas quelque chose qui nous tombe dessus comme du prêt-à-porter, mais qui se cherche, qui se façonne, qui se renforce et qui grandit. Et cela ne sera possible qu’en répondant à l’appel de notre nom et en nous offrant enfants à notre Père dans la prière. L’amour est un langage secret, qui se tient dans un cœur à cœur, là où se disent les mots qui dynamiseront tout apostolat religieux et sacerdotal, comme toute vie donnée. Rien ne peut sortir de nous, frères et sœurs, religieux et religieuses, prêtres, qui n’ait été d’abord modelé en nous par la parole d’amour, lue, écoutée, méditée, prête à jaillir de nos cœurs pour, avec Dieu, aimer ce monde et l’habiller de neuf !

Mgr Jean Scarcella
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