Homélies

17.02.2021 / Mercredi des Cendres

Notre vie chrétienne nous apprend à suivre le Christ, celui qui est le Saint de Dieu. Sa vie entière est œuvre de sainteté, c’est-à-dire qu’il s’applique à vivre et enseigner les commandements de son Père dans l’amour et la sagesse, selon un mode de vie parfait. Ne devons-nous pas, nous aussi, le suivre, selon son exemple, marchant dans les traces de ses pas ? En cela nous avançons vers notre propre sainteté, à laquelle nous sommes appelés depuis notre baptême. Et notre sainteté grandira proportionnellement à la ressemblance qui s’établira entre nous et le Christ ! Mais sommes-nous vraiment capables de réaliser tout ce que Jésus a fait ? Pour bien des choses cela est au-dessus de nos forces parce que notre sainteté n’est pas encore parfaite, justement, parce que nos faiblesses prennent le dessus et que notre péché devient comme une ligne de vie passagère, cherchant à nous pousser vers nous-mêmes plutôt que vers le Seigneur. Non, nous ne pouvons pas imiter le Christ dans la totalité de ses faits et gestes, mais nous pouvons quand même décider de lui ressembler dans les limites qui sont les nôtres : nous pouvons nous laisser enseigner par sa parole. Et la chose la plus excellente au niveau de l’imitation du Christ, c’est chercher d’abord à aimer Dieu et notre prochain, chercher à rester toujours le plus près du Seigneur. C’est ce que Jésus préfère et c’est alors qu’il va travailler pour nous à notre croissance en sainteté.
Ainsi l’oracle du Seigneur que proclame le prophète Joël aujourd’hui est sans ambiguïté à ce sujet ; écoutons-le encore une fois : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment ». Il est vrai que suivre Jésus en cherchant à l’imiter peut parfois nous exposer à des situations déchirantes où il faut préférer sa parole à nos envies, même les plus profondes et certainement justifiées à nos yeux, mais qui ne résonnent pas en syntonie avec ce qu’enseigne Jésus. Notre cœur est alors déchiré… quel chemin choisir ? Eh bien, être les chrétiens que nous sommes, sans déchirer nos vêtements et restant nous-mêmes, mais avec le cœur contrit et le désir de revenir au Seigneur. Et cette attitude de regret, de volonté nouvelle en recherche du bien, émouvra le Seigneur – comme le dit encore le prophète Joël – et le Seigneur aura pitié de nous.
Une pitié qui n’est pas un apitoiement sur les pauvres pécheurs que nous sommes, mais une pitié qui dit que le Seigneur vient au cœur de nos cœurs avec toute la force de son amour, parce que le Seigneur se laisse toucher par notre repentir. C’est pourquoi saint Paul nous rappelle à nous laisser réconcilier avec Dieu au nom du Christ, celui que nous imitons. Nous le savons, la grâce de l’amour du Seigneur est sur nous et il ne faudrait pas « la laisser sans effet », car c’est par elle que nous sommes conduits sur les chemins de sainteté.
Voilà pourquoi le Carême nous est proposé par l’Église comme un temps favorable de révision de vie, avec ce besoin viscéral de nous approcher du Seigneur, par des gestes de conversion.
Ainsi Jésus nous propose le jeûne comme une œuvre de pénitence, mais faisons-le en nous interrogeant sur notre vie à la lumière de l’Évangile. Jeûner peut être alors préférer les exigences de la Parole aux facilités de nos envies : nous livrer au parfum de la bonne odeur du Christ et laisser le Père nous nourrir en secret.
Quand Jésus parle de la prière il nous demande de dépasser le poids de notre péché pour le lui remettre, afin de pouvoir garder notre tête haute avec le regard fixé sur l’horizon d’où vient chaque jour sa lumière qui nous aide à croître dans son amour. Prier sera ici offrir au Seigneur le choix de cet amour : nous retirer au cœur de nous-mêmes et laisser le Père prier avec nous en secret.
Enfin Jésus parle aussi d’aumône pour nous demander de faire le tri dans nos besoins, dans ce qui est nécessaire à notre vie, dans ce qui pourrait servir aux autres, certainement les plus nécessiteux. Mettre de l’ordre dans nos vies en sachant accepter les dons de Dieu, nous portera à reconnaître les besoins de nos frères : nous préoccuper d’ouvrir nos mains et nos cœurs et laisser le Père nous transformer en secret.
Le Christ nous regarde du regard de son Père, et c’est un regard de miséricorde. Ainsi nos gestes de conversion, avec ces pratiques proposées par le Seigneur, nous aiderons à accueillir en vérité la présence du Christ en nous et à nous préparer au jour du salut, puisque ce temps – comme nous l’a dit saint Paul – en est « le moment favorable ».

Mgr Jean Scarcella
Best reviews of best online casinos australia for Australian players, bonuses and special offers from online casinos. Read rewiews of play slots online for players from Canada and play! Looking for best online pokies new zealand to play? Visit our site.