Homélies

24.12.2020 / Noël: minuit

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« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » C’est avec cette citation de saint Paul qu’il me plaît de commencer cette méditation en m’adressant à vous !
Oui, aujourd’hui se manifeste la grâce de Dieu pour le salut de tous les hommes : « Un enfant nous est né » pour venir nous sauver. De là, il n’y a qu’un pas pour dire que cette nuit naît notre salut, Jésus, dont le nom hébreu signifie précisément “Dieu sauve”.
Au soir de la nuit de Bethléem nos cœurs se laissent tout naturellement attendrir par le sourire d’un nouveau-né ! Mais prenons-nous assez conscience que ce sourire, en fait, c’est le sourire de Dieu lui-même ; il sourit pour manifester son accueil quand une âme se tourne vers lui ; oui, ce sourire est signe de salut.
Au-delà de la naissance du Fils de Dieu venu en notre chair, se situe notre propre naissance à la gloire éternelle. Dans le concret de cet événement proprement humain, et fortement incarné dans l’humanité, se trouve déjà, comme en gestation, l’avènement d’un monde nouveau, « Un ciel nouveau et une terre nouvelle ». (Ap 21, 1)
Quand Jésus naît dans notre monde, l’homme naît à son éternité promise. Jésus, frères et sœurs, ne s’incarne pas dans notre humanité simplement pour se faire proche de nous – ce qui n’est pas faux ! –, mais d’abord pour nous aider à nous approcher de lui et de son Père des cieux. Jésus vient vers nous pour nous amener vers Lui. Voilà la merveille de Noël !
Et saint Paul le savait bien, lui qui nous dit que cette grâce que Dieu nous manifeste en son Fils Jésus va nous apprendre à attendre « que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ ». Ce ne sont pas des paroles en l’air, frères et sœurs, mais des paroles fondamentales qui doivent vivifier notre foi. Voilà que Paul ne parle pas de la naissance d’un petit enfant, mais de la manifestation de la gloire de notre Dieu Sauveur. Tout est donc dit dans ces trois mots : Jésus est Dieu et avec lui nous est donnée la gloire, signe de notre salut, puisqu’il est le Sauveur.
Et les anges traduisent parfaitement cela dans leur annonce aux bergers, c’est-à-dire à toute l’humanité perdue dans les ténèbres – on sait que les bergers sont alors des marginaux pas très recommandables – quand ces anges disent « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime ». En fait les anges ne magnifient pas d’abord l’événement de la naissance, mais bien la gloire de Dieu à laquelle, en Jésus, nous mènera cette naissance, paix pour cette terre et pour les hommes. Parce que oui, Jésus nous apprendra la paix pour cheminer jusqu’au Royaume de paix. C’est peut-être elle le vêtement blanc des invités aux noces de l’Agneau…
C’est donc là, frères et sœurs, que nous devons diriger notre allégresse et attacher notre joie. La naissance de Jésus nous met le cœur en joie, et Isaïe nous l’a rappelé tout à l’heure : Jésus est la joie de notre salut. Nous le savons, le pauvre bois du berceau de Jésus où il rencontre par sa naissance la vie du monde terrestre, deviendra le bois de la déréliction de la croix de Jésus où il donne par sa mort la vie au monde céleste.
C’est de cette joie que nous devons vivre, cette joie générée par le salut que Jésus nous apporte en ce jour et qui soutiendra et sous-tendra notre chemin dans la recherche de la paix. Isaïe nous a annoncé une « paix [qui sera] sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira ». Oui, c’est dans cette paix que nous devons avancer, croître et travailler pour l’avènement du Royaume, ce second avènement du Christ que lui-même nous a annoncé.
La paix est tout d’abord la paix intérieure. Contemplons le silence de Marie penchée sur le berceau de son divin Fils : elle respire la paix de la simplicité et de l’espérance. Cette espérance représentée dans notre crèche de la basilique par « un abri de toile » où « habitait l’arche d’alliance » (2 Sm 7, 2). Plus de 40 ans à travers le désert, le peuple de Dieu a espéré sa délivrance dans l’attente de la Terre promise. Telle est notre espérance aujourd’hui en fêtant la naissance de Celui qui vient nous délivrer du Mal !
La paix est encore celle d’une promesse. Le prophète Isaïe a proclamé : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. » (Is 11, 1) Ce rameau, c’est Jésus, et sa paix fleurira comme une promesse sur le monde, ainsi que le montre l’amandier fleuri de notre crèche, qui pourrait répondre au dialogue du Seigneur avec le prophète Jérémie qui dit : « La parole du Seigneur me fut adressée : « Que vois-tu, Jérémie ? ». Je dis « c’est une branche d’amandier que je vois. » (Jr 1, 11) La fleur de la paix !
La paix, d’autre part, s’habille de fidélité. Dans notre crèche vous pourrez voir le lierre qui s’accroche à la roche, comme nous au “rocher qui nous sauve”. (Ps 94, 1) Le lierre symbolise la fidélité, celle qui nous accompagne dans la vie en déposant les cailloux blancs de son soutien pour baliser notre chemin.
La paix aura aussi besoin de notre abandon, à la Parole faite chair, dans la confiance. La confiance naît des sources d’eau vive que le Seigneur nous confie pour abreuver notre vie. Du rocher de « Massa et Mériba » (Gn 17, 7), en passant par le puits de Jacob (Jn 4, 12), pour enfin atteindre l’eau rédemptrice de vie éternelle qui coula du côté du Christ sur la croix, nous buvons l’eau de la vie au goût d’éternité, et notre crèche nous le rappelle largement !
La paix, finalement, c’est Jésus lui-même, c’est lui qui est notre paix. Isaïe ne l’a-t-il pas nommé « Prince-de-la-Paix » ? Jésus nous donne sa paix en se donnant lui-même à nous. C’est tout le symbole eucharistique que développe notre crèche : le pain et le vin, Corps et Sang du Christ, évoqués par l’épi de blé et la grappe de vigne. Cette grappe qui d’ailleurs sort comme du cœur de Marie elle qui, l’enfantant, donna à Jésus son propre sang.
Oui, « Paix sur la terre aux hommes, qu’il aime ». C’est la grande joie de cette fête, frères et sœurs. Laissons-nous envahir par cette paix qui veut nous rappeler Jésus, berger, quand nous sommes la brebis perdue, cette paix qui veut nous convertir à Jésus quand nous nous laissons lier par les cordes du péché, cette paix qui veut nous apprendre l’amour que la colombe de l’Esprit dépose en nos cœurs.
Finalement, frères et sœurs, faisons ce soir de notre cœur un berceau où naîtra la paix de Dieu, et d’où jaillira l’amour qui nous conduira au salut dans l’espérance, la promesse, la fidélité et la confiance.

Mgr Jean Scarcella
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