Homélies

20.01.2019 / 2e dimanche ordinaire

Ce qu’évoque le « signe » de Jésus aux noces de Cana : l’eau pure transformée en « bon vin d’alliance ».
Le 2e dimanche du Temps Ordinaire C arrive en pleine semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens. A la Basilique de Saint-Maurice on n’a pas fait une célébration œcuménique, mais on a célébré l’Eucharistie en intercédant auprès du Seigneur pour tous ceux qui confessent le nom de Jésus : vivant dans l’amour et la quête de l’unité, puissent-ils témoigner du Christ Ressuscité au milieu d’une humanité déchirée par tant de divisions. Présidant la célébration dominicale, le chanoine Thomas Rödder a prêché cette culture de l’unité des chrétiens en méditant le « signe » de Jésus aux noces de Cana selon l’Evangile de Jean. Ce signe de transformation de l’eau pure en « bon vin » préfigure l’unique baptême qui fait des chrétiens les heureux invités aux Noces de l’Agneau où Dieu conclut avec l’humanité une « Nouvelle Alliance ».

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Chers frères et sœurs, avez-vous déjà regardé les mosaïques de Madeline Diener dans le baptistère ? Sinon, je vous encourage de le faire après cette eucharistie. Dès que vous entrez, vous trouverez immédiatement à droite la mosaïque montrant le mariage à Cana. Jésus montre avec sa main droite les jarres de pierres déjà remplis de vin. En arrière-plan, vous pouvez voir les mariés et d’autres invités.

Les noces de Cana sont probablement l'une des histoires de miracles les plus célèbres du Nouveau Testament. Selon l'évangéliste Jean, le miracle du vin aux noces de Cana est un signe ! L’évangéliste évite même l’expression « miracle ». Il s’agit principalement du premier signe qui marque le début du chemin merveilleux et miraculeux du salut de Jésus.

Jésus marque ce signe et indique ainsi clairement ce qu'il veut — et cela dans des tons très différents, que l'on doit entendre afin de pouvoir tracer l'intention de l'évangéliste.
Écoutons : Au début, il y a la conversation de Jésus avec sa mère, qui n'avait que de bonnes intentions avec les mariés et qui reçoit une réponse claire de son fils. Ensuite, il y a le maître du repas, qui sûrement a été surpris par le miracle, mais qui avait de grands soucis avant. Ne pas avoir assez de vin pour une telle fête qui, selon la tradition à l’époque de Jésus, pouvait durer plusieurs jours, ça c’était la honte, et pour lui comme maître du repas, et pour les mariés. Puis, il y a les serviteurs qui accomplissent simplement leur service en faveur des mariés et qui deviennent les premiers à faire l'expérience de l'autorité divine de Jésus.

Regardons d'abord la conversation entre mère et fils. Marie se réfère à Jésus et indique clairement qu'il puisse y apporter une solution rapide et efficace. La phrase qu'elle dit : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » lui a valu le titre de « Mère du bon conseil ».
Après tout, c'est le maître du repas, qui est responsable de la célébration, de son déroulement et de l'ambiance et qui constate que le miracle du vin se réalise.
Les serviteurs sont censés être les esprits serviables et attentionnés d'une si grande fête et d'assurer que le travail soit fait. En retour, ils reçoivent généralement un salaire minimum - mais maintenant ils reçoivent le plus gros cadeau qu'un invité comme Jésus puisse leur offrir : Ils seront les premiers témoins de son autorité divine. Ils sont les premiers à faire l'expérience de ce que Dieu a en tête pour les gens quand Il envoie Son Fils dans le monde. Ils ne pourraient pas être payés meilleurs pour leurs services.

Jean proclame par tout son évangile le message d'un Messie qui veut que le royaume de Dieu soit vécu dans des contextes terrestres. Jésus dit dans un autre passage : « Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance ». Le Messie annonce maintenant le royaume de Dieu dans le miracle du vin : la vie en plénitude est indiquée ici avec le jus de raisin qui déborde.

Autour de cette quantité débordante de vin, Jean place maintenant les différentes personnes et il les met en relation. La Mère de Jésus, qui est confiante que son Fils peut apporter le salut dans le besoin ; le maître du repas, qui voit mais ne comprend pas l'œuvre du salut et des miracles ; le marié, qui ne comprend pas la remarque du maître du repas ; les serviteurs silencieux, qui sont complètement imprévus et, de façon inattendue, les plus riches du salut de Dieu : Ils jouent tous un rôle important. Personne ne peut être absent. Imaginez un peu ça : Comment le secret du miracle aurait-il été révélé si le maître du repas n'avait pas fait la remarque au marié qui était en méconnaissance de cause ? Comment la vérité aurait-elle été gardée si les serviteurs ne l'avaient pas gardée secrète ? Il y en avait besoin de tous pour que l'histoire du miracle du vin ait un sens.

Et tous, — les sages, les ignorants, les surpris —, ils sont tous présents non seulement aux noces de Cana, mais dans toutes les situations où Dieu vient rencontrer les hommes. Même aujourd'hui.

Il y a donc besoin de ces différents caractères contrastés pour que le royaume de Dieu puisse vivre ici et aujourd'hui. La lettre à l'église de Corinthe va droit au but ; Paul fait savoir aux gens : Il y a différents dons de grâce. Il existe différents services. Il y a différentes « puissances » : mais elles sont toutes orientées vers le Dieu unique.

Maintenant, nous devons rendre féconds les grâces, les services et les activités variés. Car ce n'est que dans la coexistence dynamique des différentes forces que l'eau claire devient le vin le plus précieux.

Le Royaume de Dieu est bien plus qu'une bonne goutte.

Thomas Rödder