Homélies

05.07.2020 / 14e dimanche ordinaire

Voyez la vidéo de l'homélie

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
Voilà frères et sœurs cette invitation au repos que nous fait le Seigneur Jésus, invitation qui tombe pour beaucoup au moment des vacances.

Trop de personnes ont souffert, et souffrent encore du carcan des obligations religieuses : un fardeau, qui est comme un joug.
Le joug est une pièce de bois, très lourde, très solide, qui attache deux animaux, deux bœufs normalement, pour labourer, pour traquer une remorque. Ils conjuguent leurs forces et le plus puissant des deux imprime son pas à l’attelage. Au sens figuré, « Prendre le joug » suggère donc que l’on s’attache à quelqu’un pour marcher du même pas, attelé à la même tâche.

Comment donc comprendre la phrase suivante ? « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. »

Avec Jésus les choses changent, puisque nous ne sommes plus seuls à tirer le fardeau de nos existences, nous sommes attelés au joug avec lui. Il est toujours près de nous, même si nous ne le voyons pas, si nous ne le sentons pas. Il porte les fardeaux qui nous sont trop lourds. Jésus nous invite donc à vivre une religion apaisée, douce et humble. Il nous invite à vivre libres.

Dans la première lecture le prophète Zacharie évoque la venue du Messie : « Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse. »
Le roi qui nous est promis ne vient pas pour la guerre : il brisera l’arc de guerre et il proclamera la paix aux nations.
La paix : On y aspire tous !
Et cela résonne au catéchisme de mon enfance, à mes oreilles formées à un enseignement religieux moralisateur : Pour être bon chrétien, tu dois faire ceci, tu dois faire cela, tu ne dois pas faire ceci, tu ne dois pas faire cela. Combien de préceptes n’avons-nous pas ingurgités ? Une rligion faite d’obligations.
Et aujourd’hui, par retour de balancier, caricaturalement, il y a un autre enseignement : chacun est libre de faire ce qu’il veut, pourvu qu’il aime.
Comment donc trouver le juste chemin pour vivre la vie chrétienne.

C’est que l’emprise de la chair est forte, pour reprendre les termes de saint Paul. Il nous dit que nous vivons sous l’emprise de l’Esprit, puisque Dieu habite en nous.
Devons-nous donc lutter contre l’emprise de la chair ? Mettre toutes nos forces contre la tentation du péché ?
Ou bien ne devrions-nous pas mettre toutes nos forces dans l’accueil de l’Esprit Saint ?
Faut-il mettre toutes nos forces uniquement dans la lutte contre le mal, au risque de faire de nous des gens « en règle », ou bien ne faudrait-il pas travailler ardemment à accueillir l’Esprit, l’Esprit qui nous rend libre, qui fait de nous des saints… qui sauront tout naturellement rejeter le mal ?
La lutte, la guerre ou la paix ? A la suite de Jésus, choisissons donc de vivre dans la paix de l’Esprit vivifiant.

Aussi, puissions-nous vivre paisiblement nos célébrations, nos eucharisties.
A l’Abbaye, nous venons de recevoir un petit livre sur la nouvelle traduction en français du missel romain. L’introduction signée du cardinal Robert Sarah, nous rappelle le sens extraordinaire et merveilleux de l’eucharistie.
« A la messe, nous sommes réellement en présence de Dieu, nous le voyons face à face. Nous nous offrons à Lui et il se donne à nous. » (p. 10)
« Le Christ n’est pas là pour être simplement présent. Il est là pour se donner à nous en nourriture afin que l’union entre Lui et nous soit la plus vraie, la plus profonde et la plus totale possible. L’Eucharistie n’est pas d’abord une présence, elle est une union et l’union implique la présence. Elle implique notre présence de croyants. » (p. 11)

C’est la communion.
Notre présence implique un rassemblement de croyants en un même lieu pour célébrer ensemble, même si la crise sanitaire actuelle nous impose des restrictions. Et pour cela, pour que tout se passe bien ensemble, il faut des règles et des préceptes, il faut un rituel.
Et le danger devient la célébration pour la célébration, la satisfaction du rituel accompli selon les règles… parfois au détriment du spirituel.
Le père bénédictin Cassingena-Trévedy écrit, un peu de manière provocante : « On idolâtre les cérémonies au lieu d’entrer dans le mystère d’amour et de communion fraternelle dont elles ne sont que le seuil….. La messe n’est pas une machine rituelle garantie (et dûment vérifiée) pour « fabriquer » de la Présence réelle ! »
La messe est une rencontre, une communion.
Choisissons donc de vivre dans la paix de l’Esprit vivifiant. Et écoutons la prière de Jésus : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

Faisons-nous tout petits devant la grandeur du mystère eucharistique où Jésus révèle sa présence et se donne en vraie nourriture à laquelle nous communions.
Et avançons dans la vie, certains que le Seigneur Jésus est toujours là à côté de nous. Laissons-le prendre le poids du joug des peines de notre vie et nous conduire à la sainteté.

Olivier Roduit
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