Homélies

25.05.2020 / Dédicace de la Basilique

Voyez la vidéo de la messe


Messe de la Solennité de la Dédicace de la Basilique

Lectures: Si 36,1.4-5a.10-17 / Ps 45 / He 3,1-6 / Jn 2,13-22

Mes sœurs, mes frères,

Qu’il est beau de parler du temple, ce terme biblique si fort et si suggestif. Pourquoi ? – Parce que de tous temps le temple reste un signe, une notion qui révèle une puissante réalité au point de dépasser les frontières de toutes les religions. Quelle religion n’a pas son temple ? Et donc, quelle religion n’a pas son dieu ? Le christianisme en cela reste attaché au judaïsme d’où il vient ; n’oublions pas que Jésus était juif et allait au temple régulièrement, dès ses 12 ans même, sans oublier le huitième jour après sa naissance, où il y entra pour la première fois !

Le sage Ben Sira nous rappelle aujourd’hui, dans un langage qui peut tout à fait être contemporain de notre Église du XXIe siècle, que « nous-mêmes avons reconnu qu’il n’y a pas d’autre Dieu que toi, Seigneur ! ». Et il manifeste plusieurs appels à l’adresse du Seigneur : « Renouvelle […] Rassemble […] Rétablis […] Fais miséricorde à la cité de ton sanctuaire […] Remplis ton saint temple de gloire ».

Il est intéressant de remarquer ici une progression au niveau des termes et de l’intention qui sera totalement résumée en fin de péricope entendue à l’instant : « Exauce, Seigneur, la prière de tes serviteurs, selon ta bienveillance en faveur de ton peuple, et tous les habitants de la terre reconnaîtront que tu es le Seigneur, le Dieu des siècles » ; celui que nous connaissons comme habitant la ”sainte demeure”, dit ailleurs un psaume.

Ainsi peut découler de toutes ces paroles une analyse cohérente par rapport à la nature du temple. Du temps de Moïse il avait forme de tente en tissus et en peaux, j’imagine. Du temps de Salomon il fut de pierres et de bois de cèdre. Du temps de Jésus il devint sa propre chair et son Corps que nous formons.

Oui, nous pouvons considérer le temple comme lieu de rassemblement, lieu de prière et de rencontre ; mais il apparaît aussi comme un élément identitaire pour les croyants. Il peut être aussi un lieu de refuge, ou encore d’intimité et de dialogue, chacun seul avec le Seul. Un lieu propice pour aller au fond de nous-mêmes, où notre foi est ravivée par sa présence. Il est le lieu qui magnifie la gloire de Dieu, ce lieu-signature de sa présence au milieu du monde, là où son Corps mystique, l’Église, se rassemble et se consacre à Dieu.

Le premier temple de Jérusalem fut détruit en 587, sous le règne du roi Sédécias, par le roi de Babylone Nabuchodonosor. Il fut reconstruit au retour de l’exil à Babylone à la fin du VIe siècle avant Jésus-Christ, et reçut la dédicace le 12 mars de l’an 515. Voilà une date qui nous touche de près puisqu’en 515, mais après Jésus-Christ, fut érigée l’Abbaye de Saint-Maurice qui connut, au cours des siècles, l’érection de plusieurs églises sur le tombeau des martyrs. Nous sommes ce soir dans la dernière construite en ce lieu au XVIIe siècle, et nous fêtons sa consécration en ce jour de Dédicace.

Nous parlons de consécration parce que le temple est l’œuvre de Dieu, « celui qui a tout construit », nous précise la Lettre aux Hébreux. Dieu qui a mis son Fils, conclut-elle, « digne de confiance […] à la tête de sa maison ; et sa maison, c’est nous, à condition de maintenir l’assurance et la fierté de l’espérance ».

Vous aurez remarqué qu’ici on n’est plus dans le même registre qu’avant, et que nous sentons déjà poindre l’annonce du nouveau temple. Comment ne pas s’interroger alors sur ces mots de la Lettre aux Hébreux que je reprends ici : « D’autre part, le Christ, lui, est digne de confiance comme Fils à la tête de sa maison ; et sa maison, c’est nous. » Sa maison, c’est nous ! Bien qu’ici il soit déjà fait allusion à l’Église, comme le Corps mystique du Christ-tête, dont nos églises, comme notre basilique, sont des lieux de prière vivante, nous comprenons que tout cela est en quelque sorte signe de la prophétie de Jésus sur l’esplanade du temple de Jérusalem.

Ici commence comme un glissement entre le temple des Juifs, demeure de Dieu, Père de Jésus, à Jésus lui-même, temple nouveau, sanctuaire de sa gloire : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic ». Non, on ne fait pas de commerce avec Dieu, le temps des sacrifices est révolu au profit du don du Père en Jésus ; en lui qui a donné sa vie en sacrifice, en qui nous recevons tous dons qui retourneront au Père sous forme d’actions de grâce. Oui, le plus grand don, le seul don, c’est Jésus, lui le vrai temple dont il a dit : « Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai ». Jésus n’a pas dit ”je le rebâtirai” ou ”je le reconstruirai”, non, il a employé le terme propre à la résurrection : ”je relèverai”.

Et Jean, dans son Évangile, explique cette réponse quelque peu énigmatique de Jésus : « Le Temple dont il parlait, c’était son Corps ». Vous savez, frères et sœurs, combien saint Paul a insisté sur cette notion de Corps, dont le Christ est la tête et les croyants les membres ; cela nous permet alors de comprendre peut-être un peu mieux l’auteur de la Lettre aux Hébreux qui disait, et je vous le rappelle ici : « […] et sa maison, c’est nous, à condition de maintenir l’assurance et la fierté de l’espérance ».

Sommes-nous fiers, frères et sœurs, de vivre notre état de chrétiens, de baptisés, pour que vive l’espérance apportée par l’Évangile du Christ ? Sommes-nous suffisamment assurés de vivre cette réalité mystique du Corps du Christ qui porte notre propre chair, nourrie de la sienne ?

Nous retrouver ce soir pour fêter solennellement la Dédicace de notre basilique devrait affermir notre foi de ”pierres vivantes” appelées à manifester le sanctuaire de Dieu, et saura, à coup sûr, éveiller en nous le désir incontrôlable de l’action de grâce face au don que Dieu nous fait.

Mgr Jean Scarcella
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