Homélies

13.05.2020 / Enseignement sur le Rosaire 2

Voyez la vidéo de la conférence

Enseignement sur le Rosaire. 2e partie
L'intercession de la Vierge Marie

La semaine dernière, nous avons envisagé le rosaire comme prière de contemplation, de transfiguration. Une vraie école de prière. C’est bien dans ce sens, me semble-t-il, que le Pape François nous invite à prier le Rosaire « à la maison », tout particulièrement en ce mois de mai 2020 où la plupart d’entre nous ne pouvons pas nous réunir pour prier et célébrer ensemble. Je vous propose pour commencer et pour faire une transition avec la conférence du 7 mai cette belle citation de la lettre apostolique de Jean-Paul II Le Rosaire de la Vierge Marie :

Le rosaire se trouve dans la meilleure et la plus pure tradition de la contemplation chrétienne. Développé en Occident, il est une prière typiquement méditative et il correspond, en un sens, à la « prière du cœur » ou à la « prière de Jésus », qui a germé sur l’humus de l’Orient Chrétien (Jean-Paul II, Le Rosaire de la Vierge Marie, 5).

Je pense que toute la conférence du 7 mai a été une forme de commentaire de la citation ci-dessus. L’aspect méditatif, contemplatif, transfigurant de la prière du Rosaire est essentiel. Sans cela, tout ce que l’on va dire ensuite perd beaucoup de son sens.

Aujourd’hui, nous allons continuer notre réflexion avec un thème que nous n’avons pas abordé la dernière fois : la puissance d’intercession de la prière du rosaire. Ce thème n’est pas le sujet principal de la lettre apostolique de Jean-Paul II. Mais il est malgré tout bien présent.

L'Église a toujours reconnu à cette prière une efficacité particulière, lui confiant les causes les plus difficiles dans sa récitation communautaire et dans sa pratique constante. En des moments où la chrétienté elle-même était menacée, ce fut à la force de cette prière qu'on attribua l'éloignement du danger, et la Vierge du Rosaire fut saluée comme propitiatrice du salut (Jean-Paul II, Le Rosaire de la Vierge Marie 39).

C’est dans ce sens aussi que va le message de Fatima. En ce jour du 13 mai, mémoire liturgique de Notre Dame de Fatima, nous nous rappelons la première apparition de la Vierge aux enfants de Fatima, au Portugal, le 13 mai 1917. Le monde était alors en pleine première guerre mondiale. Un conflit qui s’enlisait dont on ne voyait pas le bout. Eh bien, lors de sa première apparition, Notre Dame dit aux enfants : « Récitez le chapelet tous les jours, afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre ». Cette demande est renouvelée lors des apparitions du 13 juillet (3e), du 13 septembre (5e) et du 13 octobre (6e).

La puissance d’intercession de cette prière est liée, bien sûr, à la puissance de l’intercession de Marie.

Le Rosaire est à la fois méditation et supplication. L'imploration insistante de la Mère de Dieu s'appuie sur la certitude confiante que son intercession maternelle est toute-puissante sur le cœur de son Fils (Jean-Paul II, Le Rosaire de la Vierge Marie 16).

Ceux qui pratiquent le Rosaire en communauté d’Eglise connaissent la tradition d’énoncer à chaque mystère des intentions de prière. Donc prier le chapelet à l’intention de… est très ancré dans la spiritualité catholique et la pratique de cette prière.
Regardons un peu ensemble ce qui se passe. Tout cela ne peut se comprendre que dans la communion des saints, c’est-à-dire le partage des biens spirituels accordés par la grâce de Dieu.

Nous allons aborder ce thème en trois parties :
1. La communion des saints.
2. L’intercession de la Vierge Marie.
3. Le chapelet, prière contemplative et méditative, au service de la prière pour les autres.

1. La communion des saints

La communion des saints signifie la communion entre tous les chrétiens qui s’ancre dans la relation à Dieu par Jésus, l’unique médiateur. C’est parce que nous sommes unis en Jésus dans une relation verticale, que nous sommes unis entre nous dans une relation horizontale. Cette communion ne signifie pas tellement l’appartenance à un même « club », avec ses rites et ses conventions sociales, que l’appartenant au Corps du Christ, qui en est lui-même la Tête. Toute la grâce vient de Jésus et se partage entre les membres du corps, lesquels se complètent les uns les autres, se partagent la grâce et font bénéficier aux autres membres des grâces personnelles reçues. Cette image du corps, qui n’est rien sans sa tête, et où tous les membres sont en interdépendance les uns des autres, vient des épîtres de saint Paul. C’est dans ce sens que l’Ecriture nous dit « Priez les uns pour les autres » (cf. Jc 5, 16).

Or l’Eglise croit ferment que cette communion ne concerne pas seulement les chrétiens sur terre en ce moment. Tous ceux qui nous ont précédés et qui sont auprès de Dieu continuent à exercer leur fonction dans la communion des saints : faire partager les grâces reçues, essentiellement par la prière.

Il n’y a pas de différence essentielle entre demander la prière d’une sœur ou d’un frère ici-bas et demander celle d’un saint, qui est une sœur ou un frère déjà pleinement auprès de Dieu.

Il y a par contre une différence essentielle entre la prière faite à Dieu, qui est tout-puissant, et la demande faite à un frères ici-bas ou déjà au ciel pour qu’il intercède pour nous.

Dieu lui-même peut nous exaucer. Par contre, quand on demande une grâce à un saint, par exemple une guérison ou la conversion de quelqu’un, on comprend bien que ce n’est pas lui qui va nous la donner, mais il va prier Dieu pour qu’il nous l’accorde. De même que lorsque je m’approche ici-bas d’un frère ou d’une sœur et que je lui demande de prier pour moi.

Il y a là le mystère de la participation de l’homme au don de la grâce. Dieu peut très bien donner sa grâce, tous ses dons, sans notre intervention. Mais il a voulu que nous participions par notre prière au don de sa grâce. Cela peut aller très loin. Après l’épisode du veau d’or dans le livre de l’Exode, Dieu renonce à exterminer son peuple à la prière de Moïse.

Il y a là un enseignement important sur l’être humain. Dieu veut que l’être humain participe à son plan du salut pour tous les hommes. Entre autres, il veut que nous y participions par notre prière. Nous le faisons déjà maintenant. Ne le ferons d’autant plus le jour où, avec la grâce de Dieu, nous serons devenus des saints.

Il n’y a donc pas de différence essentielle entre demander la prière d’une sœur ou d’un frère ici-bas et de demander celle d’un saint. Par contre il y a une différence qu’on pourrait appeler une différence de degré. Si on regarde ce qui se passe ici bas, je peux demander la prière à tout frère et sœur. Mais j’aurais tendance à demander la prière de quelqu’un en qui j’ai confiance, que je considère proche de Dieu par sa vie. En ce qui concerne le frère ou la sœur ici bas, je peux me tromper. Je ne connais pas tout de sa vie. Par contre, l’Eglise me propose l’intercession de frères et de sœurs déjà auprès de Dieu, dont elle a discerné la sainteté de vie. Je peux avoir pleinement confiance dans la prière de ces saints qui accompagnent notre vie.

Et c’est en ce sens que parmi les saints, l’intercession de Marie a une place particulière, et devrait jouer un rôle important dans toutes nos vies.

2. L’intercession de la Vierge Marie

Parmi tous les saints, Marie est la plus proche de Dieu. Quand nous disons « la plus proche de Dieu », nous ne sommes pas en train de parler de place au ciel. Nous parlons de sa vie de foi, de sa vie de grâce.

Le saint, c’est celui qui aime Dieu parfaitement. Si nous aimions Dieu parfaitement, nous ne serions plus capables de pêcher. Et c’est bien cet état qui nous attend le jour où nous verrons Dieu face à face. Pour l’instant, pour nous, l’amour de Dieu, c’est un long apprentissage, avec des hauts et des bas, comme tout apprentissage. Dans le cas de Marie, en raison de sa mission d’être la Mère de Jésus, qui est vrai homme et vrai Dieu tout ensemble, aimer Dieu et aimer son fils de l’amour naturel d’une mère, c’est tout un. Elle aime son fils, comme devrait le faire toute mère, et du coup, dans un même mouvement, elle aime son Dieu, c’est-à-dire qu’elle est sainte. On pourrait dire que du fait qu’elle est Mère de Dieu, elle l’aime de manière quasi naturelle. Or l’amour parfait de Dieu est l’œuvre de la grâce. C’est pourquoi l’Ange Gabriel s’adresse à elle comme la « Pleine de grâce », celle qui est établie en grâce. C’est pourquoi l’Eglise a petit à petit discerné que Marie n’a pas pu pécher durant sa vie terrestre.

Du coup, Marie devient le nouveau Moïse, capable par son intercession de faire « changer d’avis » Dieu. Rappelez-vous les noces de Cana. On voit l’intervention de Marie faire avancer « l’heure » de Jésus.

Aux noces de Cana, l'Évangile montre précisément l'efficacité de l'intercession de Marie qui se fait auprès de Jésus le porte-parole des besoins de l'humanité : « Ils n'ont plus de vin » (Jn 2,3) (Jean-Paul II, Le Rosaire de la Vierge Marie 16).

Et c’est sur la croix, au moment-même où Jésus nous sauve, que Marie est donnée pour mère au disciple. De mère de Jésus, elle devient mère du disciple. C’est-à-dire de chaque disciple du Christ. (Cf. Jn 19, 26-27) Jésus nous fait don de sa mère. C’est donc un cadeau à ne pas négliger.

Nous avons là l’origine de l’importance de la dévotion à Marie dans toute l’Eglise, qui surpasse la dévotion à tout autre saint. L’Eglise enseigne de ne jamais passer à côté du ministère maternel de Marie, c’est-à-dire de son intercession. On ne peut jamais invoquer chaque saint en particulier, ils sont trop nombreux. On peut parfaitement passer des journées entières sans en appeler même à de grands saints, comme s. Pierre ou s. Paul. Par contre il est dommage d’oublier de s’adresser à celle qui nous a été donné comme mère au pied de la croix. Un enfant, en principe, s’adresse à sa mère tous les jours.

3. Le chapelet, prière contemplative et méditative, au service de la prière pour les autres.

On ne doit donc pas oublier de s’appuyer sur l’intercession de Marie, pour soi-même et pour les autres. Reste à essayer de comprendre comment agit le chapelet dans la prière pour les autres.

Et là, il faut poser un premier principe : c’est la pratique du chapelet prise dans sa globalité qui peut devient prière d’intercession pour les autres. Qu’est-ce que je veux dire par là ?

L’erreur serait de penser que plus je dis de dizaines, plus j’ai de chances d’être exaucé. Ou que c’est à cause de la répétition des Ave Maria que j’ai plus de chance d’être exaucé. On tomberait sous le coup du verset de Mt 6, 7 que nous lisions la semaine dernière et que le Pape Paul VI citait pour mettre en garde contre le rabâchage que peut devenir cette prière.

« Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens, ils s’imaginent qu’en parlant beaucoup, ils se feront mieux écouter » (Mt 6, 7).

Ce qui peut devenir intercession pour les autres, c’est la prière du chapelet dans toute sa dimension contemplative et méditative. Je vais tenter de m’expliquer.

Nous avons vu mercredi dernier que le chapelet bien prié me permet de contempler le mystère de Dieu dans le visage du Christ, de le méditer et de me laisser transformer. En contemplant l’amour de Dieu, j’apprends à aimer et je m’ouvre de plus en plus à l’action de la grâce. Finalement, on pourrait dire que la prière du Rosaire est un chemin de Dieu vers moi et de moi vers Dieu. Et tout ce chemin est parcouru avec l’aide de la puissante intercession de la Vierge Marie.

La prière du Rosaire est donc un moment, une pratique spirituelle, dans mon/notre chemin de sanctification, c’est-à-dire dans ma/notre rencontre avec Dieu. Or la communion entre tous les hommes fait que je ne suis jamais/nous ne sommes jamais/ les seuls bénéficiaires des fruits de notre parcours vers la sainteté. Si le saint nous aide particulièrement dans notre parcours, c’est que les fruits de la grâce qui a triomphé en lui rejaillissent jusqu’à nous. De même, sur cette terre, tout parcours de conversion est œuvre de la grâce. Et Dieu veut que nous partagions cette grâce avec ceux qui en ont besoin. Celui qui se convertit comprend tout de suite que parmi les missions qu’il reçoit de Dieu, il y a la prière pour les autres. Donc lorsque nous prions, que Dieu s’approche de nous et que nous nous approchons de lui dans cette puissante prière de contemplation et de méditation qu’est le Rosaire, accompagnés et guidés par les prières de la Mère de Dieu, nous avons la mission de partager les grâces que nous recevons de cette prière avec les autres. Nous le faisons en priant le chapelet, ou telle dizaine, pour telle ou telle personne, à telle ou telle intention. Il est important de prendre dans notre prière tous ceux qui en ont besoin.

Cette mission que reçoit le chrétien, dès sa conversion, de prier pour les autres est encore une œuvre de la grâce. Dieu compte sur l’homme. Il compte sur nous. Il peut certes agir sans nous, mais il ne le veut pas. C’est une grande responsabilité qu’il nous donne : cela nous montre à quel point nous ne sommes pas des marionnettes entre ses mains. Nous sommes ses enfants : or les enfants sont appelés à collaborer. Dans le cas de Dieu, à collaborer à son plan de salut pour tous les hommes. Cette collaboration peut être diverse selon les vocations que chacun reçoit de Lui. Mais celle de la prière pour les autres est exigée de tous.

Roland Jaquenoud
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