Homélies

06.05.2020 / Enseignement sur le Rosaire 1

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Enseignement sur le Rosaire. Première partie

Le mois de mai est le mois de Marie. A l’occasion de ce mois, le Pape François, dans une brève lettre adressée à chacun de nous, nous encourage à vivre cette prière en profondeur. Il considère que la redécouverte de cette prière convient tout particulièrement en ces temps où nous sommes appelés à prier à la maison plus que de coutume, puisque pour le moment, les célébrations publiques ne sont pas encore possibles.

Le mois de mai est maintenant proche, un mois au cours duquel le peuple de Dieu exprime avec une intensité particulière son amour et sa dévotion à la Vierge Marie. Il est de tradition, durant ce mois, de prier le chapelet à la maison, en famille. Une dimension, la dimension domestique, que les restrictions de la pandémie nous ont "forcés" à valoriser, également du point de vue spirituel.

Il continue en disant :

C'est pourquoi j'ai pensé à proposer à chacun de redécouvrir la beauté de la prière du chapelet chez soi au mois de mai. Vous pouvez le faire ensemble, ou personnellement ; choisissez vous-mêmes, en fonction de la situation, en considérant les deux possibilités. Mais dans chaque cas, il y a un secret pour le faire : la simplicité ; et il est facile de trouver, même sur Internet, de bons modèles de prière à suivre.

D’abord, pour que nous nous comprenions bien, je vais préciser les mots.

Chapelet

C’est l’objet que nous tenons dans les mains lorsque nous prions le rosaire. Il est composé en son sommet d’une croix, que nous utilisons au début lorsque nous nous mettons en présence de Dieu en nous signant. Il est suivi d’un gros grain, où nous disons le « Je crois en Dieu » et le Notre Père, suivi de trois grains pour trois « Je vous salue Marie » Et d’un gros grain pour le « Gloire au Père », la louange trinitaire Ce même grain commence les 5 dizaines, composées toutes d’un Notre Père, de dix grains pour les dix « Je vous salue Marie » et d’un gros grain pour le « Gloire au Père ». Pendant chacune de ces dizaines, nous méditons un « mystère », un épisode de la vie de Jésus ou de Marie. A cause de cet objet, on dit souvent en français « prier ou réciter le chapelet »

Rosaire, ou Mystères du Rosaire

Ce sont les épisodes de la vie du Christ et de Marie qui se déroulent devant les yeux de notre cœur au moment où nous « récitons le chapelet ». Ils sont au nombre de 20, répartis en 4 groupes.

Mystères joyeux
Annonciation – Visitation – Nativité – Présentation de Jésus au Temple – Recouvrement de Jésus au Temple. (Lundi & samedi).

Mystères lumineux
Baptême du Christ – Noces de Cana – Proclamation de la bonne nouvelle et appel à la conversion – Transfiguration – Institution de l’Eucharistie. (jeudi).

Mystères douloureux
Agonie de Jésus au jardin des Oliviers – Flagellation - Couronnement d’épines – Chemin de croix – Crucifixion. (mardi et vendredi).

Mystères glorieux
Résurrection – Ascension – Descente de l’Esprit saint à la Pentecôte – Assomption de Marie – Couronnement de Marie dans la gloire du ciel. (Dimanche & mercredi)

Pour mieux prier cette prière ancienne et très populaire, et pour tenter d’en « redécouvrir la beauté » et la grande profondeur, dans sa simplicité, je vous propose ces quelques réflexions. Elles sont très influencées par l’enseignement qu’a donné le Pape Jean-Paul II dans sa lettre apostolique Le rosaire de la Vierge Marie (2002).

Parmi ceux qui ont des difficultés avec la prière du chapelet, on peut entendre deux problèmes récurrents.
1. Pourquoi s’adresser si longtemps à la Vierge Marie, alors que le destinataire de toute prière est en fin de compte Dieu ?
2. C’est une prière répétitive, elle en devient machinale. Cela tourne parfois (souvent ?) au rabâchage.
On aura en arrière-fond ces deux « critiques » du rosaire. Elles sont importantes pour mieux comprendre comment prier le chapelet et où puiser les richesses de cette prière.
On va commencer tout de suite par la deuxième critique. Le chapelet peut devenir très vite un rabâchage mécanique. Cela se produit s’il n’est qu’une récitation, et qu’il n’amène pas à la contemplation.

Déjà le saint Pape Paul VI, en 1974, disait la chose suivante :

Sans la contemplation, le Rosaire est un corps sans âme et sa récitation court le danger de devenir une répétition mécanique de formules et d’agir à l’encontre des recommandations de Jésus : « Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens, ils s’imaginent qu’en parlant beaucoup, ils se feront mieux écouter » (Mt 6, 7).
Le mot est lancé : « Contemplation ». La prière du chapelet, avec la méditation des mystères du rosaire, c’est une prière contemplative. Une prière où on contemple Jésus à travers les différents épisodes de sa vie.

Nous allons aborder notre réflexion en trois parties :

1. La prière du « Je vous salue Marie »
2. La contemplation.
3. le parcours spirituel

1. la prière du « Je vous salue Marie »

Les mots s’adressent à Marie, mais amènent à Jésus.
La première partie de la prière est uniquement biblique et tirée de l’Évangile selon saint Luc. La tradition n’y a ajouté que les noms de Marie et de Jésus.
Le regard se focalise sur Marie par la salutation angélique, qui est en fait une annonce de la joie « Réjouis-toi », non seulement à Marie, mais à chacun d’entre nous, et petit à petit passe à Jésus. Dans toutes les versions que je connais, à part la version française, on termine par le nom de Jésus. Donc en partant de Marie, nous sommes amenés à Jésus. Jean-Paul II dit que le chapelet est la « Prière de Jésus » des chrétiens d’Occident. Même si les paroles s’adressent à Marie, elle est tout entière tournée vers le nom de Jésus, vers la contemplation de Jésus, vers l’amour de Jésus, vers l’adoration de Jésus.

Si la répétition de l’Ave Maria s’adresse directement à Marie, en définitive, avec elle et par elle, l’acte d’amour s’adresse à Jésus (Jean-Paul II, Le rosaire de la Vierge Marie, 26)

Marie n’est pas en face de nous, elle est tournée avec nous vers Jésus. Elle nous « prend sous son manteau » et en priant pour nous, elle pie avec nous (cf. 2e partie du « Je vous salue »)

Donc si l’on prend maintenant en considération ce qui se passe pendant une dizaine, le priant commence par se tourner vers le Père, source de tout (Notre Père), puis avec Marie il se concentre sur le nom de Jésus, et termine par une louange à la Sainte Trinité. La dizaine oriente complètement notre esprit sur Dieu Père, Fils et Esprit Saint.

2. La contemplation

Le rosaire, c’est une prière qui nous fait contempler le Christ avec l’aide de la Vierge Marie.
Chaque dizaine nous permet de contempler un des moments clefs de l’histoire de Jésus, c’est-à-dire du mystère de l’amour de Dieu pour nous, de notre rédemption. Le rosaire ne se prie bien que s’il est une prière méditative. On se souvient et médite « ces événements dans notre cœur », comme Marie. Se souvenir, cela veut dire entrer dans le mystère, le contempler sous toutes ses facettes, et petit à petit le laisser informer notre vie, le laisser nous transformer. Par la méditation des mystères du rosaire, tout au long des dizaines, nous fixons les yeux de notre cœur sur le visage du Christ en contemplant les différentes étapes de sa vie. Nous le contemplons. Nous prenons conscience de son amour pour nous et nous apprenons à l’aimer. Nous nous ouvrons à la grâce qu’il veut nous donner : tout cela en union avec celle qui l’aima le plus, pour qui aimer son enfant et aimer Dieu, c’est la même chose.

3. Le parcours spirituel

Le rosaire, à travers les 20 mystères médités, devient un vrai parcours spirituel. L’habitude veut qu’on en médite 5 par jour. Ainsi la semaine du Chrétien est quotidiennement immergée dans la contemplation de Jésus. Elle refait quotidiennement un bout du chemin de Jésus. Jean-Paul II engageait à « expérimenter toujours davantage le Rosaire comme itinéraire de contemplation (…) La semaine du chrétien devient un chemin à travers les mystères de la vie du Christ » (Le rosaire de la Vierge Marie, 38)

On commence par tout ce qui est lié au mystère de l’incarnation (mystères joyeux). On s’étonne, on s’émerveille devant le mystère d’un Dieu qui nous aime tellement qu’il accepte de passer par toutes les étapes de la vie humaine, depuis le ventre de sa mère jusqu’à se laisser éduquer par des parents humains.
On contemple ensuite Jésus au long des trois ans de son ministère en Galilée, depuis son baptême dans le Jourdain jusqu’au soir du Jeudi saint où il institua l’Eucharistie (mystères lumineux). Puis on le suit dans sa passion (mystères douloureux) pour arriver à la gloire de la résurrection (mystères glorieux), de l’Ascension, au don merveilleux de l’Esprit et à l’élévation de la Vierge Marie, préfiguration de ce qui nous attend tous dans la gloire du ciel.

Le but de ce parcours des mystères de notre salut en compagnie de la Vierge Marie, c’est de les faire nôtres. Dans la lettre apostolique de Jean-Paul II, le Pape dit plusieurs fois qu’à travers le parcours méditatif du rosaire, on est petit à petit conformé au Christ. A force de contempler l’amour du Christ dans ses mystères, on doit devenir de plus en plus à son image,

Le chapelet, le Rosaire, c’est une véritable école de prière, de méditation, de contemplation. On se met à l’école de Jésus, soutenu par la puissante intercession de la Vierge Marie qui nous accompagne sur ce chemin :
« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous »
Et ce chemin nous mène du maintenant de notre vie présente jusqu’à notre Pâques, le moment où nous contemplerons son visage pour de bon : « Maintenant, et à l’heure de notre mort ».

Roland Jaquenoud
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