Homélies

02.05.2020 / Saint Sigismond

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Solennité de saint Sigismond – Fondateur de l'Abbaye de Saint-Maurice en 515

Lectures: 2 Ch 36, 14-16.19.23 / Ps 3 / Ac 8, 1-8 / Jn 17, 11b-23

Mes sœurs, mes frères,
Cyrus, roi de Perse… Saul, persécuteur des chrétiens… Sigismond, roi des Burgondes… et Jésus, Parole salvatrice de Dieu ! Quatre personnages qui vont occuper notre méditation d’aujourd’hui, chacun avec un destin, un charisme particulier.
En ce jour où nous fêtons solennellement saint Sigismond, celui qui est vénéré comme le fondateur de l’Abbaye de Saint-Maurice, nous pouvons, en compagnie de ces quatre figures, esquisser un itinéraire de vie chrétienne.
Le roi Cyrus le Grand, fondateur du royaume perse au VIe siècle avant Jésus-Christ, fait figure de justicier. Il redonne aux Hébreux leur temple à Jérusalem, le reconstruisant pour eux, et il les libère de leur exil à Babylone. Inspiré par le Seigneur lui-même, Cyrus fait œuvre de justice, il rend à un peuple sa liberté et promeut en quelque sorte son culte.
La justice va de pair avec la reconnaissance, et l’une comme l’autre sont le fruit d’une vie en société. Être capable de justice envers quelqu’un, c’est savoir reconnaître en lui ses propres qualités. C’est donc marquer un élan de respect et d’ouverture à l’autre, que de le regarder tel qu’il est, de le recevoir tel qu’il se présente. Cette justice donne naissance à la fraternité !
Jésus, que l’on présente comme le juste – le seul juste même, est venu nous apprendre la justice en lui donnant son sens profond : Être juste avec quelqu’un c’est en quelque sorte le reconnaître comme son propre frère. C’est bien ce que Jésus nous enseigne quand il prie son Père en disant : « J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu ». Oui, être juste avec son frère, sa sœur, pour un chrétien c’est, à la suite de Jésus, veiller sur lui, sur elle, en reconnaissant le lien de fraternité avec eux en Jésus, précisément.
Le roi Sigismond, lui, vécut au VIe siècle après Jésus-Christ. Sa vie ne fut pas toujours exemplaire, puisqu’il alla jusqu’à condamner son propre fils. Arien de naissance, il se laissa convertir par l’évêque saint Avit. Il fonda alors le monastère d’Agaune en 515. Sous l’enseignement du saint évêque, Sigismond fit œuvre de repentir, cherchant avec zèle de sauvegarder l’Église.
Le repentir va de pair avec le pardon, et l’un comme l’autre appellent l’ouverture du cœur. Le repentir est ce sentiment constructif qui émerge du pardon. L’un comme l’autre sont le fait de la rencontre entre deux personnes, au moins. Ce repentir donne sens au pardon !
Jésus, dont il est dit qu’il « a porté le péché du monde », l’a fait dans une attitude de pardon. C’est d’ailleurs un de ses derniers mots sur la croix avant de mourir. Toute sa vie a été pardon dans ses rencontres avec le pécheur, avec la pécheresse, un don qui a provoqué l’ouverture des cœurs, la reconnaissance de la seigneurie du Christ ouvrant la voie au salut. Jésus nous l’enseigne aujourd’hui dans sa prière, quand il demande à son Père de consacrer ses disciples dans la vérité, car, dit-il : « Ta parole est vérité ». Et celui qui le dit est précisément celui qui est la Parole, et qui est venu pour la vérité. La vérité est garante du pardon qui s’accomplit dans le repentir de la faute.
Nous avons parlé aussi de Saul, qui persécutait les chrétiens et, partant le Seigneur lui-même. N’a-t-il pas reçu comme réponse à sa question sur la route de Damas : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes » ? S’en prendre à tous ceux qui confessent le nom du Christ, à tous ceux qui vivent de sa parole, c’est s’en prendre à Jésus lui-même, Jésus la Parole de Dieu faite chair. Et nous connaissons ce qui est advenu à Saul à ce moment-là : il entreprenait, sur cette route de Damas, un chemin de conversion.
La conversion demande de sortir de soi, de quitter des prérogatives qui encombrent l’esprit, de savoir écouter une réalité qui peut se décrire différemment selon les personnes et les situations. En un mot, la conversion va de pair avec l’écoute. Écouter non pas pour entendre des avis en s’en faire d’autres, mais écouter en acceptant de reconnaître l’autre comme frère, comme sœur, en sachant accepter le mal commis et s’ouvrir au pardon.
Jésus le dit sans ambages à son Père : « Je leur ai fait don de ta parole ». Et c’est cette parole qui peut convertir les cœurs, les « garder du mauvais », dit encore Jésus. C’est la parole que Saul a entendue sur la route de Damas, c’est Jésus que Paul a reconnu dans cette Parole, pour laquelle il a donné sa vie.
Et le souci premier de Jésus, pour que l’homme, qu’il est venu sauver du péché, reconnaisse Dieu par une vie attachée à la justice, recherche la vérité dans le pardon et le repentir, se convertisse à l’écoute de sa parole, ce souci est que ses disciples, dont nous sommes nous, les chrétiens, restent fidèles à son nom. C’est cette fidélité au nom de Dieu, reçue par Jésus de son Père en partage, qui vaudra à l’homme de pratiquer la justice, vivre le pardon et se laisser guider par la Parole. Ainsi nous, les disciples de Jésus, nous serons un en Lui et entre nous, comme Lui est uni à son Père.
Ainsi soit-il !

Mgr Jean Scarcella
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