Homélies

19.04.2020 / Dimanche de la Miséricorde

Introït de la Messe (1P, 2, 2)
Quasimodo geniti infantes, Alléluia !
rationabile sine dolo lac concupiscite, alléluia, alléluia, alléluia !

Comme des enfants nouveau-nés, Alléluia !
désirez le lait pur et spirituel, alléluia, alléluia, alléluia ?

Introduction à la Messe

Le chant avec lequel l’Eglise d’Occident ouvre depuis des siècles la célébration du dimanche dans l’octave de Pâques, appelé dimanche de la Miséricorde depuis Jean-Paul II, est l’Introït quasimodo geniti infantes : comme des enfants nouveaux nés. C’était ce jour-là que les baptisés de Pâques, les nouveau-nés en Christ, déposaient l’habit blanc, dans lequel ils avaient participé, depuis la nuit de Pâques, à tous les offices religieux.
Ces nouveau-nés en Christ sont invités à désirer la nourriture des nouveau-nés : le lait pur et spirituel. Si on traduit littéralement le verset de la 1ère lettre de saint Pierre d’où est tiré ce chant, on comprend qu’il s’agit du lait pur de la Parole.

La liturgie a voulu que ce chant devienne le chant de toute l’Eglise en ce jour. C’est nous tous qui sommes de petits enfants devant Dieu. C’est nous tous qui avons besoin de porter nos désirs vers un lait pur, vers une parole qui nous construit. Vers la parole de Dieu. Alors laissons-nous conduire par Jésus lui-même jusque vers cette parole. Demandons-lui d’ouvrir nos cœurs et de les purifier, en pardonnant tous nos péchés.

Homélie

Et voilà, mes frères mes sœurs : nous nous sommes laissés conduire par le désir du lait pur de la parole, et nous avons été amenés à ce 8e jour de Pâques, ce moment où Jésus affirme avec force à Thomas ce qu’il a déjà montré aux femmes le jour de Pâques : il est ressuscité en sa chair. C’est Jésus homme tout entier, en son corps et en son âme, qui est sorti du tombeau, et qui nous montre notre destination finale : non pas le tombeau, mais la vie. Et la vie en plénitude.

C’est là toute la miséricorde de Dieu. Il a voulu donner sens à notre vie. Donner sens à notre vie, c’est nous donner, en langage théologique, la vertu d’espérance.

J’aimerais revenir avec vous à la deuxième lecture de cette messe. C’est une action de grâce à laquelle l’Apôtre saint Pierre nous invite.

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus, le Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure (1P 1, 3-4).

La miséricorde de Dieu, la divine miséricorde que nous célébrons tout particulièrement en ce jour, c’est notre renaissance : la renaissance que nous procure le baptême. Cette renaissance est possible parce que Jésus est mort et ressuscité et que par le baptême, nous sommes morts avec lui et ressuscités avec lui. Bien sûr, si pour Jésus, c’est déjà fait, pour nous, il nous faut encore passer par des « passages ». Il faudra bien un jour que nous partions d’ici pour ressusciter avec lui et que se réalise pleinement la grâce qu’il nous a donnée dans le baptême. Mais ce que nous avons déjà, c’est l’espérance. Et cette espérance, nous l’avons parce que nous croyons que Jésus est vraiment ressuscité des morts et qu’en sa personne, il a déjà vaincu la mort. Et que dès maintenant, par l’espérance, nous avons déjà un pied dans cet « héritage » qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure, selon ce que nous a dit saint Pierre.
C’est dans cette espérance que doit être la source de notre joie. Pas ailleurs.

« Oui, bon, mais avec tout ce qui se passe maintenant, c’est un peu difficile de se réjouir ». Et bien, si nous en sommes là, c’est justement parce que nous plaçons notre joie ailleurs que dans l’espérance. Nous la plaçons dans toute sorte de choses : confort, matériel ou spirituel, réalisation, succès, je ne sais quoi encore. C’est pourquoi nous ne savons pas être heureux : il suffit que tout cela disparaisse, et nous avons l’impression que le ciel nous tombe sur la tête. Alors nous cherchons d’autres ersatz de joie, qui finissent aussi par disparaître, et c’est sans fin.

La joie de l’espérance ne supprime nullement les difficultés de la vie. Nous les partageons avec tous. Mais elle est capable de transfigurer, justement, cette vie que nous menons, quelles qu’en soient les conditions. Saint Pierre, tout à l’heure dans sa lettre, nous disait des paroles très fortes à ce propos :

Ainsi, vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la qualité de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu (1P 1, 6-7).

Notre foi a besoin d’être éprouvée. Si notre foi ne consiste qu’à attendre que Dieu résolve les problèmes de notre vie, nous avons beau nous dire chrétiens, nous sommes en fait païens. C’est dans la vieille religion gréco-romaine qu’on passait des sortes de contrats avec les dieux. Je respecte telle règle, j’accomplis tel rite, et vous les dieux, vous serez gentils avec moi. Rien de tel dans la foi chrétienne. Notre foi a besoin de passer au creuset du feu pour qu’elle nous fasse sortir de nous-même, qu’elle nous élève jusqu’à Dieu, qu’elle nous emmène jusqu’à l’héritage qui ne connaîtra ni souillure ni flétrissure, c’est-à-dire jusqu’à l’amour parfait, qui seul est éternel.

C’est cela la miséricorde de Dieu : nous élever, à travers la marche de notre vie, quelle qu’elle soit, riche ou pauvre, facile ou difficile, droite ou courbe, jusqu’à la joie parfaite de l’espérance, à laquelle nous amène notre foi. C’est ce que nous affirmions tout à l’heure dans la prière d’ouverture, lorsque nous disions :
« Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ». Qu’il en soit ainsi !

Roland Jaquenoud
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