Homélies

12.04.2020 / Pâques

Revivre la messe de la Résurrection à la Basilique.
Une photo de l'installation technique.

En ce matin de Pâques, Mgr Jean Scarcella a présidé la messe de la Résurrection devant une basilique vide, avec la seule présence de l'équipe technique chargée de la retransmission de la célébration, sans oublier le cérémoniaire Maurice Sessou et le prieur Roland Jaquenoud qui officiait comme chantre.

Lectures: Ac 10,34a.37-43 / Ps 117 / 1 Co 5, 6b-8 / Séquence / Jn 20, 1-9

Mes sœurs, mes frères,
J’ai envie de vous dire, en paraphrasant saint Pierre s’adressant aux gens de Césarée : « Vous savez ce qui est arrivé cette nuit ? Le Christ est sorti vivant du tombeau, il est ressuscité, Alléluia ! » Oui, frères et sœurs, nous voici arrivés au saint Jour de Pâques, jour de la Résurrection du Christ, le cœur de notre foi chrétienne. Et, du coup, ne nous arrêtons pas en si bon chemin, et reprenons encore à notre compte la finale du discours enthousiaste de Pierre : « Dieu l’a ressuscité le troisième jour. […] Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi juge des vivants et des morts. »
Et puisqu’on en est à écouter particulièrement les annonces des apôtres ce matin, relisons aussi ce qu’a dit saint Paul aux gens de Corinthe : « Notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ. Ainsi célébrons la fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité ».
Tout de suite, frères et sœurs, nous voici mis dans le bain de la joie, mais aussi dans celui du mystère. Oui, l’Agneau pascal, celui que les Hébreux ont mangé en toute hâte avant de quitter l’Égypte, terre d’esclavage, c’est Jésus le Christ qui a été immolé pour racheter l’homme pécheur. Pour nous ouvrir une nouvelle voie de liberté, une voie unique qui n’a qu’un but : la rencontre définitive avec le Père. Jésus, par son sacrifice sur la croix est venu nous chercher dans notre bassesse pour, avec sa résurrection, nous entraîner dans les hauteurs des cieux, jusqu’au jour où ”nous paraîtrons avec le Christ dans la gloire”, pour reprendre une autre expression de saint Paul. C’est ce que nous enseigne le début de la Séquence de Pâques ”Victimæ paschali laudes” : À la victime pascale, chrétiens offrez le sacrifice de louange. L’Agneau a racheté les brebis ; le Christ innocent a réconcilié l’homme pécheur avec le Père. La vie et la mort s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne. Voilà, tout est dit ! Nous sommes au plus profond du mystère que nous célébrons ce matin et qui se répète à chaque Eucharistie, particulièrement le dimanche, jour de notre Pâque hebdomadaire.
Oui, nous célébrons la Vie ce matin. Pensons au réveil de la nature, au retour du merle et aux bourgeons qui éclatent. Pâques, c’est la fête de la vie qui reprend, a-t-on coutume de dire, mais, dans l’éternel dessein de Dieu, la vie prend corps en Jésus ressuscité. Et quand il nous arrive de cueillir les primevères, d’admirer la nature qui reverdit ou de goûter à la douceur du soleil revenu, nous recueillons immanquablement ce renouveau comme un don qui redonne vie. Ainsi quand nous méditons sur le mystère de la mort et de la Résurrection du Christ nous sommes bouleversés parce que, pour que nous aussi recevions la vie éternelle avec le pardon de nos péchés, le ”Maître de la vie mourut”. Il est maître de la vie, il a créé la vie, il a donné la vie… et il est mort ! Il n’est pas mort pour simplement mourir, allais-je dire, il est mort pour tuer l’œuvre du Mal en ce monde ; il est mort pour nos péchés, car « Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice », chante saint Pierre dans un cantique. (1 P 2, 24) C’est donc pour tuer nos péchés qu’il a donné sa vie ; avec lui c’est notre péché qui est mort : « Par ses blessures, nous sommes guéris », dit encore saint Pierre. Et, comme en un nouveau printemps, il est ressuscité, apportant au monde la vie pour toujours.
Et cette vie, d’où nous vient-elle, frères et sœurs ? Elle ne nous est pas arrivée dessus comme par enchantement, non, nous l’avons reçue. Certes, en naissant créature humaine au milieu de l’humanité et de ce monde, nous sommes venus à la vie, cependant par notre baptême, nous avons reçu La Vie. Non pas une seconde vie en plus de la première, mais la vie même de Dieu qui s’empare de nous pour nous emmener vers le Père. Le baptême nous plonge dans la mort et la résurrection du Christ, et avec lui nous sommes ressuscités, en ce sens que nous sommes déjà des ressuscités en puissance, pourrait-on dire.
Pâques, frères et sœurs, n’est pas d’un jour, n’est pas qu’une fête, un événement ou une commémoration, Pâques est un chemin. Pâques fait le peuple de Dieu et ainsi le peuple de Dieu est en chemin vers la Promesse. Souvenons-nous de la pâque des juifs. Ils ont dû se mettre en chemin pour suivre le Seigneur vers la liberté promise par le Seigneur à son serviteur Moïse. Nous, nous nous mettons en chemin à la suite de Jésus, le nouveau Moïse, pour recevoir la vie éternelle promise par Dieu. Et ce chemin passe par la traversée des eaux du baptême, ce chemin devient notre voie et s’oriente à partir de la résurrection du Christ.
Néanmoins Pâques n’est pas seulement la vie en cette dimension éternelle, frères et sœurs, Pâques est aussi la vie en sa dimension humaine. Souvenons-nous de la naissance de Jésus, de cet événement inimaginable de l’incarnation du Fils de Dieu venu sur cette terre prendre la totale condition de l’homme. Ce moment où le Créateur est devenu la créature, ce moment qui a fait de Jésus un Dieu parfaitement homme. Quel mystère ! Pris tout seul, comme ça, c’est quelque chose qui nous paraît inimaginable, mais notre foi dans le mystère de Noël nous affirme que Jésus, Fils de Dieu, est le vrai Dieu incarné dans la nature humaine, le Dieu de Moïse, le Dieu du peuple choisi, du peuple saint. Nous connaissons l’histoire de Jésus, son enfance, sa vie publique, son engagement pour la vérité et son enseignement de la Loi nouvelle. Tout cela est exceptionnel, est Parole Sainte, et nous le croyons ; mais oserais-je dire que tout cela reste comme encore un peu confiné dans un récit historique… Ce qui va exprimer l’essence du mystère de Noël, c’est le mystère de Pâques. En effet, Jésus n’est pas né pour lui, mais pour tous les hommes, afin de les sauver du Mal et les façonner à sa ressemblance. Son chemin fut celui de sa mission reçue du Père, à travers les joies et les vicissitudes de sa vie, et jusqu’à l’épreuve de la trahison qui l’amènera au don suprême de lui-même. Du berceau de Bethléem à la croix de Jérusalem, il y a une vie, celle de Jésus qui, par le don total d’elle-même, révélera la signature d’alliance de Dieu avec son peuple au matin de la Résurrection.
Oui, chers frères et sœurs, Pâques nous met en chemin, nous appelle, comme le disait saint Pierre, à annoncer et à témoigner que quiconque reçoit Jésus pour maître et pour frère « reçoit par son nom le pardon de ses péchés ». Pâques nous fait devenir un nouveau ferment pour la vie du monde, dans le rejet de « la perversité et du vice », selon les mots de saint Paul, pour marcher vers « la droiture et la vérité ».
Et ce chemin, chers amis, nous l’empruntons tous. Il est chemin de printemps où nos actes quotidiens deviennent témoignages de celui de Jésus sur les routes de Palestine ; il est chemin de Pâques où l’Évangile en acte résonnera en écho à la vie de Jésus dans la nôtre ; il est chemin de résurrection où notre baptême posera nos actes de foi dans le baptême de sang de Jésus, mort, couché au tombeau et ressuscité pour nous emmener tous dans sa Pâque.

Mgr Jean Scarcella
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