Homélies

19.03.2020 / Fête de saint Joseph

Voyez la vidéo de la messe

Lectures: 2S 7,4-5a. 12-14a.16 / Ps 88 / Rm 4,13.16-18.22 / Mt 1,16.18-21.24a

Mes sœurs, mes frères,
Quand l’homme construit des ouvrages en génie civil, de grands bâtiments ou que sais-je, il emploie du béton, qui plus, est du béton armé. Pourquoi dit-on que les barres de fer qui structurent le béton font de lui du béton armé ? Pour l’aider à défier l’ennemi du temps, le préserver de l’usure ? Certainement, mais je pense aussi pour lui assurer résistance et stabilité.
Je me permets cette image pour oser une comparaison : le béton et le fer mis en regard de la Loi et de la foi ! Abraham et Joseph…
Dieu avait déclaré à Nathan la prophétie annonçant la succession du roi David. On ne parle pas ici d’un fils qu’on aurait pu nommer Salomon, non, mais on parle d’un successeur ; un successeur certes « qui naîtra de toi, […] qui bâtira une maison pour mon nom, […] qui sera pour moi un fils. » Ainsi le successeur qui naîtra du roi David, bâtira une maison pour le Seigneur et sera pour lui un fils. Celui qui naîtra rendra stable la royauté, à celui qui bâtira une maison le trône royal sera rendu stable, maison et royauté « subsisteront toujours », ce qui accordera au trône une stabilité pour toujours.

Pour nous, frères et sœurs, qui lisons cette prophétie de Nathan le prophète avec les lunettes du mystère pascal, cela ne fait aucun doute : ce fils, c’est Jésus. Mais Jésus ne s’est pas fait tout seul, il n’est pas arrivé comme cela dans l’Histoire du salut d’un claquement de doigts. Jésus a été préparé pendant plus de 4000 ans par la Loi et les prophètes ; et il est venu sur terre, au cœur de l’humanité, incarner et accomplir la Loi et la parole de son Père traduite par les prophètes.

La loi, parole d’homme pour parler de Dieu, et la foi, écoute pour l’homme de la Parole de Dieu. Le béton et le fer, Abraham et Joseph. En effet la Loi a servi à construire l’édifice de l’œuvre de Dieu, mais la foi lui a donné sa stabilité, sa pérennité, ainsi que saint Paul l’explique : « ce n’est pas en vertu de la Loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham et à sa descendance, mais en vertu de la justice obtenue par la foi. » Certes, au début de l’histoire de Dieu avec les hommes, Abraham suivait des lois propres à ses croyances, mais il avança néanmoins dans la foi et par la foi. Et une foi pure, sans aucune retenue, puisqu’il obéit à la voix du Seigneur qui lui enjoignit de partir, sans but défini, sur un chemin inconnu. Sur Abraham le Seigneur appuie sa descendance, et avec elle naquit la Loi. Mais la Loi a toujours été associée à l’héritage que Dieu promit à son peuple, et seule, unilatéralement et sans vision a priori constructive, elle ne pouvait apporter au peuple force et conviction. Vers quel amour mènerait-elle le peuple, vers quel but, en un mot vers quelle stabilité ? Elle ne serait que comme un ouvrage en béton, bien construit, à la belle apparence architecturale, mais qui connaîtrait à coup sûr l’érosion et l’usure au cours du temps. Combien de fois le peuple hébreu, conduit par la Loi de Dieu à travers le désert a-t-il flanché, perdu espoir et quasi renoncé ? – Ne fût-ce la foi de Moïse qui l’aguerrit régulièrement en nourrissant sa foi.

Oui, frères et sœurs, la foi, comme la barre de fer qui solidifie le béton, a porté le peuple hébreu depuis Abraham, sur le chemin de la Promesse. La promesse de la Terre promise, certes, mais surtout la promesse du fils qui rendra stable pour toujours la royauté de Dieu.

Ce fils est le fils promis à Abraham, Isaac, afin de lui assurer une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel ; ce fils est aussi le fils de David, Salomon, qui construisit une demeure pour Dieu ; ce fils est finalement et définitivement le fils promis par Dieu à l’humanité, son propre Fils engendré de Marie, l’épouse de Joseph, lui-même engendré de Jacob.
Quand l’évangéliste Matthieu termine la « généalogie de Jésus, Christ, fils de David, fils d’Abraham », il dit explicitement les choses : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ ». Jésus est attaché à cette lignée par son père adoptif, Joseph : Joseph qui écoute avec foi la voix de Dieu quand l’ange lui annonce l’origine de l’engendrement de Jésus dans le sein de Marie ; Joseph qui a foi en la parole transmise « depuis mile générations » ; Joseph, le juste, qui devient juste « en vertu de la justice obtenue par la foi ». À l’image d’Abraham à qui il « fut accordé d’être juste », parce que, « espérant contre toute espérance, il a cru », Joseph, rattaché à la foi d’Abraham crut, « fit ce que l’ange lui avait prescrit » et prit chez lui Marie son épouse, portant en elle l’enfant engendré par l’Esprit Saint.

Comment ne pas voir là comme une réminiscence de la prophétie de Nathan. Certes celle-ci annonce un fils qui s’assiéra sur un trône royal, mais quand le prophète parle par trois fois de stabilité on ne peut pas occulter ici la foi de Joseph. Dieu, en engendrant un fils par Marie, a construit un ”royaume béton”, dirions-nous aujourd’hui… certes, mais s’il est toujours là dans la suite de l’histoire, ce royaume, c’est que ce béton est armé. Et cette arme qui structure le Royaume, le défend contre l’usure du péché, et l’assure face à la déprédation du temps que le Mal cherche à s’approprier, cette arme c’est la foi. Et certainement une des plus belles images de la foi à travers les siècles de notre histoire : c’est Joseph. Non pas la foi de Joseph, mais Joseph, tout Joseph, qui est un être de foi, comme une colonne vertébrale pour la foi de l’Église, aujourd’hui plus que jamais.

Prions saint Joseph, frères et sœurs, admirons sa simplicité, son obéissance et sa force d’abandon, cherchons en lui le modèle comment nous ajuster à l’amour de Dieu. Méditons avec Joseph, au moment de la conception de Jésus, et confions-lui tous les enfants à naître ; méditons avec Joseph, silencieux auprès du berceau de Jésus, et confions-lui toute l’espérance des hommes ; méditons avec Joseph, conduisant l’âne vers l’exil de Jésus, et confions-lui tous les immigrés qui doivent fuir leur patrie ; méditons avec Joseph, accueillant au temple de Jérusalem les paroles de Jésus à 12 ans, assis « au milieu des docteurs de la Loi », et confions-lui tous les chercheurs, les théologiens, les scientifiques et tous ceux qui travaillent au bien de l’humanité. Et cherchons à être, « au cœur de l’Église », l’amour – comme l’a dit la petite Thérèse ; il est l’expression de notre foi, notre seule arme pour nous conduire sur le chemin du salut.
Ainsi soit-il !

Mgr Jean Scarcella
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