Homélies

12.03.2020 / 2e Conférence de Carême

Des femmes aux moments-clés de la vie de Jésus :
2e conférence de Carême

Tout au long des Evangiles, Jésus ne cesse de rencontrer des femmes. En examinant les textes concernant certaines d’entre elles, on cherchera à comprendre leur rôle dans la vie terrestre de Jésus et dans le message évangélique.
Conférence donnée par Monique Dorsaz

Pour entrer dans le mystère du Christ, pour découvrir vraiment qui il est, il est bon de voir comment il vit des rencontres décisives.
Rencontrer vraiment l’autre, c’est s’ouvrir de part et d’autre à un nouveau monde, à d’autres façons de voir les choses (expérience de l’ek-stasis). Après une vraie rencontre, on n’est plus tout à fait le même. Dans les Evangiles, à plusieurs moments déterminants, une femme est là. Ces rencontres sont des hauts-lieux de révélation de ce que chacun porte vraiment au fond de lui-même.

Marie à Cana : Jean 2, 3-11
3 Comme le vin manquait, la mère de Jésus lui dit : "Ils n'ont pas de vin."
4 Mais Jésus lui répondit :
"Que me veux-tu femme ? Mon heure n'est pas encore venue."

Le « que me veux-tu ? » marque une distance, une divergence de points de vue. Jésus a besoin d’affronter en adulte la grande question de sa mission. Selon lui, « l’heure » de se manifester au monde n’est pas encore venue.
Sa mère pousse Jésus à entrer dans cette nouvelle phase de sa vie. Elle s’adresse avec confiance aux serviteurs (// Genèse 41,55).
Remarquons quelques absences et glissements de rôles : Marie prend la place du maître de repas et s’occupe des serviteurs. Jésus est révélé comme l’époux qui offre un excellent vin. On entre dans la grande théologie des « noces ». Et l’épouse ? Elle n’est pas mentionnée ! Serait-ce une place à prendre ?
11 Tel fut, à Cana de Galilée, le commencement des signes de Jésus.
Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

Au puits de la Samaritaine : Jean 4
3 Il quitta la Judée et regagna la Galilée. 4 Or, il lui fallait traverser la Samarie.
Une nécessité plus profonde (théologique), il fallait qu’il soit là ce jour-là.
7 Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau.
Jésus lui dit : "Donne-moi à boire."…

Cette femme vient alors que personne ne l’a appelée, c’est souvent ainsi avec les femmes. C’est une drôle d’heure pour venir puiser…. Mais l’heure de la soif et de la pleine lumière. Chacun va se révéler, les deux se comprennent et s’entraînent dans une discussion qui porte sur des besoins de plus en plus profonds : boire, aimer et être aimé, adorer Dieu. Cette femme a une vie matrimoniale complexe. Jésus apparaît comme le 7e homme (cf scènes nuptiales près d’un puits). Jésus révèle pour la première fois qu’il est le « messie » : "Je le suis, moi qui te parle."
La Samaritaine est la première missionnaire improvisée et efficace des Evangiles.
28 La femme alors, abandonnant sa cruche, s'en fut à la ville et dit aux gens :
29 "Venez donc voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le Christ ?"
30 Ils sortirent de la ville et allèrent vers lui.

Elle ne ramène pas les hommes à elle-même, mais à Jésus, elle leur ouvre le chemin de la rencontre avec lui.
39 Beaucoup de Samaritains de cette ville avaient cru en lui à cause de la parole de la femme qui attestait : "Il m'a dit tout ce que j'ai fait."
41 Bien plus nombreux encore furent ceux qui crurent à cause de sa parole à lui;
42 Et ils disaient à la femme : "Ce n'est pas seulement à cause de tes dires que nous croyons; nous l'avons entendu nous-mêmes et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde."

Et les hommes confirment à Jésus qu’il est le sauveur de tous, aussi des samaritains.
Pour Jésus la rencontre avec cette femme scelle une nouvelle étape « L’heure vient et elle est déjà ! » (Jean 4,23) Il comprend que la moisson est déjà prête, anticipée, abondante, dans un endroit où il ne s’y attendait pas.
34 Jésus dit à ses disciples : "…
35 Ne dites-vous pas vous-mêmes : "Encore quatre mois et viendra la moisson" ? Mais moi je vous dis : Levez les yeux et regardez; déjà les champs sont blancs pour la moisson !


Hors frontières avec la Cananéenne : Matthieu 15,21-28
Il s’agit d’une rencontre décisive, Jésus a traversé la frontière, il est sorti de chez lui. La rencontre est difficile, la femme est étrangère (cananéenne) – mais au fait qui est l’étranger de qui ? – elle crie et elle a une fille malade avec un diagnostic compliqué.
22 Et voici qu'une femme cananéenne sortie de ces régions-là criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par un démon. "
23 Mais il ne lui répondit pas une seule parole.

Silence étonnant (rarissime) de Jésus, alors que les disciples proposent de la renvoyer. Puis les paroles de Jésus aux disciples révèlent qu’il n’est pas sorti de sa façon juive de penser. Il comprend qu’il a une mission de compassion pour les brebis perdues de la maison d’Israël. Il est démuni, ne s’attendait pas à cette demande. (La religion juive n’est pas missionnaire).
La femme insiste, change d’attitude, entre dans un face-à-face, se prosterne.
Persévère dans sa demande " Seigneur, secours-moi ! "
26 Il répond et lui dit : " Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. "
27 Celle-ci dit : " Oui, Seigneur ! Mais aussi les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs seigneurs. "

Rien n’arrête et ne vexe cette femme, pas même l’allusion aux « petits chiens » - ce sont les païens – au contraire, cela lui donne même des idées. Elle propose à Jésus « le point de vue de dessous la table ». Une ménagère sait qu’il y a toujours des miettes qui tombent. Cela n’enlève rien aux enfants (aux juifs). N’y aurait-il pas quelques miettes pour elle et sa fille ? Nous sommes entre deux multiplications des pains.
Jésus est bouleversé, il vit un déplacement immense. Cette rencontre le fait entrer dans une nouvelle perception des frontières de sa mission. Elle demande la guérison de sa fille et obtient l’évangélisation des nations. Jésus dit :
28 " O Femme, grande est ta foi ! Qu'il advienne pour toi comme tu veux! "
Il est rare que Jésus dise à quelqu’un « comme tu veux » (// Mt 26,39). Jésus admire cette femme et reconnaît en elle une volonté qui est celle du Père.
La cananénenne est la patronne de la « Prière des mères ».

Au temple avec la veuve : Marc 12,41-44
Jésus est arrivé au point ultime de son chemin, à Jérusalem. Au temple l’atmosphère est tendue après avoir chassé les vendeurs et une discussion sur l’autorité de Jésus et l’argent. Jésus vient de mettre en garde contre les scribes qui aiment se faire voir, mais « dévorent les biens des veuves ».
A propos de veuve, en voilà justement une ! Alors que beaucoup de riches jettent beaucoup de pièces de bronze dans le trésor…
42 Vint une veuve, une mendiante, elle jeta deux piécettes…
43 Jésus appela auprès de lui ses disciples et leur dit : “Amen je vous le dis : cette veuve mendiante a jeté plus que tous ceux qui jettent dans le trésor.
44 Car tous ces gens jettent ce qui leur est superflu, tandis que celle-ci a pris de son indigence pour jeter tout ce qu'elle avait, sa vie tout entière".

Jésus enseigne à ses disciples à voir la vraie valeur d’une personne. Il dénonce l’hypocrisie des scribes. Il y a quelque chose de dramatique dans la démarche de la veuve qui donne tout au temple (qui dysfonctionne).
Cette femme donne « sa vie tout entière ». Sa vie ou ses moyens de subsistance ? Tenir la traduction forte. Cette femme donne toute sa vie à Dieu, dans le trésor de Dieu (cf. offrande que Dieu préfère). Jésus est émerveillé. Cette femme aide Jésus à entrer dans sa passion. Quelques jours plus tard, lui aussi va donner sa vie tout entière. Prendra le pain et leur donnera : « Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps ! », « En tes mains, Seigneur je remets mon esprit ».

Avec Marie à Béthanie : Jean 12
Dans l’évangile de Jean on nous raconte la première et la dernière semaine de Jésus, avec chaque fois, un banquet et une femme qui est là…
3 Marie prit alors une livre d'un parfum de nard pur de grand prix ; elle oignit les pieds de Jésus, les essuya avec ses cheveux et la maison fut remplie de ce parfum.
C’est un geste étonnant tout en silence. Une livre de nard c’est 340 g (prix d’un salaire annuel). Dans l’évangile de Jean on est dans l’excès des parfums (Jean 19,39 Nicodème 100 livres). Le parfum versé ne se thésaurise pas, il exprime le don. Rien n’est trop précieux pour remercier Jésus d’avoir redonné la vie à Lazare. Le nard apparaît aussi dans le Cantique des Cantiques dans une scène qui ressemble à celle de Béthanie : « Tandis que le roi est en train de se reposer à table, mon nard a donné son parfum » (Cantique 1,12 traduction LXX). Ce geste d’accueil exceptionnel exprime reconnaissance, humilité, il désigne aussi Jésus comme l’époux qui vient. Judas évoque le gaspillage. Paradoxalement, il a raison, il y a un gaspillage immense quand Jésus donnera sa vie pour tous les pauvres.
Jésus révèle la portée prophétique du geste de Marie. Elle a raison de s’occuper de lui. Son embaumement a déjà commencé. Cette femme le reconnaît comme l’époux attendu. Ce geste d’abaissement a marqué Jésus, il va l’imiter quelques jours plus tard (lavement des pieds).
Marie accompagne Jésus sur son chemin de passion.

Monique Dorsaz
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