Homélies

01.03.2020 / 1er dimanche de Carême

Premier dimanche de Carême : célébration du rite d’appel des catéchumènes

Avec l’entrée en carême par l’imposition des cendres le mercredi des Cendres, l’Eglise entame le cheminement vers Pâques. Et pour rythmer ce cheminement, un des rites qui marquent ce temps est célébré à la basilique en ce premier dimanche de Carême : le rite d’appel des catéchumènes qui vont recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne à la veillée pascale. Il s’agit de trois candidats adultes. La célébration dominicale est présidée par Mgr Jean Scarcella qui a invité les catéchumènes et les fidèles présents à s’habituer à l’écoute de la Parole de Dieu pour lutter efficacement contre les égarements de notre monde actuel.
Lectures : Gn 2,7-9 ;3, 1-7a / Ps 50 / Rm 5, 12-19 / Mt 4, 1-11

Mes sœurs, mes frères,
Les lectures de ce jour nous portent à l’écoute. À l’écoute de la Parole qui donne la vie, et à l’écoute de voix qui poussent à la mort. En fait ce sont deux voix peu recommandables pour le moins : celle du serpent et celle du tentateur. Deux voix apparemment différentes parce qu’en œuvre à des moments différents de l’histoire, mais qui en fait n’en sont qu’une : la voix du Malin, la voix de la mort. À l’heure de la création de l’homme et de la femme, c’est le serpent qui intervient dans le jardin. À l’heure où Jésus se prépare à commencer sa vie publique, c’est le tentateur qui va le rejoindre jusqu’au désert. Que ce soit le paradis de la Genèse, lieu privilégié de naissance de toute vie, ou le désert, lieu connoté qui exprime la mort, le diable ne fait pas de différence.
Dans le paradis terrestre Dieu « insuffla dans les narines de celui qu’il avait modelé avec la poussière tirée du sol » un souffle de vie, « et l’homme devint un être vivant ». Quand il créa le monde, Dieu utilisa sa parole pour faire advenir peu à peu toute la création : ”Que la lumière soit… que les plantes portent semences… que les oiseaux du ciel volent…”, mais pour la création de l’homme, pas de parole qui porte à la vie, seul son souffle de vie, souffle qui donne la vie.
Et au milieu du jardin il y avait l’arbre de vie. Et, étrangement, Dieu avait dit à Adam et Ève de n’en pas manger le fruit sous peine de mourir. Comment comprendre qu’un arbre de vie puisse donner la mort ? De là à la croix de Jésus, frères et sœurs, il n’y a qu’un pas. L’arbre de la croix est celui où Jésus est mort, où Jésus a donné sa vie pour que nous ayons la vie. Ève ne pouvait pas, pas plus qu’Adam d’ailleurs, goûter à ce fruit de vie avant que Jésus ne devienne lui-même ce fruit sur l’arbre de la croix.
Adam a mangé le fruit et, par ce geste, a ouvert la porte au péché, qui ainsi « est entré dans le monde ». Saint Paul nous l’a dit, et a même renchéri par ces mots sévères : « Par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché ». Ainsi Jésus a-t-il pris sur lui le péché du monde qui a le poids de la mort et, par sa mort a-t-il rendu la vie au monde. Jésus, celui qui apparaît comme le nouvel Adam, sublime la « faute d’un seul » par le don de la grâce par qui le monde sera sauvé. Ainsi l’a expliqué saint Paul en disant : « Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus-Christ et de lui seul, règneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes ».
Ainsi, à la parole de mort, celle de la tentation conduisant au péché, répond la parole de vie, celle de la grâce conduisant au pardon. La grâce qui nous est faite, frères et sœurs, et ce depuis notre baptême, c’est ce fruit de vie tombé de l’arbre de la croix ; nous vivons sous le régime de la grâce, qui nous offre les délices de l’amour de Dieu, en Jésus, fruit de vie donné pour que nous ayons la vie. Et cette vie nous l’avons, nous la partageons avec lui, parce qu’elle nous a été donnée à notre baptême.
Après que Dieu créateur ait modelé le premier homme, Adam, avec la poussière du sol, Jésus, le nouvel Adam s’est agenouillé quarante jours et quarante nuits dans le sable du désert. Ce temps de retirement vécu au désert, là où l’esprit l’avait conduit, a permis à Jésus de veiller, de prier, de se préparer à modeler son être d’envoyé, en faisant du désert comme un lieu de nouvelle naissance ; un lieu de préparation à l’accomplissement de la justice de Dieu par le don de sa vie, pour conduire « tous les hommes à la justification qui donne la vie », comme l’a proclamé encore saint Paul.
Et, une nouvelle fois, comme il l’avait fait pour Adam, le tentateur s’approche du nouvel Adam pour chercher à détruire ce mouvement initiant la justification de l’homme que Jésus est appelé à accomplir. Le diable sait très bien que Jésus rachètera la faute d’Adam et que le règne du mal, son propre royaume, sera détruit. Ainsi, en venant rencontrer Jésus au désert, le diable, en quelque sorte, cherche à sauver sa peau. Sauver sa peau signifie pour lui pouvoir continuer à régner dans un monde de ténèbres où le péché est roi, alors que le seul qui peut sauver l’humanité c’est Jésus qui, dans son sacrifice par amour pour l’homme, instaurera le règne de lumière où l’amour sera roi, parce que l’Amour c’est Lui.
Alors donc, le tentateur s’approche de Jésus en l’interpellant et en disant : « Si tu es le Fils de Dieu… », comme si la chose était douteuse ! Mais le diable essaie, par ce subterfuge, de pousser Jésus à le lui prouver… Il a fait la même chose avec Ève : si vous mangez du fruit de cet arbre « vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux ». Cette tentation, frères et sœurs, nous ne la connaissons que trop bien ! Combien de fois se manifeste-t-elle en nous sous la forme d’un désir capable de tromper notre intelligence, notre esprit, nos sens, et surtout notre volonté. Au point où nous devenons capables de nous persuader, qu’est de l’ordre du bien, quelque chose qui en fait appartient au mal.
Arrive alors la première tentation. Mais le tentateur sait-il, qu’en faisant allusion au pain, il parle déjà de Jésus, le pain vivant descendu du ciel ? Ce n’est pas à nous d’en juger, sauf que la réponse de Jésus est claire : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».
Jésus n’est-il pas cette Parole ? Le Verbe incarné ? Le pain de vie donné en nourriture aux hommes ? – Bien sûr, et nous le savons, notre foi nous l’affirme. Ainsi ces premières paroles, disons-le, ”publiques” de Jésus, sont déjà un dévoilement de son être même, son être de nouvel Adam, la parole de Dieu faite chair et donnée en nourriture, en pain de vie, pour que l’homme vive.
Dans les deux autres tentations Jésus fait référence à l’œuvre de vie qu’il est venu accomplir sur cette terre. Ne pas mettre à l’épreuve le Seigneur notre Dieu, c’est lui faire confiance, obéir à sa Parole, vivre de son amour. Au contraire, mettre le Seigneur à l’épreuve serait le porter en confrontation avec nous, ce qui est impossible puisque de lui nous tenons la vie.
Enfin, le fait de rendre un culte à Dieu seul implique que lui seul peut recevoir nos actes d’adoration. Rendre un culte à Dieu c’est vivre la louange ; vivre la louange c’est connaître en Dieu l’auteur de notre vie. Une fois encore on voit que la finalité de tout est la vie.
Jésus, en donnant sa vie sur l’arbre de vie, nous a insufflé sa vie. Jésus, en acceptant la tentation au désert, s’est dévoilé Parole de vie. Jésus, en se livrant pour nous, « pain rompu pour un monde nouveau », nous donne « en abondance de don de la grâce » qui nous rend justes ; c’est-à-dire cette grâce qui nous justifie, nous affranchissant de l’œuvre de mort du péché, afin de nous obtenir la puissance de vie de son amour.

Mgr Jean Scarcella
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