Homélies

19.01.2020 / 2e dimanche ordinaire

Nous prions pour l’unité des chrétiens

En ce 2e dimanche du Temps Ordinaire A, la liturgie reprend pour nous les textes de la solennité du Baptême du Seigneur, déjà célébrée le dimanche dernier. Le Chanoine Alexandre Ineichen qui préside l’Eucharistie propose de méditer sur le salut que Dieu réalise pour l’humanité à travers le mystère de l’Incarnation. C’est aussi dans le projet de Dieu qu’il faut comprendre l’unité des chrétiens afin que « Le Christ soit tout en tous ».

Chers frères, chères sœurs,
Déjà les décorations de Noël ont presque toutes disparu de l’espace publique : les crèches rangées, les illuminations remisées et, à la déchetterie, les sapins, devenus secs. Les fêtes de fin d’année sont en effet une suite d’événements qui éclaire sous différents angles le mystère chrétien. On commence avec Noël qui nous rappelle l’Incarnation de notre Dieu pour arriver au Baptême du Christ, manifestation et inauguration du ministère du Fils de Dieu, en passant par la contemplation comme mère de Dieu de la Vierge Marie, la mère de ce Jésus, et par l’adoration des mages venus d’Orient pour rendre hommage au Roi des Rois par l’or, l’encens et la myrrhe.
Aujourd’hui, ce dimanche, devrait donc commencer le temps ordinaire où l’on suit, pas à pas, mot à mot, le ministère de Jésus et sa prédication. Pourtant, hasard du calendrier ou injonction liturgique, nous commençons ce temps, voulu ordinaire, par la répétition et le commentaire d’un des épisodes déjà fêtés : le Baptême du Christ. Aussi permettez-moi de commenter les textes de ce dimanche à la lumière d’un passage du Credo de Nicée-Constantinople, que nous réciterons.
Avant de décrire à grands traits, l’histoire de Jésus, né, mort et ressuscité, cette partie du texte, du Credo, plus philosophique que biblique, que j’aimerai vous présenter, nous explicite les objectifs de la vie de Jésus, vie si rapidement, mais essentiellement, tracée par la suite - comme je le disais. Reprenons-les donc : Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel. Ainsi c’est à cause de nous les hommes, premier but de l’incarnation, que Dieu est devenu l’un d’entre nous, mais c’est aussi pour notre salut, second but de l’incarnation, que le Fils de Dieu est descendu du ciel. D’une part, dans l’Evangile, que nous venons d’entendre, l’Evangéliste saint Jean donne la parole à Jean le Baptiste qui désigne ce Jésus comme l’Agneau de Dieu, comme Dieu lui-même, car avant lui il était.
La conséquence première de la descente de Dieu en notre monde est donc de nous rappeler que chaque homme, que tous les hommes sont des créatures de Dieu, de la conception à la mort, d’ici et d’ailleurs, d’aujourd’hui comme d’hier et de demain. En d’autres termes, Isaïe l’annonçait déjà : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d’Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » Dieu n’abandonne jamais sa création. N’hésitons pas, non seulement à nous le rappeler, mais surtout à y croire et à y mettre toute notre foi. Alors le regard que nous aurons sur notre monde, sur soi-même et sur notre prochain prend une toute nouvelle dimension.
Jésus se fait baptiser pour nous dire qu’il est fils de Dieu, que, pour nous, les hommes, il est descendu du ciel. D’autre part, l’Agneau de Dieu - Jean le Baptiste nous le rappelle aussi - enlève le péché du monde. Ce péché, c’est l’abandon de ce regard sur l’univers, sur cette création voulue par Dieu. A l’humanité, nous préférons souvent notre nation, notre race, notre religion. Pire, nous l’oublions pour ne nous concentrer que sur nous-même, sur moi-même. Ainsi, même si nous sommes tous créés à l’image et la ressemblance de Dieu, par notre égoïsme, notre particularisme, voire par notre racisme, nous détruisons cette unité voulue par Dieu. Combien de fois je préfère moi plutôt que toi. Combien fois nous nous opposons aux autres - nous si parfaits, si humains, eux si imparfaits, si…
Pourtant, Dieu nous a créés : un homme, une femme, un être particulier. Toute la difficulté, toute la tragédie humaine est de surpasser cette diversification qui nous caractérise tous. En effet, nous sommes un élément d’une humanité une, nous sommes chacun particulier. Ainsi le péché est de contourner cette difficulté en rejetant tous les autres et en ne considérant que soi-même, seul, et par-là, bien éloigné de Dieu. Jésus en devenant l’un d’entre nous, nous rappelle certes que l’humanité est une, mais aussi que c’est par son humanité incarnée que Jésus peut nous sauver de notre enfermement, de notre réclusion et de notre mal qui est toujours une exclusion.
Cette semaine, nous prions pour l’unité des chrétiens. N’est-ce pas l’occasion de se rappeler notre origine commune ? N’est-ce pas l’occasion de tenter ici et maintenant un rapprochement possible et authentique ? Par ailleurs, en célébrant l’eucharistie, nous célébrons notre unité car nous y affirmons que Jésus est venu restaurer toute l’humanité. Humanité où il n’y aura plus, homme et femme, Juif et païen, esclave et homme libre car Jésus sera tout en tous. Pour nous, les hommes, Jésus, l’Agneau de Dieu, est descendu du ciel. En même temps, l’eucharistie, le partage du pain et du vin, est la réalisation ici et maintenant de notre salut.
En communiant au corps et au sang de Jésus, Christ, nous recevons le salut que Dieu veut nous partager, si nous le voulons. Et pour notre salut, Jésus, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché des hommes, est descendu du ciel.

Alexandre Ineichen
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