Homélies

24.12.2019 / Messe de Minuit

Chaque nuit de Noël manifeste la joie, provoque à la danse et apporte la paix

Que se passe-t-il en cette nuit sainte de Noël ? La révélation du plein mystère de Dieu qui s’incarne dans notre monde. C’est le contenu de cette révélation que Mgr Jean Scarcella relit dans son homélie de cette nuit de Noël à partir des scènes que présente le récit de la naissance de Jésus : « Ces scènes manifestent la joie, provoquent à la danse et apportent la paix. Voilà trois réalités, comme trois états d’âme, qui pourront nous aider à méditer sur le mystère de Noël ».
Référence des textes liturgiques : Is 9,1-6 / Ps 195 / Ti 2,11-14 / Lc 2,1-14

Mes sœurs, mes frères,
Lire le récit de la naissance de Jésus au cœur de chaque nuit de Noël amène, immanquablement des images à notre esprit. On ne peut pas écouter ce récit sans en imaginer les scènes. Ces scènes que précisément nos crèches aiment mettre en œuvre, pour le regard de nos yeux, mais peut-être aussi pour le contentement de nos cœurs. Ces scènes manifestent la joie, provoquent à la danse et apportent la paix. Voilà trois réalités, comme trois états d’âme, qui pourront nous aider à méditer sur le mystère de Noël.
Face à ce récit qui parle aux cœurs et aux intelligences, ce récit qui est semblable à tant d’autres qui racontent la naissance d’un enfant, il y a la présence du mystère. D’une part l’évidence et la totale compréhension d’un événement, et d’autre part le parfait mystère sur le sens et la réalité qu’il véhicule.
Quand le prophète Isaïe annonce ce moment si important pour l’histoire humaine, il parle tout de suite du peuple qui « a vu se lever une grande lumière ». Là encore, l’image est facile à intégrer si nous nous référons à un beau lever de soleil ; mais cette lumière n’a pas seulement éclairé – c’est-à-dire fait ce pourquoi elle existe – elle a resplendi, ce qui veut dire qu’elle a pris à partie celui qu’elle inonde de sa force étincelante. Dès lors on aurait pu croire qu’Isaïe s’intéressât au « peuple qui marchait dans les ténèbres »… Eh bien non ! Voici qu’il s’adresse à quelqu’un qui n’est ni présent, ni défini : « Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson ». "Tu"… "Toi"… de qui s’agit-il ? On répondra peut-être un peu vite qu’Isaïe s’adresse à Dieu, ce qui semble une évidence, mais connaissons-nous celui qui n’est pas nommé ? Celui qui est ”l’inconnaissable”, comme le disait Grégoire de Nazianze ? Nous plongeons donc là, frères et sœurs, au cœur du mystère ; et tout ce qui nous est donné comme accroche pour essayer de saisir ce qui se passe, c’est la joie ainsi provoquée.
La joie qui existe comme une réalité palpable dans la vie de l’homme, et la joie qui est l’expression d’un don originel que nous ne pouvons pas adopter brutalement, parce que nous devons l’apprivoiser. La joie n’existe pas pour elle-même, elle vient nécessairement de quelque part, elle nous est donc donnée et se manifeste toujours au cœur d’un événement. Ainsi la joie qui nous anime ce soir, frères et sœurs, la joie qui habite nos cœurs, elle se reçoit de la naissance d’un enfant, ce qui est tout à fait normal – allais-je dire ! Mais cette joie, en ce qu’elle est joie, nous dit précisément ce soir quelque chose du mystère, à savoir la naissance du Fils de Dieu en notre monde. Oui, en cet enfant, Dieu se fait homme, il devient l’un de nous comme chacun de nous devenons l’un des hommes. Ainsi la joie nous révèle une part du mystère de Noël.
Et l’ange ne s’y trompe pas, lui qui annonce aux bergers : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple ». « Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable qui louait Dieu ». Ça y est, le sujet de notre joie est dévoilé : il s’agit de Dieu ! Et saint Paul n’a pas hésité avant de nous apprendre à attendre « que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ ».
C’est au cœur de ce mystère de Dieu qui « s’est donné pour nous afin de nous racheter de nos fautes », que se révèle la vraie joie, celle manifestée par cette troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». Et nous, ici-bas, nous dansons de joie.
Imaginez, frères et sœurs, le ballet de ces anges dans le ciel, le virevoltement des ailes, le chant des airs ainsi animés, toute une chorégraphie pour exprimer la joie. Même « les arbres des forêts dansent de joie » nous dit le psaume ; et pourquoi ? – « Car le Seigneur vient pour juger la terre ». « Il vient ! » Encore une fois, il y a le récit qui réjouit le peuple, qui nous réjouit, mais il y a la joie qui est l’expression de son mystère. Et on aimerait bien l’exprimer par des mots, des raisonnements, des explications, mais on n’arrive pas à formuler quoi que ce soit, parce que la joie ne s’explique pas, elle se vit en nous ; alors… nous dansons ! Oui nous dansons, frères et sœurs, nous dansons avec les anges, nous dansons avec les arbres, nous dansons… Oh, je sais bien que sous nos latitudes la danse n’est pas spontanément le mode premier, choisi pour exprimer la joie, contrairement à d’autres continents, mais la danse reste une expression extérieure de nos sentiments intérieurs ; ainsi pourra-t-on aussi parler de la danse du chant, de la danse de la musique, de la danse de la prière. Oui, nous pouvons parler de danse chaque fois qu’une joie nous anime de l’intérieur, nous met en mouvement d’une manière ou d’une autre. Ainsi cette nuit, en cette fête de la Nativité, notre cœur est en danse ! Prenons ici à notre compte, frères et sœurs, ce verset du psaume 139 : « Dansez à la louange de son nom, jouez pour lui, tambourins et cithares ! »
Ainsi se dévoile un autre pan du mystère, qui non seulement met le cœur en joie pour se laisser toucher par l’enfant nouveau-né, mais aussi met notre corps en danse pour exprimer notre désir de le suivre, de danser sur ses pas.
Et enfin, nous le savons bien, si la joie s’exprime par la danse, la danse existe par le rythme qui la soutient. Dans notre contexte ce ne sera ni une valse, ni une samba, mais une paix. Oui, frères et sœurs, notre joie danse au rythme de la paix.
Nous avons vu que la joie est une part de l’expression du mystère de la Nativité, que cette joie se manifeste dans la danse du cœur, signifiant le bonheur qui s’installe au monde en cette nuit de Bethléem, et que tout cela est rythmé par la paix. En effet, comment être joyeux sans avoir la paix en soi ? Comment danser, exulter si notre être est alourdi par des œuvres de guerre qui anéantissent la paix ? Si la joie répond à la naissance d’un enfant et que sa divinité nous provoque à la danse, la paix sera le fondement du mystère, certainement la part la plus préhensible pour nous ; dans la naissance de son Fils, et par elle, Dieu veut apporter la paix au monde, parce que Jésus est sa Parole d’amour faite chair, et que l’amour est source de paix. Relisons alors la prophétie d’Isaïe dans toute sa force : « Oui, un enfant nous est né… (cet enfant est donc né pour nous…), un fils nous a été donné… (ce don du Fils fait de nous ses frères et sœurs). Sur son épaule est le signe du pouvoir… (le pouvoir qui se manifeste dans le seul amour) ; son nom est proclamé : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Quel programme ! Jésus est tout ça à la fois, parce que Jésus est tout, il est Dieu, ”l’au-delà de tout”… Enfant, il est prince, parce que fils du roi qu’il deviendra pour nous, et prince de la Paix. Si je le répète ici c’est parce que, dans le texte, le mot – Paix – porte une majuscule ; la paix n’est pas quelque réalité non palpable, mais que l’on ressent, certes, la Paix est quelqu’un, la paix c’est Dieu ! C’est donc lui qui rythme nos vies, qui accompagne la vie du monde en jésus, dont – dit encore Isaïe – « Le pouvoir – entendez l’amour – s’étendra, et la paix sera sans fin […] pour son règne qui s’établira. »

Mgr Jean Scarcella
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