Homélies

05.01.2020 / Epiphanie

Que veut dire : « se réjouir d’une très grande joie » ?

La solennité de l’Epiphanie a été présidée par Mgr Jean Scarcella. Dans son homélie, Mgr Jean est revenu sur un autre aspect de la joie de l’incarnation : celle des Mages qui viennent de loin adorer « L’Enfant qui vient de naître ». Comme eux, les chrétiens sont conviés à la joie : « se réjouir d’une très grande joie ».
Référence des textes liturgiques : Is 60,1-6 / Ps 71 / Ep 3,2-3.5-6 / Mt 2,1-12

Mes sœurs, mes frères,
Nous sommes dans les jours qui suivent la naissance de Jésus, toujours à Bethléem, dans la même étable. Là se trouvent « Jésus et sa mère », nous dit l’Évangile. Et Joseph ? Serait-il sorti pour une quelconque besogne ? Peut-être… ou bien faut-il voir ici que le mystère de Dieu se manifeste en l’enfant et sa mère ?
Nous sommes toujours là, depuis 10 jours, et il semble que jusque-là rien ne se soit passé. Quand on regarde les crèches que nous confectionnons chez nous pour Noël, celle que nous pouvons admirer au fond de notre basilique, nous voyons toute une vie autour de l’étable de Bethléem. Tout un monde qui vit, s’affaire et vaque à ses activités quotidiennes. Tout cela sort de notre imagination, malgré tout nourrie de faits nécessairement réels, on est bien d’accord. Pourtant, l’Évangile ne nous relate rien de tout cela ; à part la visite des bergers envoyés par les anges près de l’enfant nouveau-né, il semble que rien ne bouge dans la pauvre étable, bien triste palais de roi. Rien ne se passe, comme si l’événement était passé complètement inaperçu, sans que personne semble en avoir même pris conscience. On pourrait même parler d’un fait divers qui semble sans intérêt.
Pourtant nous étions avertis par le prophète Isaïe : « Debout Jérusalem ! » Où es-tu peuple de Dieu ? Bouge-toi, ton Sauveur est né, « elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » « Debout ! », c’est presque un ordre auquel s’accroche cette constatation du prophète sur les ténèbres qui couvrent la terre et la nuée obscure qui couvre les peuples. « Debout ! », nous enjoint Isaïe, « debout, sortez de vos ténèbres, de vos aveuglements, de vos guerres et vos injustices, sortez des prisons de la corruption et du péché, débarrassez-vous des liens infernaux qui ternissent le regard, blessent le cœur et appesantissent l’âme ».
« Debout, Jérusalem, peuple de Dieu, chrétiens du XXIe siècle : debout ! – Ne voyez-vous pas mon étoile ? » Oh, oui, l’étoile… Voilà quelque chose de nouveau près de l’étable de Bethléem. Une étoile qui s’est levée à l’Orient, là où le soleil se lève, et qui est venue jusqu’à Jésus, comme pour y reconnaître la lumière qui la compose : Jésus, « Soleil levant qui vient nous visiter », avait prophétisé le prêtre Zacharie, père de Jean le Baptiste.
Enfin, après ce long silence dans lequel fut plongé l’événement de l’incarnation du Fils de Dieu, voici que quelque chose d’extraordinaire se passe. Des mages, des hommes venus d’Orient font le voyage jusqu’à Bethléem, guidés par une étoile. Des hommes qui, non pas viennent ranimer la léthargie qui semblait s’être installée à la crèche, mais au contraire, qui vont révéler la plénitude du mystère qui s’y trouve réellement. Une étoile, comme un phénomène intéressant pour ces chercheurs savants, ces « mages », dit le texte biblique, mais une étoile aussi comme un guide pour qui cherche la vérité et s’y laisse conduire. L’analyse astronomique peut apporter certainement de la satisfaction quand on est un scientifique qui étudie l’univers, mais la réalité mystique d’une manifestation divine va assurément provoquer chez l’homme qui la découvre un tout autre sentiment ; c’est ce que nous rapporte saint Matthieu quand il nous dit des mages arrivés à Bethléem : « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. »
Que veut dire : « se réjouir d’une très grande joie » ? Serait-ce se réjouir d’avoir le cœur en joie, une certaine auto-jouissance ? Certainement pas ! Je pense qu’il s’agit plutôt de se réjouir d’un événement qui apporte une très grande joie, parce qu’il est lui-même cette joie ! Et quelle est cette joie ? La joie d’un père qui a engendré un fils, la joie de Dieu le Père devant la naissance de son Fils Jésus.
Cette joie avait aussi été annoncée par le prophète Isaïe la nuit de la naissance : « Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse » (Is 9,2) ; et puis il y eut l’annonce de l’ange aux bergers la nuit de Noël : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple. » (Lc 2,10) ; et enfin il y a encore la voix des guetteurs dont Isaïe nous dit qu’« Ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à son Sion. Éclatez en cris de joie, vous ruines de Jérusalem » (Is 52,8-9), « Debout, Jérusalem, resplendit ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi ». L’étoile est là sur l’étable de Bethléem, les mages, guetteurs venus d’Orient sont là et expriment leur joie, donnant ainsi corps à cette joie du Père qui ne cessa d’habiter l’humble étable. Les mages « entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ». Joseph, le père terrestre ne semble plus être présent, mais la joie du Père céleste révèle son Fils comme Sauveur aux mages. Alors ceux-ci n’ont pour seule réponse qu’un seul geste : « Tombant aux pieds [de l’enfant], ils se prosternèrent devant lui ». Voici donc l’attitude qui révèle la divinité de Jésus, le Christ. Voilà ce que les mages attestent par leur visite : l’avènement du Fils de Dieu en notre chair ; ils sont ces rois qui marchèrent vers la lumière et la clarté de l’aurore, car enfin point déjà et commence à se lever, en ce jour de L’Épiphanie, le jour de Dieu !
Le calme de ces derniers jours à l’étable de la Nativité portait déjà, comme en gestation, la joie de la manifestation de Jésus comme Fils de Dieu, Roi des Juifs. Une autre preuve par les mages attestant la force de ce mystère fut les cadeaux qu’ils déposèrent aux pieds de l’enfant. Ce sont nos cadeaux, qui disent la vérité et la profondeur de notre foi en l’Incarnation de Jésus. L’or de la royauté dit pour nous le caractère inaliénable et inaltérable de l’amour que nous avons appris du Seigneur et dont nous témoignons. L’encens de la vénération dit pour nous l’attestation de notre totale adhésion par la foi au mystère de Dieu. La myrrhe de l’adoration dit pour nous l’espérance de la résurrection promise par le Christ. Aimer Dieu, vénérer Dieu, adorer Dieu, voilà notre charte de vie chrétienne, frères et sœurs, dans la charité, la foi et l’espérance. A nous aussi ce mystère est manifesté ; la divinité du Christ, nous appelant à sa suite, nous associe à son Corps, à son héritage, à sa promesse.

Mgr Jean Scarcella
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