Homélies

01.01.2020 / Sainte Marie, Mère de Dieu

Célébration du nouvel An 2020 : « Il nous faut la Mère qui enfante le Seigneur en nos vies »

En ce premier jour de l’An, c’est Monseigneur Jean Scarcella qui préside l’Eucharistie. Il médite pour nous le mystère de Marie dans la Rédemption et exhorte à la prière mariale comme une école d’enfantement de Jésus dans le monde de notre temps : « Il nous faut la Mère qui enfante le Seigneur en nos vies ».
Référence des textes liturgiques : Nb 6,22-27 / Ps 66 / Ga 4,4-7 / Lc 2,16-21

Mes sœurs, mes frères,
Avec les bergers retournons ce matin à la crèche. Nous y trouverons encore « Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans la mangeoire ». Rien ne semble avoir changé depuis le soir de Noël : le même décor… la même scène… le même silence… Et pourtant il semble que cette naissance s’immerge de plus en plus dans l’humanité que, par elle, Dieu rejoint en Jésus de la crèche. Les bergers, sortes de SDF, de bandits un peu hors-la-loi, sont ceux qui, les premiers, reçoivent l’annonce de cette naissance par les anges ; ceux-ci les ont interpellés en leur disant : « Ne craignez pas ! », alors qu’on pourrait bien imaginer que des gens comme ces bergers n’ont en soi pas froid aux yeux !
Cette crainte exprimée ici n’a rien à voir avec la peur, mais au contraire elle va pousser les bergers à vouloir découvrir l’objet de cette annonce, afin de ne le manquer en aucun cas. C’est un cri céleste qui engage à la confiance et encourage à l’ardeur. Et voici que les bergers découvrent la scène exactement comme les anges la leur avaient annoncée. Et qu’ont-ils vu ? Rien de particulier : un nouveau-né avec son père et sa mère ; et j’imagine que pour eux qui vivent dehors et à l’écart, le côté qui pourrait paraître incongru dans cette scène, au contraire leur aura parlé, découvrant peut-être, en cet enfant né sur un peu de paille, un des leurs ! Ils se seront certainement émerveillés, comme on le ferait tous en pareille occasion, et auront peut-être échangé quelques mots avec les parents de l’enfant. Mais je n’en suis pas sûr ! En effet, l’atmosphère de présence infinie de Dieu et de présence totale de l’homme devait parler directement aux cœurs. D’ailleurs le texte nous dit qu’ils allèrent à Bethléem, découvrirent l’enfant et que, « après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant » : « Aujourd’hui, dans la ville de David vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » Certainement ne comprirent-ils pas la portée d’une telle annonce, mais toujours est-il qu’ils ont été capables de la recevoir, tant la réalité de la situation pouvait leur parler ; assurément ils ne pouvaient que se sentir concernés… comme par l’un des leurs… Et le seul dialogue qu’ils auront pu avoir fut certainement celui du cœur, là où Marie « méditait tous ces événements ».
Je crois que nous aussi, retournant à la crèche, nous allons désormais appréhender cet événement d’une manière autre, nouvelle. Nous sommes dès lors interpellés par lui ; on ne peut pas en rester avec l’image d’Épinal que nous avons sous les yeux, on doit entendre ce qu’ont raconté les bergers et nous en étonner, au même titre que tous ceux à qui ils s’adressaient : « Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé », nous rapporte saint Luc.
Comment ne pas voir dans cet épisode comme une nouvelle mise au monde de Jésus par Marie ? Marie, sous l’action de l’Esprit Saint, a donné vie à un enfant ; ainsi en cela, dès le départ, elle donne son enfant au monde, elle fait naître Dieu au monde. Et ce geste profondément maternel, elle va le répéter tout au long de sa vie : au temple de Jérusalem : « Ne savez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? », à Cana de Galilée lors d’une noce : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue » ; au sommet du Calvaire pour les dernières paroles de Jésus en croix : « Tout est accompli ».
Toute sa vie Marie a enfanté son fils au monde, l’a donné au monde afin que le monde connaisse Dieu. Les paroles de Marie sont peu nombreuses, seul son cœur de Mère a beaucoup parlé, par contre elle n’a eu pour langage que sa maternité. C’est par elle qu’elle participe au salut du monde, nous enfantant chacun à notre rôle de fils et filles de Dieu : « Voici ton fils », dit Jésus à Marie, debout face à la croix ; « Voici ta mère », dit Jésus à Jean, prostré au pied de la croix. Voici la Mère, la Mère des douleurs et des consolations, des joies et de la sagesse, la Mère du conseil et de toutes tendresses, autant d’enfantements continus de Jésus au cœur des hommes.
Oui, frères et sœurs, Marie est Mère en cela qu’elle est la mère de Dieu, son propre créateur ; elle est Mère en cela qu’elle est la mère de Jésus, Fils de Dieu ; et, en lui, Jésus qui nous l’a donnée pour mère à tous sans exception, nous devenons frères et sœurs en notre humanité héritiers de la vie même de Dieu.
Alors n’oublions pas que Marie est aussi notre mère, la mère de tous ceux qui ne font qu’un seul corps avec le Christ ; elle est donc la Mère de l’Église. C’est en cela qu’elle est Mère de Dieu ; par sa maternité humaine elle met Dieu au monde, elle nous le remet entre nos mains humaines, afin que remplis de l’Esprit du Christ, nous devenions uns avec Lui, formant son corps continué sur terre, ce corps mystique qui est l’Église. Elle met Dieu au monde, pour faire advenir le monde en Dieu.
Tout cela, encore une fois, les bergers ne le savaient pas. Reste qu’ils ont été témoins du premier enfantement de Marie, donné en cadeau aux hommes. Assurément ils se sont sentis concernés et ils nous renvoient une image que nous sommes appelés à faire nôtre.
Oui, Marie Mère de Dieu, est la mère qui nous installe dans notre statut de fils de Dieu, celle par qui nous allons à Jésus, la mère qui prend soin de ses enfants. Dans notre vie spirituelle nous ne pouvons laisser Marie à part ; elle est un élément essentiel de la révélation et de la Rédemption. Non seulement et l’une et l’autre s’originent en son sein, mais encore sont attachées à son « Oui » originel à l’ange ; et ce « oui » se poursuit par nos vies, puisque membres du corps du Christ, nous offrons au Seigneur notre espace d’être, notre existence totale comme lieu d’incessante incarnation, de présence continuée au monde.
Sommes-nous capables de cela seuls ? Non, il nous faut la Mère qui enfante le Seigneur en nos vies. Marie n’est donc pas seulement la femme appelée à donner la vie, Marie est la Mère qui rend l’incarnation sensible, au jour de Bethléem, comme à tous les jours de nos vies.
Au huitième jour après la naissance de Jésus elle a prononcé ce nom que l’ange lui avait rapporté de la part de Dieu, et là encore, par cette attitude, elle participe à l’œuvre de salut de son Fils Jésus « Dieu sauve ». Le Seigneur bénit sa mère et par elle nous garde, son visage est brillant de l’amour de Dieu et se reflète sur l’humanité, elle est messagère de paix que toutes les générations invoqueront et, en elle, seront bénies.

Mgr Jean Scarcella
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