Homélies

29.12.2019 / La Sainte Famille

Les vertus de la sainte Famille

En ce dimanche du temps de Noël, nous célébrons la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Cette célébration poursuit la méditation du mystère de la nativité que Noël nous fait contempler. En décryptant les événements historiques qui constituent le contexte dans lequel la sainte Famille a vécu, le Prieur Roland Jaquenoud exhorte les fidèles à imiter les vertus familiales dont parle saint Paul : « Revêtez-vous de tendresse, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement ».

Mes frères, mes sœurs,
« Revêtez-vous de tendresse, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement ». Ces vertus dont nous parle Saint Paul dans la lettre aux Colossiens, que nous avons entendue en deuxième lecture de cette messe, ces vertus sont vraiment des vertus familiales, en ce jour où nous fêtons la sainte Famille, comme modèle de toutes nos familles. Il y a là quelque chose de beau, quelque chose de doux, quelque chose qu’il faudrait suivre. Et il nous plaît de les contempler, ces vertus, dans la famille que forment Jésus, Marie et Joseph.
Et pourtant loin d’une image d’Epinal de nos crèches de Noël au pied du sapin, l’Evangile d’aujourd’hui nous fait entendre un moment de crise, de crise grave dans la vie de la sainte Famille. Joseph doit prendre l’enfant et sa mère et s’enfuir en Egypte parce que l’enfant est menacé. L’évangile que nous avons entendu est tronqué en son milieu. La liturgie saute un petit bout. Ce petit bout, nous l’avons entendu hier. Hier, jour des saints Innocents, où nous avons lu le massacre des enfants à Bethléem par les soldats du roi Hérode qui cherchaient à tuer Jésus.
Voici qu’en ce temps de Noël, en ce dimanche qui suit de si près la belle fête de Noël, l’Eglise nous plonge au milieu du drame, au milieu de la tragédie. La sainte Famille, c’est une famille de réfugiés. Ils ne vont pas dans un endroit habituel. Ils doivent se réfugier en Egypte. Or l’Egypte, dans l’Ancien Testament, c’est le symbole de la patrie où le peuple était en esclavage. L’Egypte, ce n’est pas une terre promise, c’est même l’antithèse de la terre promise. Et c’est là que la sainte Famille, conduite par Joseph, doit se réfugier. Et puis, pour que l’enfant puisse vivre, il y a ce massacre de dizaines d’enfants innocents qui n’en peuvent rien.
Mes frères, mes sœurs, voici que la lumière de Noël, la magie de cette fête, comme on dit maintenant, n’est finalement pas si magique que ça. La sainte Famille, ce n’est pas d’abord une vie paisible ; la sainte Famille, c’est une vie de combat. Et cela commença dès le début. A Noël, nous avons contemplé l’enfant dans la crèche. Cela nous a fait plaisir, cela nous a fait du bien parce que nos crèches à nous sont des crèches insonores, inodores. Mais regardons ce qui s’est passé. Jésus naît dans une étable, son berceau c’est une mangeoire : ça pue, c’est quelque chose pour les animaux ; et c’est là que le fils de Dieu est né. Dès le début, l’histoire de Jésus nous montre que le vrai Dieu, la lumière du monde, né dans les ténèbres d’un monde en décrépitude, d’un monde dominé par le mal, d’un monde dominé par la violence. Et c’est ce qu’éprouve la sainte Famille au long de son exil. Ce qu’ont éprouvé les mères et les pères de ces enfants massacrés.
Et quand tout ce calme après la mort d’Hérode, Joseph, Marie et Jésus rentrent en Israël. Mais là aussi il y a un détail important : « Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère et rentra dans le pays d’Israël. Mais apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée, à la place de son père Hérode, il y eut peur de s’y rendre ». Même à son retour en terre promise, la sainte Famille doit se veiller, doit faire attention à la politique, parce que, même en ce moment-là, Jésus n’est pas en sécurité. Sans doute que Joseph au départ pensait se rendre en Judée, à Jérusalem sans doute. On sait que Marie dont la cousine était Elisabeth, femme de prêtre, Marie était sans doute de famille sacerdotale. Et puis la tradition nous dit que depuis l’âge de 12 ans, elle aurait vécu dans le temple, le lieu normal pour Marie comme pour Jésus, c’eut été Jérusalem, la demeure de Dieu. Eh bien ! Non ! On ne peut pas s’y rendre, c’est trop dangereux. On se rend bien en terre promise, mais on va en Galilée. C’est-à-dire bien plus au nord, c’est-à-dire dans des espèces d’enclaves, séparées de la Judée par la Samarie, par un endroit où vivent des mauvais croyants. Ces Samaritains auxquels on ne parle pas.
Mes frères, mes sœurs, toute cette histoire nous rappelle que Jésus-Dieu est venu dans un monde en conflit, dans un monde dominé par le mal, dans un monde de ténèbres et nous l’avons entendu lors le prologue de saint Jean : « Les ténèbres ne l’ont pas reçu ».
En relisant ce que disait saint Paul tout à l’heure, lorsqu’il parlait des vertus de tendresse, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience, lorsqu’il parlait du pardon, en regardant bien ce texte, nous comprenons bien que ce texte n’est pas destiné d’abord aux familles. Rappelez-vous ce que saint Paul disait au commencement du texte : « Puisque vous avez été choisi par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, alors, revêtez-vous de tendresse, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement ». Les vertus dont parle saint Paul ici ce sont des vertus que doivent exercer des gens qui ont été sanctifiés et choisis par Dieu. C’est-à-dire, mes frères, mes sœurs, chacun d’entre nous. Si nous sommes ici, si nous sommes croyants, ce n’est pas en raison de nos mérites. C’est parce que c’est Dieu qui quelque part, parle à notre cœur.
Le jour de notre baptême, nous avons été sanctifiés. Et c’est à nous, à chacun d’entre nous, quelque soit l’état de notre vie, de pratiquer ces vertus qui sont les vertus des saints. Or, il n’y a pas rien de plus saint que la sainte Famille. Dans cette sainte Famille, ils sont tous saints. L’enfant Jésus, il est Dieu fait homme. La Vierge Marie, elle est préservée du péché originel depuis le jour de sa conception. Saint Joseph, il a accepté de donner toute sa vie pour veiller sur les mystères du salut, les mystères de Jésus et de sa mère. Et donc, nous pouvons comprendre que dans les situations extrêmes, qu’ils sont amenés à vivre, dès le début de la naissance de Jésus, dans ces situations si difficiles, ils pratiquent les vertus de tendresse, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience, de pardon.
Nous avons beaucoup parlé de ce monde de ténèbres et de nuit. Jésus, Marie et Joseph, c’est la petite lumière qui naît, qui petit à petit va éclairer ces ténèbres. Et de la lumière de saint Paul, nous apprenons qu’« éclairer les ténèbres », c’est justement accepter de se revêtir de tendresse, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. C’est apprendre à pardonner, apprendre à se supporter mutuellement. C’est cette lumière-là qui est née un jour à Bethléem, dans un temps de crise, dans une vie difficile, dans une situation si pénible que sans doute personne d’entre nous ne voudrait la vivre ; encore que bien de nos frères et sœurs en humanité, de nos jours, la vivent : cette situation d’exilés et de réfugiés, cette situation de danger courue au quotidien. Eh bien ! C’est dans cette situation-là qu’ils ont été et qu’ils sont la vraie lumière du monde et qu’à leur suite, nous qui avons été consacrés par le baptême, nous devons être en ce monde.
Jésus est la lumière du monde. Il nous apprend nous aussi à devenir lumière. Non pas une lumière éclatante, non pas un bruit tapageur. Mais une lumière de tendresse, de compassion, de douceur, de bonté, d’humilité, de patience et de pardon. Nos vies ne sont pas difficiles que la vie de la sainte Famille. Notre consécration, elle vient d’eux. Alors apprenons à être dans ce monde des témoins de ceux que nous contemplons à la crèche de Noël. Cessons de faire de nos célébrations de Noël des folklores. Faisons de nos célébrations de Noël des moments de conversion, des moments où nous apprenons à nous mettre à sa suite, à leur suite pour être dans ce monde les lumières dont nos frères et sœurs ont tant besoin.
Amen !

Roland Jaquenoud
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