Homélies

25.12.2019 / Noël (messe du jour)

Noël : « la frise qui orne et nimbe le mystère contemplé du Dieu fait homme »

En ce jour solennel de Noël, la joie de la Naissance du Fils de Dieu est dignement célébrée à la basilique de Saint-Maurice lors de la messe pontificale présidée par le Père-Abbé, Mgr Jean Scarcella. Dans son homélie, il médite le mystère du Dieu fait homme et il appelle les fidèles à s’émerveiller de « l’admirable échange » où la divinité s’unit à l’humanité et où l’homme peut rencontrer Dieu, la gloire de sa Parole faite chair : « Oui, le mystère de Noël nous donne à contempler l’humanité de Dieu en Jésus-enfant fait homme (…). Le ciel touche la terre et la terre lève les yeux vers le ciel. C’est la frise qui orne et nimbe le mystère que nous célébrons : l’humanité de Jésus manifestée par la Parole de Dieu. »
Référence des textes liturgiques : Is 52,7-10 / Ps 97 / He 1,1-6 / Jn 1,1-18

Mes sœurs, mes frères,
Les mots chantés en ouverture de notre liturgie sont simples, beaux, parlant : ils campent le décor de l’événement extraordinaire de l’histoire de l’homme que nous fêtons aujourd’hui : ”Un enfant est né pour nous”. Et cet enfant, nous dit encore la liturgie de ce jour est appelé : « Messager de Dieu » (Introït) : « Un enfant nous est né ("Puer natus est"), un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on l’appelle Messager de Dieu ». Nous parlions de décor à l’instant, eh bien le voici dessiné ! Si la Sainte Nuit de Noël, cette nuit passée, nous vivions le mystère de la Nativité dans un décor très palpable, à savoir l’étable de Bethléem et le champ des bergers, en ce jour saint de Noël le décor est tout autre ; il est celui du Messager de Dieu. Et que fait un messager sinon annoncer une nouvelle par sa parole ? Cette nuit il y avait la mangeoire où reposait le Fils de Dieu, aujourd’hui, il y a la voix du messager dans laquelle se reconnaît la Parole de Dieu : Jésus enfant, silencieux dans un berceau de fortune rembourré de paille, Jésus Fils, Parole de Dieu régnant déjà sur le monde… quel « admirable échange » !
Oui, le mystère de Noël nous donne à contempler l’humanité de Dieu en Jésus-enfant fait homme, et tout à la fois sa divinité en Jésus-Parole qui annonce le salut. Le ciel touche la terre et la terre lève les yeux vers le ciel. Revenons alors à notre décor d’aujourd’hui, celui de la parole. Bien moins palpable que celui de la nuit, il n’en reste pas moins la frise qui orne et nimbe le mystère que nous célébrons : l’humanité de Jésus manifestée par la Parole de Dieu.
Oui, frères et sœurs, nous sommes rendus là à ce célèbre verset 14 du premier chapitre de l’Évangile de saint Jean : « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1,14). Il y a d’un côté le « logos » - selon le texte grec, c’est-à-dire la Parole, et de l’autre la « doxa » en grec, c’est-à-dire la gloire, cette gloire telle qu’est, celle du Fils unique, venue du Père. La Parole de Dieu, le Verbe fait chair, est engendrée à notre humanité, et sa gloire manifeste son origine divine : une voix qui s’entend et la gloire que l’on peut voir, nous dit saint Jean.
Quel décor ! Voir et entendre… entendre et voir… Et, paradoxalement ce que nous voyons c’est la gloire de Jésus – quelque chose d’immatériel, en soi – et ce que nous entendons c’est le silence d’un nouveau-né ! Mais, frères et sœurs, laissons-nous émerveiller, dépassons nos catégories par trop humaines, et rejoignons la force du mystère qui nous enveloppe aujourd’hui. Voir l’invisible et entendre le silence sont, je crois, deux attitudes fondamentales du chrétien. Pourquoi ? Parce que cela ne peut se vivre que dans la foi. Et notre foi ne se rattache pas au seul événement de la Nativité, mais à toute l’Histoire sainte qui en trouve ici son accomplissement.
Nous le savons, Dieu parle, depuis toujours. Ses premiers mots furent ceux de son souffle à l’heure de la création du monde ; Dieu dit et cela est : « Il parla, et ce qu’il dit exista ; il commanda, et ce qu’il dit survint », nous rappelle un psaume ! (Ps 32,9). Ensuite Dieu parla à Abraham et lui indiqua un chemin à prendre, sans but annoncé… démarche de foi ; puis Dieu parla à Moïse, en lettres de feu gravées sur les tables de la loi… démarche de foi ; ensuite Dieu parla par les prophètes pour préparer son peuple à sa venue prochaine… démarche de foi ; enfin Dieu, au moment approprié vient parler, « lui-même en personne, en se revêtant d’une forme humaine » explique le Bx Antoine Chevrier. La voix des siècles s’incarne et devient voix de l’éternité ! Quel mystère ineffable, frères et sœurs : Dieu est désormais avec nous, l’Emmanuel venu habiter parmi nous pour nous parler, pour nous enseigner et nous montrer sa gloire. La Parole de Dieu qui s’était manifestée, on va dire par bribes, dans la bouche des prophètes au long de l’histoire sainte, cette Parole aujourd’hui est venue parmi nous, s’installant dans un corps d’homme semblable au nôtre. Dieu est ainsi présent à nos vies, à la vie du monde, et nous parle en Jésus, nous faisant découvrir la Bonne Nouvelle, c’est-à-dire tout ce que le Père veut nous dévoiler.
Pourquoi ce souci de Dieu face à nous ? Rappelons-nous ces quelques mots de la Lettre aux Hébreux entendue à l’instant : « Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils […]. Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils […] s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux. » En regard de cette phrase relisons un passage du texte d’Isaïe de tout à l’heure : « Les guetteurs élèvent la voix » et, « de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion ». Ainsi « tous les lointains ont vu le salut de Dieu ».
Voilà, frères et sœurs, le souci de Dieu pour nous, et parce qu’il nous aime d’un fol amour : le souci de notre salut. Le souci de notre vie, cette vie qu’il nous a donnée, semblable à la sienne et qu’il veut sauver de toute mort pour qu’elle rejoigne la sienne, son origine, dans l’éternité de son amour. Oui, l’Emmanuel, Dieu avec nous, couché dans une mangeoire humaine et assis sur un trône divin, ce Fils de Dieu et Dieu fait homme, a pris chair de notre chair pour notre salut.
« Ô, quel admirable échange » dit une antienne grégorienne de l’Octave du temps de Noël : « Ô admirable échange ! Le créateur du genre humain, prenant un corps d’homme, a accepté de naître d’une vierge. Et le voici, homme sans père ici-bas, qui nous dispense sa divinité. »
Oui, le Seigneur veut notre salut ; c’est ainsi que nous pourrions mettre en parallèle de cette antienne de noël un verset du chant de l’Exultet, l’hymne de Pâques qui nous dit « Ô bienheureuse faute qui nous valut pareil Rédempteur ». L’œuvre de mort de la faute d’Adam est transformée en œuvre de vie par Jésus né, mort et ressuscité pour nous : « Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel. Par l’Esprit Saint il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme », dit notre Credo. C’est bien la phrase centrale de notre profession de foi qui trouvera en écho cet autre verset de l’Exultet de Pâques : « Ô nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s’unit à la terre, où l’homme rencontre Dieu ».
Noël est la même « nuit de vrai bonheur », mais peut-être que dans cette naissance du Fils de Dieu à l’humanité c’est la terre qui s’unit au ciel, c’est Dieu qui vient rencontrer l’homme, pour que ce dernier puisse avoir part à sa vie divine. Ainsi dans sa naissance aujourd’hui, le Rédempteur nous a fait naître à la vie divine ; en prenant notre humanité, il nous fait participer à sa divinité. Voici comment se réalise le plan de salut de l’humanité par Dieu : il a créé l’homme à sa ressemblance et, dans la Nativité de son Fils, il investit l’homme de sa divinité, pour que nous vivions par Lui, avec Lui et en Lui dans l’éternité de son amour. C’est ainsi que la préface de cette liturgie nous l’assurera en disant : « Lorsque ton Fils prend la condition de l’homme, la nature humaine en reçoit une incomparable noblesse ; il devient tellement l’un de nous que nous devenons éternels ».

Mgr Jean Scarcella
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