Homélies

22.12.2019 / 4e dimanche de l'Avent

Des annonciations qui nous font méditer sur la spiritualité de Noël

Le quatrième dimanche de l’Avent entraîne résolument l’Eglise dans le mystère à vivre dès la nuit de la Nativité : Noël. C’est ce que relève le chanoine Antoine Salina qui préside l’Eucharistie dominicale. Dans son homélie, il revient sur les cinq récits d’annonciation prophétique ou angélique qui aident les fidèles à entrer dans la spiritualité de Noël.

Eh bien ! Frères et sœurs,
Entre jeudi dernier et aujourd’hui, ce n’est pas moins de cinq annonciations que nous sommes amenés à entendre et à méditer.
- Le livre des Juges nous fait lire la promesse à la femme de Manoah. Promesse d’un enfant, Samson. Samson qui sauvera Israël de l’emprise des philistins.
- Nous avons aussi aujourd’hui l’annonce au roi Acaz qui s’était tourné vers idoles mais que Dieu n’a pas abandonné parce qu’il avait un dessein pour son peuple.
- Il y a eu l’annonce à Zacharie, époux d’Elisabeth, la femme stérile à qui fut promis Jean le Baptiste, le précurseur. Et Zacharie se tut jusqu’à la naissance de son fils.
- L’annonce à Marie, Vendredi, avec cette réponse qui engage toute notre humanité : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre Parole ». Et tant il est vrai que Dieu se tourne vers notre humanité, il se pose presque en état de demandeur, il attend de nous une réponse, il a attendu de Marie une réponse. L’ange Gabriel était suspendu d’une certaine manière aux lèvres de celle qui devait devenir la Mère de Dieu.
- Il en est de même aussi ici avec Joseph qui n’est pas encore son époux, qui est son « Promis ».
Tout cela nous ramène à cette promesse de temps immémorial qui prend ses racines déjà dans la Genèse. Toute l’histoire du salut se trouve résumée dans cette attente. C’est quelques jours qui nous séparent de Noël. Et nous avons donc la réponse de Marie qui était le fiat et cette visite à Elisabeth. Mais ne croyons pas que pour Joseph, les choses vont de soi. Il a vu, il a compris la grossesse de Marie.
Il est souligné qu’il est un homme juste. Le terrain, le « terreau » est bon. Il est Juste, je gage aussi que comme Marie, il a entendu la Parole de Dieu, il a entendu la loi, il a eu le loisir de la méditer. Et parce qu’il connaît la loi telle qu’il l’a entendue et méditée dans le livre du Deutéronome, je pense au Dt 22, eh bien, Joseph qui est un homme juste mais qui est aussi un homme bon, ne veut pas faire jeter l’opprobre sur Marie, voire même lui faire prendre des risques plus grands encore. Risques que sans doute Marie avait évalués lorsqu’elle avait dit : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » ; car le regard des hommes pouvait se transformer aussi en danger pour Marie.
Laissez-moi juste vous citer ce verset du Dt 22 : « Lorsqu’une jeune fille vierge est fiancée à un homme, si un autre homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous les deux à la porte de cette ville et vous les lapiderez jusqu’à ce que mort s’ensuive ». Ils ne pouvaient, ni l’un, ni l’autre, ignorer ce verset et, certainement la loi n’était pas appliquée dans toute sa rigueur à l’époque de Jésus.
Mais néanmoins, Joseph est conscient de ces risques et c’est pourquoi, il décide de renvoyer Marie en secret pour lui donner une chance d’épouser l’homme dont il supposait qu’il était à l’origine de sa grossesse. Et ainsi, l’honneur de Marie serait sauvé mais aussi sa vie, mais aussi le regard de tous sur elle et son enfant. Joseph était prêt à faire ce sacrifice et humainement, en fait, il faisait le maximum de la réponse que nous pouvions donner sans avoir cette inspiration suprême de l’Esprit Saint. Mais ce qui change tout, c’est cette visite nocturne à cet homme mûr qui est Joseph, cet homme qui prêt à l’écoute.
Et je crois qu’il est très intéressant aujourd’hui encore, aujourd’hui déjà que l’on ait enfin réparé dans la liturgie, j’entends, un oubli qui avait été fait, en rétablissant la place de Joseph à côté de « la Bienheureuse Vierge Marie, Joseph son époux » dans nos prières eucharistiques. On citait les martyrs et les apôtres, on ne citait même pas Joseph.
Et je crois que Joseph est pour nous l’archétype du juste qui aime Dieu et qui nous donne aussi la réponse qu’il nous est aussi possible de puiser dans son attitude. Il est celui qui a accueilli sans condition l’Emmanuel. Il est celui a connu l’exil face à la fureur et à la panique du roi Hérode. Il est celui qui a vu grandir Jésus et on ne pouvait même pas imaginer ce que pouvaient être ces dizaines d’années passées auprès de celui qui était le fils de Dieu pour voir aussi comment agissait en lui la divinité qui était constitutive de son être. On en a une impression, souvenez-vous quand dans l’épisode des docteurs de la loi, Jésus, douze ans, se trouve éloigné de sa famille qui rentrait en Galilée, étant allée pour la Pâque à Jérusalem, et s’inquiéta de l’absence de ce fils qu’elle retrouva trois jours plus tard, en grande conversation théologique au temple avec les docteurs de la loi et au reproche que lui firent ses parents, c’est-à-dire, « Mon fils nous étions morts d’inquiétude ! » « Mais ne saviez-vous pas je dois être aux affaires de mon Père ».
On dit de Marie qu’un glaive lui a transpercé le cœur. On pense à la croix. Mais je pense qu’un glaive a pu transpercer le cœur, à l’un comme à l’autre, ses parents, à cette parole qui semble tellement raide : « Ne dois-je pas être aux affaires de mon Père », soulignant par-là, à la fois sa proximité certes avec ses parents, mais l’abîme aussi qui le sépare de notre humanité.
Dieu et homme, nous en prenions conscience aussi dans ces paroles-là. Il a été le père nourricier, il a été celui qui lui a appris un métier, il l’a accompagné toute sa vie durant et finalement Joseph et Jésus, c’est une histoire de trente ans. Jésus et nous, ce sont les trois ans et naturellement les deux mille ans qui ont suivi. Mais néanmoins, ce qui pour nous est extraordinaire, si nous sommes chrétiens, c’est que nous sommes du Christ. Si nous sommes du Christ, nous sommes du Christ en humanité mais aussi, par grâce, dans sa divinité.
Et nous sommes appelés à vivre, d’une certaine manière, la même expérience que Joseph et Marie en prenant vraiment conscience, profondément de ce que le Christ n’est pas que le Christ ou Monsieur Jésus historique. Mais qu’il est véritablement le fils de Dieu qui nous rejoint dans notre humanité. Il est la réponse. Il est celui après lequel il n’y a plus rien à ajouter. Il n’y a qu’à méditer, il n’y a qu’à nous approprier en intelligence mais aussi en spiritualité, tout ce que cela signifie pour nous.
Vous avez vu au fond de l’Eglise, vous la reverrez pour ceux qui ne l’ont pas vue, elle s’illuminera en ce moment-là, la crèche. Vous verrez la place vide encore, puisque c’est dans la nuit de Noël que le Christ arrive. Et vous verrez la place de Joseph qui souvent dans l’iconographie médiévale est représenté en avant d’une crèche, l’air un peu dubitatif, plutôt plus petit. On le voit sur une de nos chasses de notre trésor, plus petit que les autres personnages dont Maire, Jésus et l’âne et le bœuf, qui a l’air de se poser la question, on pourrait presque l’entendre penser : « Aï ! Qu’est-ce qui m’arrive ? »
Et c’est vrai que d’une certaine manière, quand Dieu nous rejoint dans nos vies, il y a de quoi se demander : « Aï ! Où cela va-t-il m’amener ? » Et finalement, la réponse de Joseph, elle est vraiment brève ! Quelle est sa réponse ? Elle n’est même pas une réponse en parole, parce que finalement, on n’a jamais entendu Joseph dire une parole. Je gage qu’il a parlé. Sa parole c’est laquelle ? Sa parole, c’est sa réponse. C’est son être. Tout simplement : « Il prit chez lui son épouse ». Et sa vie en a été bouleversée.
Eh bien ! Puissions-nous, frères et sœurs, à l’instar de Joseph, de Marie, de tous ces saints et saintes et prophètes qui ont entendu le Christ, puissions-nous nous laisser bouleverser par la nouvelle de Noël et dire avec Marie : « Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » ou encore comme Joseph : « Ainsi, il prit chez lui son épouse. »

Antoine Salina
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