Demain, c'est dimanche

04.03.2018 / Le corps du Christ, temple de la parole donnée et partagée

Dans l’histoire de l’humanité, les réseaux de communication entre les gens ont pris différentes formes. Signaux de fumée, messagerie par pigeons voyageurs, code Morse, tam-tam africain, messagerie postale, téléphone… autant de systèmes mis en place pour tenter de vaincre la distance qui nous sépare les uns des autres. Mais rien ne remplace la communication directe avec quelqu’un. Se tenir en présence de l’autre, l’écouter, échanger la parole.
Le développement d’internet a considérablement raccourci les distances entre nous et il est ultrarapide. Je puis envoyer un courriel ou un SMS à un correspondant et en recevoir une réponse dans l’instant qui suit. Cependant, en dépit des immenses avantages de l’informatique, on peut se poser la question : ce type de communication n’est-il pas tronqué ? Dépouillé de ce qui fait le propre de la communication humaine, l’écoute et la parole partagée ? Privées de celles-ci, nos relations risquent de se dessécher, de s’assimiler au simple réseau des relations commerciales où l’on échange des marchandises mais qui exclut l’échange entre les personnes, l’interaction entre un « je » et un « tu », le don de l’un à l’autre.

L’évangile de ce dimanche raconte la restauration de relations vraies : celles des hommes avec Dieu et celles des hommes entre eux. On sait que le réseau des marchands du temple avec leurs bêtes, les changeurs de monnaie permettant aux fidèles de payer ou de faire une obole avec une monnaie pure – et non pas la monnaie de l’occupant romain, à l’effigie de César – étaient justifiés puisqu’il servait au fonctionnement de la religion. Sans doute le mercantilisme sévissait-il ainsi que la corruption du haut clergé. La religion risquait alors de devenir un système privé des vraies relations, celles des hommes entre eux et celles de Dieu avec eux tous. D’ailleurs le temple (le Saint des saints), censé être le lieu de la rencontre entre la terre et le ciel, était vide !
Un tel vide, Jésus le comblera par sa présence de Ressuscité. Le temple véritable sera désormais « le temple de son corps ». Par le don que Jésus fait aux hommes de sa passion et de sa mort, l’humanité ressuscitée et sainte de celui-ci devient le lieu où Dieu est présent au milieu des hommes. Dans le corps du Christ, temple où chaque être peut accéder, à la fois à Dieu et à ses frères et sœurs, les relations interhumaines, qui risquaient de devenir un pur commerce, sont totalement renouvelées. Dans le Christ, Dieu fait don de sa présence ; il s’agenouille auprès de chacun (cf. le lavement des pieds) et il confie chacun aux soins de l’autre (cf. Jn 19, 27 – « Femme, voici ton fils » et « voici ta mère ») La mort et la résurrection de Jésus instaurent des relations nouvelles. Par l’Esprit que Jésus donne au monde sur la Croix (cf. Jn 19, 30), toute distance est abolie, entre Dieu et les hommes, et des hommes entre eux.

Le Christ, Verbe de Dieu, se présente comme le nouveau et véritable temple, demeure totalement investie par la parole. C’est à l’abri de cette maison du Verbe qu’ils se tiennent quand un « je » parle à un « tu ». Dans l’échange de la parole, l’ami écoute l’ami, l’époux écoute l’épouse ; tous deux se tiennent à l’écoute mutuelle l’un de l’autre. Mais qu’est-ce donc qu’ils écoutent ensemble sinon cette Parole substantielle par qui tout a été fait et dont nous demandons qu’elle nous soit donnée chaque jour – cf. la quatrième demande du Notre Père interprétée par Origène (IIIe siècle) : le pain que nous demandons, c’est le Logos, la Parole ? Le Verbe éternel qui « parle » le monde, le porte dans l’existence, nous anime par son souffle.

La 1re lecture récite le décalogue, la Loi qui structure l’univers humain et qu’on peut résumer en dix paroles. Pour le disciple toutefois, ces paroles ne prennent tout leur sens que contemplées et vécues dans celui qui est la Parole unique. Dans le Verbe incarné les commandements trouvent leur achèvement. Le disciple ne s’attache plus désormais à des énoncés, mais à une Personne. « La suite de Jésus Christ comprend l’accomplissement des commandements. La Loi n’est pas abolie, mais l’homme est invité à la retrouver en la Personne de son Maître qui en est l’accomplissement parfait. » (CEC 2053) Sans crainte nous pouvons alors méditer le psaume de ce dimanche : « La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ».

Chanoine Jean-Claude Crivelli
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