Demain, c'est dimanche

04.02.2018 / Maladie de saison

Chez les animaux supérieurs – dont nous sommes – la température du corps est maintenue constante, quelle que soit la température extérieure, par des mécanismes dits de “thermorégulation” qui conditionnent la production et la déperdition de chaleur. Il peut cependant arriver que ces mécanismes soient déréglés par des substances pyrogènes, des toxines microbiennes par exemple. Il en résulte de la fièvre.
La fièvre, un thème bien de saison, n’est-ce pas? Votre belle-mère est peut-être la proie de mécanismes subversifs et pyrogènes? Pourquoi pensez-vous que l’Évangile mentionne la belle-mère de Simon? C’est une question très sérieuse! Et à question sérieuse, réponse sérieuse! Voyez plutôt.

Dimanche dernier, avec Jésus, nous nous trouvions à la synagogue. Là le maître parlait avec autorité, avec cette façon qu’il a de mettre les gens en question, de les aider à discerner en eux ce qui est du bon esprit, et ce qui vient du mauvais. Rappelons-nous l’esprit impur quittant de manière bruyante un homme possédé. La synagogue: on s’y rend le jour du sabbat. Et ce sont les hommes surtout qui s’y rendent. La femme, elle, veille sur le sabbat domestique : selon les préceptes de la “halakah” (la jurisprudence rabbinique), elle doit par exemple allumer les lampes du sabbat. Elle reste donc plutôt dans la maison. Alors on comprend pourquoi Jésus tient à visiter également la maison familiale. Et qu’il y rencontre celle qui garde cette maison. La Bonne Nouvelle, cela ne concerne pas seulement l’assemblée liturgique, mais encore la vie quotidienne, les faits et gestes professionnels et ménagers.

Ici il nous faut observer deux choses:
1. La synagogue – c’est-à-dire l’assemblée liturgique - c’est le lieu de la parole, de l’enseignement. Nous disions combien, lorsque Jésus parle (commente les Ecritures), cela marque les esprits.
La maison, quant à elle, symbole de l’existence quotidienne, est le lieu du geste. Or le geste que Jésus fait n’est pas un simple signe: c’est une action concrète qui fait du bien à l’autre, qui le met debout. Un acte de résurrection – comme le vocabulaire grec le rappelle ici au v. 31. Jésus se manifeste comme le Dieu qui guérit les blessures de l’humanité. Le psaume 146, psaume de méditation, résonne comme une sorte de commentaire du geste du Christ.
2. Mais il y a plus encore. Et ici il nous faut revenir sur la fièvre. Il ne s’agit pas simplement de la température physique du corps humain. Il est une autre fièvre, plus perfide, dont Job nous entretient (1ère lecture). Tout le mal de vivre qui jette à terre tant de gens, et qui est une maladie constante, sans cesse à l’affût de notre humanité. “Je suis envahi de cauchemars”, dit Job, notre frère. Peut-être qu’aujourd’hui une des formes de ce mal vivre serait la fièvre du stress, l’agitation qui donne à certains l’illusion de vivre. Il y a des gens qui pensent être quelqu’un simplement parce que, accrochés à leur IPhone, ils peuvent exhiber un agenda hyperchargé. Des gens comme cela, il en existe aussi dans la “maison de la belle-mère”: entendez dans notre Eglise. Ces ministres de Jésus Christ qui n’ont jamais le temps – mais ils ne sont pas les seuls. Il est des époux qui ne trouvent pas le temps de s’aimer. Des parents qui n’ont pas de temps à consacrer à leurs enfants. Ce n’est pas nécessairement de notre faute: souvent nous sommes pris, les uns et les autres, dans un tourbillon qui nous dépasse.

Alors nous dépensons une énergie folle pour rester à la hauteur, pour être compétitifs. Et nous devenons nerveux, irritables, susceptibles… Cette énergie, nous pourrions la réserver à autre chose. Par exemple: simplement pour être de bonne humeur. Pour vivre dans la paix avec soi-même et avec les autres. Pour “être tout à tous”, pour partager la faiblesse des plus faibles – comme dit l’Apôtre Paul. Simplement pour “servir”.

Et ici nous retrouvons la belle-mère de Simon. Si le Seigneur la guérit de sa fièvre, c’est pour la mettre au service de la communauté. Mais, pour cela, il faut accepter qu’un autre nous prenne la main, nous “réveille”. Eh! toi qui cours après le temps, tu ne vois pas que tu te raccourcis la vie inutilement. “Tu as la réputation d’être vivant, et tu es mort. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur.” (Ap 3, 2)

Chanoine Jean-Claude Crivelli
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