Demain, c'est dimanche

26.11.2017 / Le jugement dernier

Le dimanche 26 novembre est la fête du Christ-Roi. En ce jour, la liturgie nous fait lire la grande fresque du jugement dernier en Matthieu 25, 31-46. Le Jugement dernier, voilà bien un thème peu actuel en ces temps où l’on insiste sur la Miséricorde. Si peu actuel que dans le Nouveau Testament, il est assez rare. Même dans le célèbre livre de l’Apocalypse, où on l’attendrait en priorité, il se résume à peu de choses: la résurrection finale des morts et la précipitation de la mort et du séjour des morts dans l’étang de feu, dont il est dit: «L’étang de feu, c’est la seconde mort» (Ap 20, 14). Avec une petite note au verset suivant (15) : «Et si quelqu’un ne se trouvait pas inscrit dans le livre de la vie, il était précipité dans l’étang de feu». C’est tout. Pas de scène grandiose de jugement. Rien.

Dans saint Matthieu, il en est tout autrement. On y trouve une grande fresque: «Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui: il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.» Un jugement, une «pesée», avec la conclusion finale, terrible, définitive: «Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle».

Pourtant, on attendrait de l’Evangile que Jésus nous y parle plutôt de miséricorde. Eh bien justement, il parle de miséricorde. Mais pour une fois, il parle de celle que nous devons à notre prochain. Ecoutons ces paroles qui se veulent un véritable avertissement:

J’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront (…):
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service?’
Il leur répondra:
‘Amen, je vous le dis:
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’ (Mt 25, 42-45)

Pas de salut pour moi, si je n’ai pas été miséricordieux envers mon prochain. Pas de vraie spiritualité, pas de vraie prière, si elle ne s’ouvre sur un service concret du Christ, qui est le service des pauvres: «Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait».

Dans ce passage, Jésus veut réveiller l’establishment des bons croyants. Notre foi est vaine si elle ne nous amène pas au service du petit. Puissions-nous entendre la voix de notre Seigneur et Roi!

Chanoine Roland Jaquenoud