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27.08.2017 / Vérité du Christ, vérité du chrétien

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16, 16) On peut entendre la confession de Pierre d’une oreille dogmatique, reconnaissant « le caractère transcendant de la filiation divine de Jésus Messie » tel que « celui-ci l’a nettement laissé entendre. » (CEC 442).

Une telle confession toutefois ne concerne pas seulement Jésus : elle vise aussi les disciples, les disciples que nous sommes. Elle proclame ce que nous sommes en vérité et que nous ne pouvons rejoindre que par l’amour de charité. Comprendre qui est Jésus ne peut se faire qu’à travers la manière dont lui-même s’est révélé comme Fils de Dieu et Christ, manifestant au monde que le Père aime tous les hommes. La confession de Césarée proclame en fait l’amour inconditionnel de Dieu pour tout homme, amour qui trouve sa révélation définitive dans le don que le Christ-Messie fait de sa propre vie.

Confessant le Christ, Fils du Dieu vivant, le disciple – il n’est pas au-dessus de son maître (cf. Mt 10, 24) – est appelé à concrétiser cette confession à travers des actes d’amour-charité. Si un tel amour venait à lui manquer, sa confession serait celle d’un métal qui résonne, d’une cymbale retentissante (cf. 1 Co 13). Confesser le Christ, Fils du Dieu vivant, revient à respecter les plus petits, à pardonner à ses frères, à vivre en témoin de la miséricorde – à la suite du Christ lui-même. Accueillir et respecter chacun, pardonner à tous, à ses ennemis même, faire œuvre de miséricorde, telles sont les fondations propres à édifier la communauté nouvelle, l’Eglise de Jésus Christ. Contre l’amour véritable, la puissance de la mort ne saurait l’emporter.

On mesure combien cet amour-là va au-delà des liens familiaux, conjugaux ou amoureux, et que lui seul peut leur conférer leur plénitude et leur achèvement. C’est sans doute dans le sens d’une communauté fondée sur des liens autres que ceux de la nature humaine qu’on peut comprendre certains propos surprenants de Jésus : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera». (Mt 10, 37-39) Ou encore : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? ». Étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (Mt 12, 48-50)

Le chemin qui nous fait entrer dans la connaissance de Jésus et nous permet de le confesser comme Christ – envoyé par le Père pour révéler aux hommes qu’ils sont aimés de Dieu – passe par l’amour-charité, c’est-à-dire par le don de soi aux autres sans restriction ni de race ni de croyance, quand bien même ces derniers nous veulent et nous font du mal jusqu’à attenter à notre vie. Les persécutions supportées aujourd’hui avec amour par tant de communautés chrétiennes sont comme une hymne à la louange du Christ Seigneur, lui le Fils du Dieu vivant, livré aux mains des hommes (cf. les trois annonces de la Passion chez Matthieu).

Chanoine Jean-Claude Crivelli