Demain, c'est dimanche

15.06.2017 / Fête-Dieu

« J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » (1Co 11, 23-24). C’est par ces mots très solennels que saint Paul introduit son récit du « Repas du Seigneur », qui a eu lieu le soir avant la crucifixion de Jésus. Lui-même n’y a pas assisté. Il n’a pas connu Jésus lors de sa vie terrestre. Pourtant il insiste : ce qu’il a transmis vient bien du Seigneur lui-même, et de personne d’autre.

Au début donc de ce repas, sous l’espèce du pain, Jésus fait don à ses disciples de ce Corps qu’il va livrer le lendemain sur la Croix. Et après le repas, « il fit de même avec la coupe, en disant : Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » (1Co 11, 25). Et voilà que sous l’aspect du vin de la coupe, il fait don du Sang qu’il va verser le lendemain.

Ainsi donc, le sacrifice de la Croix est unique, mais le don qui y est fait, celui du Corps et du Sang de Jésus, se renouvelle chaque fois que nous, les disciples du Seigneur d’aujourd’hui, nous réunissons pour « faire cela en mémoire » de Lui. Dans la Bible, le corps, c’est la personne tout entière. Le sang, c’est le lieu de la vie. En son Corps et en son Sang, Jésus se donne lui-même tout entier et partage avec nous sa propre vie, et il renouvelle ce don dans chaque eucharistie. Il fallait bien au moins une « Fête-Dieu » pour fêter et rendre grâce de ce don inestimable. Jésus lui-même, au début de ce repas, rend grâce, remercie. Il remercie non seulement du pain, fruit de la terre et du travail des hommes, mais surtout de pouvoir offrir son Corps et son Sang pour le salut du monde. Le mot rendre grâce se dit en grec eucharistein. C’est le mot employé ici par saint Paul. C’est aussi le mot eucharistie qui désigne, en Orient comme en Occident, dans toutes les églises où elle a été conservée, la célébration des mystères du Corps et du Sang du Seigneur. Chaque Messe est une immense action de grâce : action de grâce du Christ pour le don qu’il fait de Lui-même, action de grâce de ses enfants pour l’inestimable don reçu.

La messe est bien plus qu’un simple rite liturgique. Elle est le lieu et le temps où Dieu se donne. Elle est le plus grand baiser d’amour que Dieu veut faire à chacun de nous. Qu’il est dommage de passer à côté !

Chanoine Roland Jaquenoud