Demain, c'est dimanche

04.06.2017 / Le vent souffle où il veut

Certainement qu’il vous est arrivé de devoir fermer vos fenêtres pour ne pas entendre le bruit causé par la sérénade des stores que le vent agite dans un fracas assourdissant. Je trouve cela paradoxal dans le sens que le vent symbolise l'Esprit, le souffle de Dieu qui ne cesse d'ouvrir les portes et les fenêtres de ceux qui vivent enfermés dans la peur.

Le Saint-Esprit est avant tout un esprit d'ouverture. La fête de la Pentecôte nous le redit chaque année. Quand on dit de quelqu'un qu'il est ouvert, c'est généralement pour dire qu'il a des idées modernes qui contrastent avec la rigidité d'un esprit fermé.

Paradoxalement, un esprit ouvert peut en même temps se fermer sur les valeurs du passé qui, malgré l'usure du temps, restent très actuelles. Je prends un exemple qui vaut ce qu'il vaut : ce n'est pas parce que l'on a découvert de nouvelles façons de prier, avec nos mots, de façon spontanée, au travers des psaumes qu'il faut taxer de ringards et de dépassés ceux qui continuent, humblement, à réciter leur chapelet.

Par contre, il est tout aussi faux d'accueillir des initiatives nouvelles comme une menace pour la survie de l'Église et de partir en croisade pour rétablir une soi-disant «Église de toujours» qui est, en fait, plus un mythe qu'une réalité. L'Église de toujours, c'est celle d’hier, celle d'aujourd'hui et celle de demain, c'est-à-dire une Église conduite par l'Esprit-Saint qui souffle où il veut.

Chanoine Calixte Dubosson